Publication de @salle421 sur la fachosphère

avril21.eu est le blog du Master Communication politique et publique en France et en Europe.

 

www.facho.eu : quand l’extrême droite européenne tisse sa toile

 

L’actuelle crise des réfugiés que connaît l’Europe a donné aux sites d’extrême droite l’occasion de faire fructifier leur expertise en matière de désinformation et de propagande. Images d’enfants morts présentés comme ayant été « noyés » par leurs propres parents, présentation d’un soldat syrien arrivé en Allemagne comme un guerrier de Daesh : les exemples sont multiples et les techniques – déformation des faits, sources opaques, rhétorique du complot – bien connues. Si les mouvements et partis politiques d’extrême droite bénéficient de réseaux de soutiens militants sur le terrain, l’un des aspects les plus remarquables de leur présence publique réside dans les stratégies qu’ils déploient sur Internet. C’est notamment le cas sur les réseaux sociaux, devenus des outils précieux de création et de diffusion de leurs discours. Cette « fachosphère » se présente comme une constellation de divers sites animés par des groupes ou des individus d’extrême droite, pas nécessairement rattachés à des partis politiques. Le web, souvent présenté comme un facteur de démocratisation de l’espace public, constitue aussi un « formidable moteur » pour la diffusion des idées des néofascismes européens.

Mais les contours de la « fachosphère » sont particulièrement flous. Elle est structurée autour d’un noyau dur, composé des nombreux sites internet et des blogs qui affichent sans ambages leurs idées xénophobes, racistes et antisémites. Le site Fdesouche (pour « Français de souche ») est même devenu une référence en la matière dans l’hexagone. Une des recettes de son succès : la place accordée à la participation des internautes. Ces derniers peuvent interagir, partager leurs expériences et leurs témoignages. Le résultat est édifiant : un lieu de défouloir désinhibé où se mêlent frustrations, peurs et haine de l’autre. Souvent, ces sites sont en lien avec des mouvements identitaires bien identifiés. C’est le cas par exemple de Novopress, un site d’actualité fondé par Fabrice Robert (ancien élu FN et responsable du Bloc identitaire) qui se présente comme une « agence de presse française indépendante ». Comment la « fachosphère » réussit-elle à s’organiser et à mobiliser sur la toile ? Quelles sont ses méthodes de diffusion ? Comment est-elle parvenue à professionnaliser sa communication ? Quelles relations entretiennent les partis d’extrême droite institutionnalisés avec ces réseaux plus souterrains ? Plongée dans les eaux troubles du néofascisme européen.

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[Photo] La France à l’heure du frontisme municipal, et plus

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Vincent Jarousseau est photographe, il mène actuellement un projet documentaire sur les villes du FN.

Son site personnel est à voir, il présente plusieurs séries de clichés sur Beaucaire, Hayange et Hénin-Beaumont, le 1er mai du FN, mais aussi sur la traditionnelle manifestation de l’ultra-droite de mai en 2014 et 2015. On peut y voir quelques têtes connues.

 

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Le diaporama qui suit est un aperçu du travail de Vincent Jarousseau, qui explique ici le sens de sa démarche.

 

Je vous présente un diaporama sonore qui rend compte du projet documentaire que je mène avec l’historienne Valérie Igounet sur les villes du Front National. Ce travail doit se poursuivre au moins jusqu’à la fin de l’année 2016 avec des habitants de Beaucaire (30), Hayange (57) et Hénin-Beaumont (62) pour une publication au début de l’année 2017.

 

La France à l’heure du frontisme municipal from Vincent Jarousseau on Vimeo.

Les Effroyables Imposteurs du 12 janvier

Combattre l’antisémitisme ET l’islamophobie, une idée folle ?

Dans le contexte culturel et idéologique actuel, oui, sans doute. Depuis dix ans, on nous somme de choisir. Parce que ce sont « des arabes et des musulmans qui tuent les Juifs » , nous dit-on. « Parce que l’accusation d’antisémitisme est la forme la plus courante d’islamophobie » nous dit-on aussi.

Depuis dix ans, il a fallu choisir son camp, ou passer pour un hurluberlu. Entre celles et ceux qui prétendaient que l’antisémitisme n’existait plus, avant que des Juifs soient assassinés et puis d’autres encore, avant que le premier remplisseur de salles de spectacles en France soit un néo-nazi. Et entre celles et ceux qui prétendaient, eux, que l’islamophobie n’existait pas , qu’il y avait juste une saine réaction contre « toutes les religions ». Et ce avant que des enfants de huit ans soient convoqués pour une prétendue « apologie du terrorisme » au commissariat, avant que les agressions contre des musulmanes ne deviennent monnaie courante.

Pendant quelques brèves semaines, après les attentats de janvier, pourtant, une partie des gens n’a plus voulu choisir. Confrontée à la montée de l’horreur raciste et antisémite, certains ont à nouveau rêvé de se battre ensemble, tous ensemble, nous qu’on avait séparés.

Mais ce sera déranger des intérêts bien installés désormais. Les intérêts des forces et des organisations politiques qui ne vivent que de la division et de la séparation, qui n’ont rien d’autre à proposer que la haine de l’autre en partage.

Le « Deux poids deux mesures » est devenu un business politique. Pas seulement pour Dieudonné, qui ne serait rien sans avoir conquis les esprits avec cette idée que les Juifs seraient une communauté surpuissante , conquérante et heureuse. Pas seulement pour Marine Le Pen, qui entend dénoncer le privilège des « racisés » , sujets de toutes les attentions supposées pendant que