Parce qu’il n’est plus possible de fermer les yeux

Et trop tard pour tirer le signal d’alarme…

Il est maintenant grand temps que toutes les organisations, groupes et autres se revendiquant de l’antifascisme prennent position. Ces conneries ne vont pas nous péter à la gueule plus tard, c’est là, maintenant, on y est.

 

La “Race” à coup de poing américain

Si aujourd’hui dans le milieu toujours plus décomposé la norme est au ressenti, à cette dictature latente des affects, des subjectivités émotives, de l’étalage de ses fragilités, de la victimisation et de l’hystérisation de la politique, je me contenterai ici d’un récit factuel qui n’engage que moi-même et ma présence en cette soirée ensoleillée d’automne à Marseille, voici donc quelques cuillères à café de « ressenti » subjectif, pas bio, sans sucre et sans victimes dedans.

« Nous refusons votre course à l’opprimé »
Des racialistes inspirés.

En arrivant Rue Consolat, on peut déjà remarquer que quelque chose se trame dans les rues de Marseille. Un peu partout j’aperçois des traces d’affiches arrachées annonçant le débat « s’opposer au racialisme » autour du texte « Jusqu’ici tout va bien ? ». Je sais que les tensions sont fortes autour de ces questions et je me dis que plus rien ne peut encore m’étonner de la part du PIR ou, dans ce cas, de celles et ceux qui font mine de ne pas y toucher dans le milieu, mais qui en sous main travaillent indirectement à faire valider et rendre acceptables les thèses et le vocabulaire raciste de ces derniers, avec une certaine tolérance (au moins…) pour l’homophobie, l’antisémitisme, la religion et le principe communautaire du « on lave le linge sale en famille ».

Quand j’arrive à Mille Bâbord, je trouve une ambiance bon enfant, il y a plus de monde que ce que j’imaginais, peut être une quarantaine de personnes. Tout le monde a beaucoup de choses à se dire ce soir, je trouve là des camarades et des compagnons de plusieurs villes, de tous âges et aux parcours différents. Tous ont en commun j’ai l’impression une certaine allergie à la racialisation des questions sociales, un socle commun qu’il ne paraissait plus souhaitable de remettre en question depuis le suicide de l’auteur de Mein Kampf dans son Bunker. Une histoire jugée de plus en plus « anecdotique », et que tant souhaiteraient faire oublier, comme si il fallait oublier une partie de l’histoire pour se rappeler d’une autre. Comme si il n’était pas possible de se souvenir à la fois des massacres d’algériens dans les rues de Paris par la police et de l’extermination des juifs d’Europe par les nazis. Comme si il n’était pas possible de comisérer (puisque voilà la seule perspective proposée) à la fois avec les palestiniens et avec les israéliens qui chacun de leur coté, parfois ensemble, voudraient mettre fin aux conflits absurdes qui se fondent sur des idéologies coloniales, communautaires, racialistes, nationalistes et parfois racistes, et qui plongent des millions de vies dans la misère, le massacre et le malheur, des deux cotés de murs construits pour séparer ceux qui rassemblés pourraient bien faire leur fêtes à leurs dirigeants. Pour beaucoup, il n’est pas possible d’oublier tout cela. La mémoire est toujours présente dans les luttes, celle des génocidés, des résistants, des tragédies qui ont frappé et quasiment détruit, aussi, le mouvement révolutionnaire, comme ce fut le cas de la Seconde Guerre Mondiale. Beaucoup des personnes présentes sont aussi des témoins et des acteurs importants des décennies de luttes de sans-papiers, contre les frontières et la machine à expulser, contre les centres de rétention, etc., certains ont vu émerger et participé aux premières vagues de luttes de l’immigration des années 70, et ce n’est pas un hasard si ils et elles sont présents aussi ce soir. Car il est particulièrement inadmissible de se voir expliquer aujourd’hui que les camarades et compagnons, avec ou sans papiers, qui se sont mis en jeu sur ces questions dans des élans collectifs et individuels, par des luttes, des attaques contre la machine à expulser, des occupations, etc. sont de « races » différentes… Cette soi-disant « nécessité et urgence de penser la race » ne s’était à aucun moment fait ressentir, et toujours pas, du moins en dehors des courants de la Nouvelle Droite et jamais dans les luttes. Et pour cause… Le mot « race » était encore réservé, jusqu’à il y a peu, à l’extrême droite et à sa défense d’une prétendue « race blanche » ou son hostilité aux « races » jugées inférieures. Il y avait donc ce soir de bonnes raisons de s’interroger sur ces nouvelles modes issues de l’université, et d’ailleurs des camarades porteront d’une certaine manière la contradiction aux organisateurs dans le débat, mais sans concéder la moindre acceptabilité au vocabulaire de la « race », rendant la discussion possible. Personnellement je ne suis pas démocrate, et il est hors de question pour moi de côtoyer des individus qui célèbrent les bienfaits des Dieux et des maîtres, ou bien qui défendent mordicus la « nécessité » de reparler des « races », et qui plus est, positivement ! C’est peut être une question d’éducation, je ne sais pas, j’espère que non.

Puis c’est au tour d’une vingtaine de personnes de rentrer tandis qu’une douzaine d’autres s’étaient préalablement massés sur le pas de la porte et de l’autre coté de la rue. tout de suite quelque chose cloche. Ils ne disent bonjour à personne, la plupart semblent avoir les mains qui tremblent, les jambes qui vacillent et les poches bien remplies, tous sont lookés d’une seule et même manière (look shlag) alors que le reste de la salle est bigarré, sans uniforme, de toutes les couleurs de l’arc en ciel et plus encore. Ils ne disent pas bonjour et restent plantés là dans une allure cérémoniale comme des imbéciles, se plaçant de façon à encercler les personnes présentes. La plupart d’entre elles ont l’air un peu ravagées pour tout dire. Une seule parle, elle demande où se trouvent les toilettes, qui lui sont indiquées. On comprendra plus tard que celle-ci s’est livrée, comment dire, à une installation scatologique d’art contemporain décolonial, tout cela un peu trop loin des toilettes… Certainement la recherche d’une conscience pratique, une manière de marquer le monde du sceau de son intériorité (problématique omniprésente), faire de la politique avec de la merde, stricto sensu, une conséquence rare dans ce milieu, mais qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour « exister »… Peut être aussi qu’il s’agissait là, même si cela reste toujours très « métaphorique », de joindre le geste à la parole, puisqu’on pourra lire ensuite dans le flyer faisant office de revendication et de ligne politique, en conclusion « En somme on vous chie dessus bande de racistes réactionnaires négationnistes néo-colons… […] » (rien que ça !). Voila qui est désagréable.

C’est alors que les slogans fusent, au début, tout cela fait parfois penser dans la forme à un happening fanatisé de type Greenpeace, anti-fourrure ou Bloc Identitaire avec les masques de cochons, le genre qui a vocation à faire le buzz et des millions de vues sur la machinsphére, à laisser libre cours à un certain besoin de reconnaissance et de mise en scène de soi-même. Elles (il n’y avait qu’un mâle dominant ou deux, permettez qu’ils soient invisibilisés de par leurs privilèges non « regardés ») ont l’air d’avoir répété, ce qui rend tout cela plus pathétique encore, additionné au fait qu’elles ont plus ou moins toutes l’air assez terrifiées lorsqu’elles n’ont pas l’air d’être en transe. Les cris poussés sont particuliers, dans la rue, les gens ont du se demander si on égorgeait pas des poulets à Mille Bâbords. Des tracts sont jetés au visage des uns et des autres. Il a suffit d’en lire quelques lignes pour comprendre à qui nous avions à faire. Quelques nervis zélés que le PIR n’a certainement pas eu besoin d’engager, car celles là ne sont pas des universitaires (ce sera leur seule qualité), leur « texte » est incompréhensible, les affirmations bancales y foisonnent, l’analyse du capitalisme et des rapports de domination qui y est faite montre bien que celui-ci est le dernier soucis des identitaires, les contresens historiques, tautologies, truismes péremptoires et sophismes de bas étages qu’on y trouve ressemblent tant à de l’auto-parodie que cette situation n’en finira pas d’être absurde.

« « L’abolition de l’esclavage » et les « décolonisations » n’ont pas démoli le racisme structurel et ses répercussions »
Le cercle des poètes disparus.

Chacun pourra juger par lui-même de la qualité d’analyse de l’existant mise en œuvre par les assaillants. A-t-il fallu se réunir à trente, en profitant d’un événement culturo-commercial racialiste national le même soir à Marseille (c’est peut être pour cela qu’on apercevra quelques figures médiatiques du néo-racialisme dans les rues de la ville), pour produire un texte d’une telle insignifiance ? Pour nous pondre avec force anachronisme que « le capitalisme se fonde sur le pillage, l’esclavage et le colonialisme » ? Le capitalisme aussi est racial, manquerait plus qu’il ait un rapport avec l’argent, le travail et l’Etat… On nous y parle d’un racisme structurel ancestral qui semble remonter d’avant la formation des Etats, contre-sens absolu, et on nous parle des privilèges des « pays » (!) cette fois, « occidentaux » et « impérialistes » bien sûr. Mais j’aimerais savoir quel « pays » (nom que l’on donne à un Etat pour faire croire qu’il ne forme qu’un avec sa population) n’est pas « impérialiste » pour reprendre le vocable de Francois Genoud, Vladimir Poutine et de nos assaillantes. Mais si nous sommes les représentants de l’impérialisme, alors qu’est-ce que ça doit être au quotidien, au boulot, au comico, au dodo… La sororité protège-t-elle contre toutes ces agressions du quotidien ? Les pizzas sont elles impérialistes ? Mais revenons-y, il y a donc des « pays » qui ne sont pas impérialistes ? Puisque le monde se sépare en deux, entre « Sud » et « Occident », et que vos tropismes et vos orientalismes semblent bien réglés, on peut supposer que vous parlez des Etats du « Sud », paradis terrestres. Peut être la République Islamique d’Iran d’Ahmadinedjad ? Ce personnage « sublime », ce « héros » (je cite le dernier chef d’œuvre d’extrême droite de Bouteldja à La Fabrique…). Quand on a trimé autant pour José Bové, ça doit dépayser de rêver à Castro ou Chavez. Des « privilèges [qui] demeurent à un niveau international »… On ne comprendra pas pourquoi il faudrait que reste impossible à penser l’oppression d’un président « racisé » sur un SDF « racisé » ou non aux USA. Et j’attends l’analyse pertinente de nos amis sur le racisme structurel à l’époque féodale ou dans les grottes de Lascaux.
Dans leur tract, on se rend compte qu’elles ont déjà décidé de qui serait présent à ce débat avant même qu’il n’existe, des « petits gauchistes blancs de classe moyenne ». J’aimerais avoir ce pouvoir, avant d’aller au boulot, de supprimer la présence de tout ceux qui m’emmerdent en remettant en question mes petites conceptions et mes petites cases idéologiques bien confortables. Mais c’est encore raté, ce soir, les « petits gauchistes blancs de classe moyenne » étaient de leur coté, sur le pas de la porte, au garde-à-vous. Tout cela pour finir par se faire traiter de « bras armé de la république laïcarde », ce qui quand on connaît les parcours répressifs et l’amour républicain qui caractérise les uns et les autres, fera doucement rigoler les plus stoïques.

On comprend rapidement qu’il ne s’agit pas du PIR, pas assez cons sans doute, mais de ses adeptes radicaux des milieux post-modernes décomposés qui se vivent actuellement comme l’arrière-garde volontariste et soumise de « l’anti-racisme politique », alors qu’ils ne sont que le pire produit du racisme et de la tradition inquisitoriale du stalinisme tardif à la française dont viennent la plupart de leurs maîtres à penser, cocorico. Mais pas de Guépéou sous la main pour faire taire l’opposition, pas de Bouteldja ou de socioflic pour écrire quelques lignes efficaces. Dans le discours, dans la pratique, rien n’est calé, tout est bancal. C’est presque la pitié qui gagne. Mais tout le monde, en fait, est plutôt mort de rire ou très énervé, parfois médusé. Alors que les livres, journaux, tracts présents à Mille Bâbord (d’un éclectisme absolu) sont jetés à terre avec force théâtralité, on est plusieurs à se dire qu’il vaut mieux ne pas réagir, laisser passer la crise d’adolescence avec stoïcisme, on rangera la salle à leur départ, bon gré mal gré, et nous commencerons la discussion tranquillement, comme prévu. Tout le monde dans la salle est soudé contre les assaillants, sans exception, et il n’y a rapidement plus vraiment de difference entre un « organisateur » et un « participant », ils auront au moins réussi à produire cela, de la solidarité, du lien. Chose assez rare de nos jours où la petite politique ne souffre plus beaucoup des coups de l’antipolitique. C’est pour ça que je suis venu, après tout. Le texte « jusqu’ici tout va bien ? » a fait écho, comme une alarme sous-marine lancée par des dauphins, conformément à son objectif. Mais les choses se compliquent rapidement avec l’arrivée de ces poissons charognards des abysses. Plus on va au fond, moins il y a d’oxygène. Notamment parce que les slogans sont insupportables, intolérables, étouffants. On s’y noie. Si l’on passe sur ceux qui sont involontairement drôles, de « pas l’histoire vous ne referez » (certainement un hommage à maître Yoda ou Maître Vergès, c’est au choix) à « on existe » (on a parfois l’impression de hipsters adolescents face à leurs parents, c’est assez bizarre), des choses graves commencent à être dites. Accusations de racisme, négationnisme (celle ci restera le grand mystère de la soirée, je pense qu’ils ne savent pas ce que cela veut dire – c’est une possibilité qui existe, aujourd’hui, dans nos milieux) et fascisme (évidemment…) sous forme de slogans décérébrés.

Et là c’en est trop. Le pompon est décroché lorsque celles-ci se mettent à scander en chœur « notre race existe »… C’est insupportable d’entendre ça, ici et maintenant, partout et toujours. D’un coté on nous dit que la condition de « racisé » n’est pas une condition volontaire mais subie dont on voudrait se libérer, que c’est l’Etat et les institutions qui racialisent, que les « races » sont « sociales » (et donc qu’elles n’existent pas), tout cela pour finir par dire, ce soir, « notre race existe » ! Je croyais qu’il s’agissait de lutter contre la « racisation », vous savez, ce mot que tout le monde utilise depuis six mois pour décrire un phénomène nommé racisme – excusez le barbarisme – qui n’existe probablement lui aussi que depuis six mois… Et voilà qu’on « racise » à tour de bras ! Et on se prétend anti-raciste, et on se permet de délivrer des brevets de racisme. Ce soir c’est au tour de Mille Bâbords et de toutes les personnes présentes ce soir là, toutes a minima agressées et gazées. On n’est pas à une contradiction gigantesque prés. Comme le dit bien le communiqué de quelques participants et organisateurs, on est jamais mieux « racisé.e.s » que par soi-même…
Dans un communiqué de la même médiocrité et aussi bien écrit et auto-centré que le précédent, les auteurs de ce raid, sous le pseudonyme « Pirketout » (en effet…), affirmeront que l’assemblée était composée d’hommes blancs cis-j’sais-pas-quoi. Pourtant cette fois-ci, elles avaient pu constater que c’était faux, de leurs propres yeux. Mais quand on décide une chose, on s’y tient. Voila des hommes, pour certains avec de fortes poitrines, voilà des blancs, pour certains avec de gigantesques mélanomes (ou bien est-ce autre chose ?). Il faudrait d’ailleurs rapidement que je fasse appel à un dermatologue, c’est inquiétant cette couleur sur ma peau, moi l’homme blanc cis-vinaigré. Et là je tombe des nues, je me regarde et je ne suis pas « blanc », et puis quand bien même, qu’est-ce que c’est que ce truc et depuis quand cela nous intéresse ? Depuis quand dissertons nous sur les couleurs des uns et des autres, depuis quand nos rapports sont ils régis par la culpabilisation de privilèges abstraits attribué selon des critères réactionnaires, des stigmates, toujours biologiques et jamais sociaux. La plupart des autres convives sont tout aussi difficiles à faire rentrer dans des catégories aussi idiotes qui ne rendent jamais justice à la complexité des origines et de leur entremêlement avec les choix des individus, je ne comprends pas. Mes origines sont complexes, elles sont le produit de métissages divers et je suis donc aujourd’hui exclu de toute possibilité de pureté « raciale ». Je ne suis qu’un bâtard de sang-mêlé. Même si je voulais faire exister les races, je ne pourrais pas crier « notre race existe » pour faire pleurer les « petits blancs » déconstruits de gauche qui ressentent des frissons exotiques à chaque fois qu’ils entendent un « racisé » jouer son bon rôle de « racisé » (comme au temps béni…). D’ailleurs des gens, considérés comme « racisé.e.s » (sans aucune assignation j’imagine…) seront appelés à « choisir leur camp » (celui de leur « race » on imagine) par des « petits blancs » du racialisme, ce qu’ils feront sans hésiter en effet, mais avec d’autres critères… Être contre le racialisme (et donc fondamentalement contre le racisme) transformerait-il toute forme vivante en synthèse biologique de l’homme blanc cis-mortadelle ? Ou bien on a remplacé l’insulte favorite des stals contre toute opposition (« fasciste ! »), et tous ceux qui ne sont pas d’accord sont des « hommes blancs cis cis cis » ? Et que dire de toutes les camarades et compagnonnes qui se sont défendues comme les autres contre ce minable remake raté de l’attaque de la diligence. Votre négation de l’existence de ces femmes et de ceux d’entre nous que votre idéologie voudrait séparer des autres en « racisé.e.s » est proportionnelle à votre soif de reconnaissance existentielle et identitaire, quitte à verser dans le sexisme et le racialisme crasse. Je ne comprenais pas pourquoi vous insistiez pour signaler « on existe » avec tant de ferveur, d’abord on s’en fout, il faut bien se l’avouer, et après tout, y a t-il quelqu’un sur cette planète qui n’existe pas ? N’existe-t-on qu’à travers le regard de l’autre, n’existe-t-on qu’à travers le regard de ceux que l’on considère comme raciste ? Mais maintenant je comprend, votre « on existe » ne servait que de pendant à « vous n’existez pas ». Nous ne savons pas ce qu’inclus votre « on », mais je doute que tous les « ons » de la planète ne soient prêts à vous prêter leur parole, à laquelle encore une fois vous vous arrogez le droit de vous substituer. C’est votre fond de commerce, mais vous ne parlez au fond pour personne, et d’ailleurs personne ne devrait parler pour personne. Cette substitution à LA « parole des opprimés » (si une telle chose existe…), qui suppose que les opprimés se réunissent régulièrement pour statuer est de l’idéologie de bac à sable. Le treizième sous-sol de la politique.
Surtout s’il s’agit en fait d’exister sur le dos des autres en adoptant les pires tactiques de la propagande stalinienne bien de chez nous, rumeurs, calomnies et bruits de chiottes. Et il n’y a pas d’autres mots pour vous qualifier aujourd’hui qu’idiots qui jouent avec des concepts qui les dépassent et qu’ils finiront par reprendre en pleine face lors du retour de boomerang social. La réaction paye toujours l’addition.

Votre obsession identitaire me dégoûte profondément, pas seulement parce que je suis anarchiste ou parce que comme Alexandre Marius Jacob, « je n’ai ni feu, ni lieu, ni âge, ni profession. Je suis vagabond et né à Partout, chef-lieu Nulle-Part, département de la Terre » (Souvenirs d’un révolté, 1905), mais aussi parce que le monde que contribuent à renforcer les identitaires est déjà le monde que nous combattons et qui se trouve sous nos yeux. Partout le pouvoir joue et s’appuie sur les problématiques identitaires pour distendre les liens de solidarité, renforcer les phénomènes de concurrence sous la formule assez classique du divide et impera. Croire subvertir l’existant en en reproduisant ses pires aspects est bien la preuve du niveau de décomposition généralisé qui gangrène ce milieu qui pourrait finir, à terme, par attirer tout ce qui pourra grouiller dans les thématiques brouillées de la sphère identitaire et conspirationniste. Et alors, il sera déjà trop tard.
Comment ne pas penser à l’extrême droite ? Avec ces gens totalement déconnectés des réalités du monde, constamment enfermés dans des logiques judiciaristes et morales de séparation, de rétorsion, de concurrence entre les pauvres, entre les mémoires, de ressentiment communautaire, de guerre civile et de séparation, dont l’activité politique consiste intégralement à faire exister des séparations, à faire exister la « race » et à chérir la cohabitation avec la bourgeoisie « racisée » élevée au rang de fétiche. « Notre race existe » ? Non, ça suffit, un camarade d’une organisation libertaire, pourtant plus tard dans la soirée apologue de la MAFED (société écran du PIR), ne supporte plus d’entendre de telles conneries, et il a bien raison. Le ton monte un peu, ça commence à durer trop longtemps… Plusieurs belligérantes se jettent sur lui et commencent à tenter de le tabasser à sept contre un, coups portés, habits déchirés. Un peu plus tard, un des organisateurs est directement visé, toujours à plusieurs contre un, par devant et derrière, coups de poing, arrachage de cheveux, plusieurs personnes viennent à sa rescousse, quelqu’un se fait alors frapper à coup de chaise au visage par derrière et par surprise. Une camarade, elle, se fait attaquer par plusieurs assaillantes dont une qui commence à l’étrangler des deux mains, elle réussit à se défendre mais se fait alors gazer dans la bouche et les yeux. La situation est surréaliste. Avez-vous déjà assisté à une scène pareille ces vingt dernières années ? Avez-vous déjà vu quelqu’un en étrangler un autre en hurlant « ne me touche pas ! » d’un air complètement fondu ? Vous êtes vous déjà fait taper dessus par des gens qui crient en même temps à l’agression ? De toute évidence ces personnes ont le sens du drame et de l’emphase, le cinéma hollywoodien leur a manifestement tapé sur les nerfs. Je suis frappé à la fois par leur ridicule et par leur rage non pasteurisée. Elles sont en transe, on dirait que c’est le jour le plus important de leur vie.
On était jusque là habitué avec les racialistes à un certain cynisme de rigueur, un bon aloi typique de la bourgeoisie universitaire, des classes supérieures. Une certaine élégance du parvenu cultivé et arrogant au port hautain, noblesse conceptuelle oblige. Ce soir on a pu découvrir la version « édentée » pour reprendre Bouteldja, pseudo-lumpen racialiste ou pitbulls sous crack de la racialisation, et quel bonheur… On a eu droit à plus de momies qu’au Louvre, et gratuitement.

Un camarade, salut à lui, est obligé de rester assis avec ses béquilles ostensibles (j’apprendrai plus tard qu’il a été grièvement blessé par une grenade explosive des flics lors d’une manif marseillaise), mais aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble exister la volonté forte de lui lancer une table dessus. Heureusement l’intervention d’un autre camarade empêchera la soirée de devenir dramatique, et il faudra s’y mettre à plusieurs pour le protéger. A quelques exceptions prés, il semble que ceux qui ont été les plus visés étaient les plus « racisés », et parmi eux des organisateurs, était-ce un choix politique conscient et réfléchit ? S’agissait-il de punir les « traîtres à la race » ? Les « bounty » ou les révoltés du Bounty ? De quoi s’agit-il en fait ? Et qu’est-ce que c’est que ces manières ? Qui sont ces zombies du ressentiment, ces chemises « non-blanches » aux regards vides, ils font honte à ceux d’entre nous issus de l’immigration de première ou deuxième génération qui avons refusé dignement et lutté contre toute racialisation des débats (et donc aussi contre la culpabilité putassière de nombre de ceux qui se croient « blancs »), qui avons subi et lutté contre les ratonneurs des années 90, qui avons subi les brimades des racistes dés le plus jeune age, traités de « bougnoules », de « négros », de « nouaches » et de « youpins », qui avons refusé avec intransigeance l’usage même du mot « race » qui ne peut rien avoir à faire avec n’importe quelle forme d’émancipation. La « race » est une rupture nette avec toute possibilité révolutionnaire ou insurrectionnelle. Pour moi la liberté ne peut être gagnée qu’à travers l’abolition totale de toute identité figée, catégorie et essentialisations, la « race » étant probablement la pire des propositions disponibles dans l’éventail des catastrophes.

Je me fous de la liberté d’expression et des blablas humanistes contre la violence, et cela m’énerve déjà que certains en profitent pour jouer la carte citoyenneté de la liberté d’expression, ou pour chercher à défendre Escudero et sa clique de réacs (qui avaient été empêchés de parler à Lyon, ce à quoi je n’ai rien à reprocher, de plus une personne avec des positionnements publics en son nom était visée, pas un lieu éclectique en frappant dans le tas) en faisant croire que ces deux perturbations sont similaires. Je pense que les conflits doivent s’exprimer, de façon proportionnée et en se soumettant au préalable à une identification rigoureuse de l’ennemi, à qui je me fous que soit accordée la liberté d’expression, mais se tromper d’ennemi est une erreur décisive. Le jour où ces spécialistes de la radicalité apparente s’en prendront ainsi aux locaux de l’extrême droite plutôt qu’à ceux, auto-financés, des anti-autoritaires, la princesse Diana ressuscitera sur un air d’Elton John et tout le monde pourra faire des cacas politiques où il veut sans restriction.

Au final, les blessures seront légères et la détermination intacte. On se sent même assez fort après une telle démonstration de pathos et de faiblesse, on déplore cependant qu’en partant ils aient jugé judicieux d’en rajouter encore une couche en brisant la vitrine du local Mille Bâbord, qui ne faisait qu’accueillir cette discussion et qui va devoir régler plusieurs centaines d’euros… Mais si c’est ça l’opposition… Un camarade qui s’est pris un sale coup de poing américain dans la tempe a la peau dure, bien heureusement. Au moins les choses sont claires, on ne déboule pas dans une réunion avec un poing américain et des gazeuses pour differ des tracts ou pour s’expliquer, même durement. Je ne connais aucune de ces personnes, par définition aucune d’entre elles ne me connaît, ne sait pourquoi je me suis rendu à cette réunion, n’a amorcé la moindre compréhension de ce qui pousse la grande majorité des révolutionnaires d’aujourd’hui (et d’hier) à se méfier de ces tendances identitaires agressives au sein de l’extrême gauche, qui font leur retour sous de nouvelles formes, proportionnellement au sentiment diffus de crise identitaire, un « sentiment » implanté/martelé quotidiennement par le pouvoir, les médias, la kulture, les politiques, l’université et autres poubelles. Et pourtant comme premier contact, on me propose le coup de boule et la gazeuse, alors qu’il en soit ainsi. Cela prouve seulement que le texte d’appel avait raison d’appeler chacun à choisir au plus vite un coté du clivage. Je me lasse des semelles molles que j’entends presque tous les jours répéter que toutes ces histoires ne sont pas si graves, qui renvoient dos-à-dos les « deux camps » dans une distinction toute aristocratique qui ne sert qu’à couvrir la lâcheté ambiante qui consiste a toujours préférer garder ses amis et sa socialité que sa cohérence. Ne pas prendre parti pour ne pas être pris à partie, une tradition française. Le confort alternativiste à l’intérieur du monde (mais y a t il un extérieur ?) a son prix, et pourquoi faire la révolution contre ce monde (et son monde) quand on se plaît si bien dans la niche qu’on s’y est créé ?
Une chose est sûre, il va falloir sortir du silence si l’on se sent une quelconque responsabilité dans la continuité d’une certaine décence révolutionnaire et si l’on ne veut pas laisser isolés ceux qui doivent se retrouver à subir les raids racialisateurs, de la bibliothèque anarchiste La Discordia à Paris à Mille Bâbords ici aujourd’hui. Il faut que les voix s’élèvent par delà les querelles de pains au chocolat. Le soutien moral et financier ne peut être qu’une bonne chose. Mais c’est de prises de positions publiques et courageuses, en mots comme en actes, dont nos perspectives ont besoin maintenant pour survivre aux offensives post-modernes et contre-révolutionnaires.

Une autre chose fut parfaitement caricaturale sur laquelle je voudrais dire deux mots. A l’extérieur du local, un autre groupe d’opposants composé d’une quinzaine de « petits blancs » fragiles (puisqu’ils y tiennent) assez jeunes, sans doute « pro-féministes » (sans gluten) font spectateurs en non-mixité, certainement encore un nouvel apport de la boite à outil post-moderne. Ça doit être ça l’intersectionnalité ! On se demande ce qu’ils attendent là. Sont-ils ici dans une posture paternaliste, certainement « décoloniale », pour superviser l’action de leurs « racisés » élevés au grain dans un safe space ? Et puis voilà un nouveau concept, la cohabitation des non-mixités… Ce soir on a eu droit à la double non-mixité de race, « blancs » et « non-blancs » pour reprendre le vocabulaire moribond, on pourrait croire que les deux s’annulent. Mais c’est là que réside toute la magie racialiste. Ensemble, mais chacun de son coté, donc pas ensemble, bref chacun chez soi et tout le monde crie « on est chez nous » comme des beaufs. L’ethno-séparatisme, une découverte à la hauteur de l’époque ! Ce petit groupe sera interrogé par un compagnon sur ce qui est en train de se passer, mais ceux-ci n’ont pas d’avis, ils « s’en foutent » et n’ont strictement aucun argument pour défendre leur présence ce soir. Il faut croire qu’ils n’étaient là que pour faire nombre, la plupart embarqués par d’autres dans des conflits qu’en fait, ils ne comprennent pas je crois, voire pour certains dont ils n’avaient jamais entendu parler. C’est une façon d’envoyer au casse-pipe comme une autre… Mais le copinage est, à Marseille comme ailleurs, toujours supérieur aux questions de fond dans une époque troublée comme celle que nous vivons. Cela ne fera que rajouter au pathétique de ces assaillants.

Voila de quoi rêver pour les insomniaques. La « race » n’est elle pas faite de la matière dont sont faits les rêves ? On préférera entretenir la mémoire des pirates de l’edelweiss et des révoltes et mutineries anti-racialistes d’esclaves qui ont agité les siècles derniers, on relira peut être le plaidoyer de John Brown, les écrits magnifiques de George Jackson et son refus du racialisme, les mémoires de James Carr, les écrits antiracialistes et anticolonialistes de Frantz Fanon, la lutte de Lucy Parsons contre la séparation des exploités en esclaves, affranchis et « libres », etc. Mais non, ici, on préférera toujours se souvenir d’un Malcolm X, leader racialiste et séparatiste de la Nation of Islam. Il faut parfois rappeler des évidences dans ce marasme de confusions. Ce soir, à la gauche de Soral et Dieudonné, j’appelle la bande à décompos tendance staliniens de souche…

Pour finir, les assaillants ont exigé la libération de George Ibrahim Abdallah, mais voilà… on a promis qu’on passerait quelques coups de fils au Mossad, qu’on pouvait rien faire de plus. On leur aurait bien demandé en échange de libérer les athées incarcérés à travers le monde, et en fait, de détruire toutes les prisons, mais tabernacle, nous avons une réflexion sur qui est qui, qui peut quoi, sur le fait qu’on ne peut être tenu pour responsable de ce que l’on n’aurait pas pu empêcher, et donc, que tant qu’il n’y aura pas de machine à remonter le temps (ou la connerie) il n’existera pas de responsabilités collectives qui traversent les ères glaciaires. Le complotisme, les réductionnismes idéologiques en général et identitaires en particulier, forment une spirale dans laquelle il vaut mieux éviter de se télescoper, sous peine de sombrer à mille tribord.

A bas la république, a bas le racialisme !
Self-défense contre leur main d’œuvre.

Le 2 novembre 2016,
Zabriskie Point.
zabriskiepoint(@)bastardi.net

zabriskie

Source : Le chat noir émeutier.

Benedetti ressuscite le PNF

Congrès du PNF

Annoncée cet été, la reformation du PNF a été officialisée au cours d’un congrès le week-end du 31 octobre/ 1er novembre.

Si, sur le papier, l’organigramme du parti présente comme président Jean-François Simon, secrétaire général André Gandillon et trésorier Eric Leroy, c’est en réalité Yvan Benedetti qui est à la manoeuvre.

Pour Jean-Marie Le pen, ce fut l’occasion de tenter un petit coup médiatique qui mit un coup de projecteur sur l’événement, qui serait sinon passé complètement inaperçu pour le public. En effet, une lettre de soutien a été adressée à ses camarades pétainistes, le fait a été relaté par Europe1.

Dans une ambiance crâne rasé et blouson Bombers, la réunion a eu lieu dans un relatif anonymat, avec tout au plus une centaine de participants.

La plupart des sections nationalistes régionales créées post-dissolution sont des coquilles vides tenues par deux ou trois militants, à l’exception de celle de Lorraine et de celle de Lyon, ce qui explique l’affluence restreinte.
Pas de surprise en ce qui concerne les intervenants, des représentants de formations nationalistes européennes avec lesquelles Benedetti entretient des liens depuis longue date (Jobbik, la Phalange, Aubé Dorée) ainsi que Bourbon, Conversano, Ryssen, Vial, et De Salm.

La ligne du parti est claire :

L’essence du mouvement sur la restauration d’un pays de race blanche, autonome et puissant, avec une prise en compte directe du problème juif, est très positive selon un militant.

Politiquement, nous voulons, à une époque où il n’y a plus de travail, plus de famille, plus de patries, rétablir cette politique de travail, famille, patrie. S’il faut un nom : le maréchal Pétain, expliqua Benedetti.

Pas besoin d’être politologue pour affirmer que ce groupuscule fasciste anachronique n’aura d’audience que chez une poignée de nostalgiques de Vichy et chez quelques néonazis décérébrés.

Vincent Jarousseau était sur place, son commentaire et les clichés qu’il a réalisé sont ici.

Un entrainement paramilitaire en décembre

ETC

Les 18 et 28 décembre se tiendront à Yermenonville, une petite commune d’Eure et Loir, deux entrainements de type paramilitaire animés par un proche du groupuscule suprémaciste blanc Terre et Peuple. Ce néo-nazi venu du Canada a déjà fait parler de lui là-bas cet été.

Annoncées sur un site dédié à l’événementiel et sur facebook, les deux séances sont organisées par un québécois et sa femme Alexandre Normand et Clémence Ribault.

Alexandre Normand et son hobby s’étaient fait remarquer cet été par la presse canadienne et les autorités, suite à l’affaire du groupe nazi “Table Rase” qui impliquait également des militaires.

Table rase-degrelle

 

Alexandre Normand qui assure la “formation” et Clémence Ribault l’organisation (1), se mettent volontiers en scène avec leur bambin sur leur compte facebook public, salués par un “28”, une référence au Blood and Honour.

alexandre normand clémence ribault

bh

 

En France, l’imagerie guerrière véhiculée par le combat à la hache semble avoir été appréciée par un site de la mouvance Nouvelle Droite “Orages d’acier”.

 

capture d'écran site Orages d'acier

A l’heure où Terre et Peuple s’active en France et en Belgique pour s’en prendre aux victimes ultimes des guerres et du capitalisme, les migrants, et où des gamins vont en prison pour terrorisme à cause de messages postés sur les réseaux sociaux, l’annonce de ces entrainements para-militaire organisés par des nazis ayant pignon sur rue a de quoi laisser perplexe.

10256885_1716666711896561_3322845675747849125_n(1) En effet, l’adresse de réservation et le compte paypal est clémence.ribault@gmail.com

JANUS INTERNATIONAL : de Marion Maréchal-Le Pen au ministère de la défense

JANUS INTERNATIONAL : le nom de cette société est apparu dans des articles ou enquêtes consacrés à Marion Maréchal Le pen et son entourage.

Médiapart publiera  :

C’est aussi à Lyon qu’est installée Janus International, la société qui gère sa communication sur Internet. Derrière cette agence « spécialisée dans l’intelligence économique, la communication de crise et le Web politique », on trouve Olivier Giot-Bordot et Sylvain Roussillon, issus des rangs de l’Action française. Contacté, le premier ne fait pas mystère de sa « formation politique » et estime « avoir cette chance, en tant que maurrassien, d’être indépendant ». Cette « collusion » se serait faite « dans le giron de la Manif pour tous », selon Julien Rochedy.

Effectivement, Olivier Giot-Bordot et Sylvain Roussillon sont des personnages intéressants.

Sylvain Roussillon, fervent militant monarchiste, a un long CV.

roussillon

Sa fiche Metapedia (wiki d’extrème droite) donne un bon aperçu :

Membre de l’Action française et ancien fondateur et dirigeant de l’Action française lycéenne et de son journal Insurrection, il a été à l’origine du renouveau militant monarchiste de la fin des années 1980/début 1990 connu sous le nom de “Génération Maurras”. De 1989 à 1992, il a été Secrétaire général adjoint (n°2) de la Restauration nationale et l’un des Commissaires généraux des Camelots du Roi. Dans sa jeunesse, il avait milité dès 14 ans dans les milieux libertaires puis, entre 16 et 17 ans, au sein de la Jeunesse communiste révolutionnaire.

Durant l’automne 1991 dans les premiers mois de la guerre, il s’est rendu en Serbie où il a entre autres personnes rencontré Mirko Jović, leader du Renouveau national serbe (SNO, Srpska narodna obnova), rebaptisé par la suite Mouvement tchetnik serbe (SČP), et Dragoslav Bokan, chef de la branche paramilitaire du SNO-SČP, les Aigles blancs (Beli Orlovi) ainsi que des représentants russes de la branche monarchiste de l’organisation Pamiat. Il a ensuite été soupçonné par la presse généraliste et certains médias pro-croates d’avoir favorisé la mise en place via la Suisse et l’éditeur serbe de L’Âge d’Homme, Vladimir Dimitrijević rencontré lors de ce même déplacement, d’un réseau de volontaires monarchistes français prêts à aller se battre en Serbie.

Par ailleurs, Sylvain Roussillon a été co-fondateur du fanzine puis magazine des étudiants d’Action française, Le Feu-Follet; il a collaboré à Aspects de la France, La Revue universelle, Royaliste et d’autres journaux monarchistes.

Il fonde avec Frédéric de Zarma et Wladimir Boric le groupe Vox Civis en décembre 2006, groupe qui deviendra “monarchiste.com” puis la Communauté monarchiste SYLM.

Il est à l’origine du magazine électronique La Toile. C’est également le cofondateur (avec Frédéric de Zarma et Soreasmey Ke Bin) et secrétaire général de la Conférence monarchiste internationale. Au Secrétariat général de cette organisation, il a notamment mené durant l’automne 2009 et l’hiver 2010 une virulente campagne contre la répression anti-monarchiste en Iran.

En août 2008, Sylvain Roussillon devient Commissaire des Assises du Royalisme et procède à l’élaboration d’un questionnaire destiné à interroger l’ensemble des royalistes en vue de mieux préparer ces assises. 1737 réponses seront ainsi collectées et donneront lieu à la publication d’un “Livre Blanc” sur l’état du royalisme en France en 2009 intitulé L’Etat des Lieux du Royalisme en France. Quelques-uns des résultats de cette enquête sont disponibles sur Wikipedia dans l’article Royalisme. Sylvain Roussillon semble par ailleurs entretenir des liens privilégiés avec les monarchistes slaves en général et russes en particulier qui reprennent assez systématiquement les communiqués de la CMI. En 2011, il a été accusé par plusieurs officines et groupes d’extrême-gauche d’avoir favorisé, grâce à la CMI, l’acheminement de mercenaires monarchistes, d’armes et de matériels en Libye.

Au printemps 2012, Sylvain Roussillon a pris ses distances avec la Communauté SYLM et la CMI.

Ce maurrassien “collaborateur dans plusieurs collectivités et directeur général d’une école d’enseignement supérieur” selon son compte twitter, est proche de Christian Bouchet.

Olivier Giot-Bordot a aussi un parcours au sein de la scène royaliste.

action française

Pour parler du curieux business monté par ces deux personnages, il faut également mentionner Christophe Amande, qui apparaît dans l’organigramme et issu de la même famille politique.

Spécialisé dans la traque des individus sur les réseaux sociaux et autres (on le verra par la suite) Christophe Amande semble quand même s’être laissé piéger en semant ses données privées, ce dont il fait commerce. Même s’il a tenté d’en effacer les traces.

christophe amande

En épluchant les activités de ces trois personnages, on observe qu’Olivier Giot-Bordot et Christophe Amande sont derrière Janus International et sa holding Melusine INVEST. Ouba semble en liquidation, Eyes MEDIA tourne encore.

Les services que fournissent ces sociétés au FN sont donc relatifs à la communication sur le net mais c’est le présenter comme ça est un peu trop simple.

JANUS a eu charge la construction des sites internet des élus européens du FN mais aussi de l’UDI de Lyon par exemple.

Une courte recherche sur le web donne une succinte liste de clients, il en existe sans doute d’autres :

http://udi-lyon.fr/
http://vaucluse-departementales2015.fr
http://latocnaye.fr/
http://dominique-martin.com
http://bernardmonot.com
http://aymericchauprade.com
http://joellemelin.com/
http://jeunesactifs-patriotes.fr
http://fn-ain.fr/
http://avecmarion.fr/

Mais les services que proposent Olivier Giot-Bordot et Christophe Amande vont bien au-delà de la simple rédaction de contenu pour les sites d’une poignée d’élus FN.

Le MEDEF Lyon publiait en 2013 :

eyes

Forts de leurs expériences et leur succès en France et à l’international, dans le secteur de l’intelligence social (web politique) Christophe Amande et Olivier Giot-Bordot cofondateur de EYES MEDIA, renforcent leur positionnement sur l’intelligence stratégique numérique et la cybercriminalité.
EYES MEDIA va pouvoir, grâce à ses nouveaux actionnaires, arriver sur un marché international très pointu. Il sera aidé par FORETEC pour le développement de la V2 de son logiciel « e-Perion » en vue d’une utilisation par la police et armée.

Ce logiciel a des possibilités qui laissent songeur lorsqu’on les met en perspective avec le fait que le FN est client de cette boîte.

  • Explorez le web à la recherche des influenceurs, des canaux d’informations et des caisses de résonance.
    Surveillez les acteurs de votre environnement sur les réseaux sociaux : Twitter et Facebook.
    Conservez les données et les informations pertinentes et fiables à disposition sur un serveur sécurisé.
  • Identifiez vos concurrents et les influenceurs du secteur dans lequel vous évoluez.
    Repérer les canaux de diffusion de l’information, les caisses de résonance grâce à la blogosphère dynamique d’E-Perion.
  • Menez vous-même vos recherches d’informations après avoir suivi la formation Eyes Media.
    Eyes Media est reconnu par un numéro d’agrément de formation.
  • Surveillez vos produits, votre entreprise sur le web : forums-blogs, articles de presse, réseaux sociaux, moteurs de recherche.
    Repérez les informations, les critiques touchant votre structure, vos produits.
    Réagissez rapidement en cas de menace ou d’attaque de réputation.
    Nettoyez votre réputation sur les réseaux sociaux et les moteurs de recherche.
  • Obtenez une synthèse claire et précise des informations obtenues lors de la phase de recherche.
    Validez ou faites évoluer votre stratégie grâce à des rapports détaillés et structurés par nos analystes.

Le ministère de la défense qui en est client le présente comme “Systèmes de renseignement et d’observation“.

défense

Le contact affiché sur la “fiche industrielle” Quentin Cailles, le chef du “Projet intelligence Economique”, passé par la sulfureuse Ecole de Guerre Economique. Il expose régulièrement ses analyses “géopolitiques” sur le web. Il semble obsédé par Georges Soros, et est parfois repris par la fachosphère.

callies

La plaquette du présentation de ce produit évoque la création de blogosphère et la reconnaissance faciale, on peut également regarder cette présentation presse.

eperion2

Jusqu’où la “prestation de gestion de l’image” du FN par JANUS va-t-elle ?

A la vue de la technologie proposée par Griot-Bordot et Amande, la question est loin d’être saugrenue. Quand on connaît l’efferverscence de la fachosphère sur facebook, twitter et sa frénésie dans la création de blogs on trouve ici une bribe d’explication.

 

 

 

Le pen, Briois, Racheline, Soral et Marc George sont dans un bateau : le front national

Alors que la secte antisémite d’Alain Soral s’impose aujourd’hui comme l’une des principales force d’extrême-droite en France il est bon de s’intéresser à ceux qui ont préparé le terrain à ce gourou et à ses adeptes. Depuis dix ans Soral développe son organisation et encaisse l’argent qu’il pique dans les poches des adeptes de sa secte politique. On pourrait se contenter de dire cela, mais ce serait oublier bien vite le passage de Soral au Front National.

L’association Égalité et Réconciliation a été créé à l’origine par Marc George et Alain Soral. Tout les deux furent membres du comité central du FN. C’est Jean Marie Le Pen qui les nomma tout les deux directement à ces postes. Il quittèrent ensuite le parti pour se consacrer au Parti Anti Sioniste avec Yahia Gouasmi au coté duquel il prirent part à ce fiasco électoral.

Nous avions mis de coté quelques photos de la campagne pour les élections municipales de Hénin-Beaumont en 2008. On y voyait nos deux antisémites distribuer des tracts en compagnie de Marine Le Pen, David Rachline et Steeve Briois (pourtant chantre de la « dédiabolisation » au sein du FN)

Source Le Naufrageur.

Marc George (1) à coté d'Alain Soral (2) et David Rachline (3)

Marc George (1) à coté d’Alain Soral (2) et David Rachline (3)

Marine Le Pen (1), Steeve Briois (2), Alain Soral (3) et Marc George (4)

Marine Le Pen (1), Steeve Briois (2), Alain Soral (3) et Marc George (4)

Du ferme pour Gabriac

Gabriac a été condamné à 2 mois de prison et 4 000 euros d’amende pour avoir organisé une manifestation qui avait été interdite à Paris en septembre 2012.

Dans son jugement, le tribunal correctionnel a notamment estimé que le rôle d’Alexandre Gabriac dans l’organisation de la manifestation était établi par les déclarations « claires et précises » du chef d’état-major de la police et par des messages postés sur internet avant le rassemblement, dont deux par l’intéressé lui-même où il proclamait « la révolution ne se dépose pas en préfecture, à demain » ou « on n’a pas beaucoup d’alternatives sinon d’entrer dans l’illégalité ». Le 24 avril, le tribunal correctionnel de Paris avait déjà condamné à une amende de 5 000 euros le président du groupuscule pétainiste de « L’Oeuvre française » Yvan Benedetti pour avoir participé à cette manifestation.

Alexandre Gabriac, passé par le comité central du front national avant d’en être exclu, a été élu conseiller régional en Rhônes-Alpes.

Il a part la suite mené campagne avec Yvan Benedetti à Vénissieux où ils firent 10% et prirent deux sièges au conseil municipal, mais leur liste fut invalidée.

Ouvertement inspiré du régime fasciste italien, il participe chaque année avec l’organisation dissoute Œuvre française aux célébrations organisées par les disciples de Mussolini.

 

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[FN] Aujourd’hui, le trafiquant d’images pédophiles

Arnaud Couture, affiche de campagne

Arnaud Couture, affiche de campagne

Dans le cadre de ces élections départementales, le front national réserve chaque jour son lot de surprise.

Après les candidats de plus de 95 ans, les candidats à leur insu, les candidats empétrés dans diverses affaires financières, voici aujourd’hui le candidat FN pédophile.

Arnaud Couture candidat front national de Cusset dans l’Allier, a été mis en examen le 6 mars pour “enregistrement, détention et diffusion d’images à caractère pédopornographique“. Rien que ça.

Ce dernier a annoncé qu’il quittait ses fonctions au sein du parti ainsi que son mandat de conseiller municipal.

Un candidat du Front National aux prochaines élections départementales dans l’Allier a été mis en examen le 6 mars 2015, selon une information confirmée par le parquet de Cusset. Arnaud Couture a été mis en examen pour “enregistrement, détention et diffusion d’images à caractère pédopornographique” et placé sous contrôle judiciaire. Le procureur n’a pas dévoilé d’autres informations contenues dans le dossier, l’instruction étant en cours.

Source.

Arnaud Couture et Julien Rochedy devant la permanence FN de Cusset (capture site FN)

capture site FN

Les néo-nazis picards interpellés étaient des disciples de Serge Ayoub

Troisième Voie le groupe dissous de Serge Ayoub

La bande de néo-nazis picards interpellés étaient des disciples de Serge Ayoub et fréquentaient son bar. Ils cotoyaient également Estéban Morillo, lui-même originaire de l’Aisne.

Présenté comme le chef du groupe WWK (white wolfs klan, le clan des loups blancs), Jérémy Mourain est réputé pour sa violence. Il a déjà été condamné pour une série d’actes racistes ou non.

Le WWK était structuré comme une association, les postulants étaient soumis à un rituel afin de pouvoir intégrer le groupe.

Interrogé par le Figaro, Serge Ayoub prend ses distances avec le groupe qui a été écarté de sa structure selon lui.

Le même article nous apprend que Jérémy Mourain le leader du “Clan des loups blancs”  aurait fréquenté un club de motard de Reims.

Il y a deux mois non loin de là, c’était Claude Hermant qui était inquiété pour trafic d’armes, cependant selon une “source proche de l’enquête” les deux affaires ne sont pas liées.

 

Le QG de ce groupe nationaliste picard, c’était le bar le Local, situé rue de Javel dans le XVe à paris. Ils y étaient tous les week-ends. Cet établissement était connu pour être le lieu de rassemblement des plus extrémistes de droite, ceux du mouvement Troisième voie, qui a été dissous après la mort de Clément Méric, militant antifasciste, au cours d’une rixe. Le suspect principal, Estaban Morillo, a grandi dans l’Aisne. Après les seize interpellations qui ont eu lieu dans le secteur de Ham (Somme), Chauny (Aisne) et Compiègne (Oise) lundi matin, les auditions se poursuivent en garde à vue. Et selon nos informations, au moins l’un des suspects ferait figure de meneur. Il s’agit de Jérémy Mourain.

Cet habitant de Ham, âgé 25 ans, était membre de Troisième voie avec au moins des connaissances communes avec Morillo. Il serait l’un des créateurs d’un mouvement de l’utra-droite, davantage local : WWK (white wolfs klan, le clan des loups blancs).

Depuis lundi, les gendarmes, qui enquêtaient sur cette bande nationaliste depuis de longs mois, entendent les suspects pour qu’ils s’expliquent sur toute une série de faits. Le plus grave est une tentative d’homicide qui aurait été commise à Valenciennes (Nord) en 2013 ou 2014. Il est question aussi de faire la lumière sur beaucoup de faits de violences, y compris entre membres du WWF. Celui-ci aurait été lynché pour avoir eu l’intention de quitter le clan, cet autre pour ne pas qu’il « balance » tout ce qu’il savait sur les agissements de la bande…

Car c’est d’un clan très bien organisé qu’il s’agit. Il a été créé sur le modèle d’une association, avec un président, un secrétaire, un trésorier, etc. Pour y entrer, il faut être « prospect », à savoir, faire ses preuves. Et les postulants doivent ainsi commettre des délits, toujours humiliants, que ce soit pour la victime ou pour l’auteur. Si le ticket d’entrée est validé, il faut régler une cotisation de 20 euros par mois. Signe distinctif des membres : une brûlure à la main, en forme de croix, et, bien sûr, une tenue vestimentaire particulière.

 

Lors des perquisitions, de nombreuses armes ont été retrouvées : un fusil à pompe, un fusil à canon scié, des poings américains, un couteau à quatre branches, mais aussi une chaîne métallique.

Lire l’article complet.

3ème Voie à la manifestation nationaliste du 9 mai 2012 (Reflexes)

3ème Voie à la manifestation nationaliste du 9 mai 2012 (Reflexes)

 

Serge Ayoub et les JNR.

Serge Ayoub et les JNR.

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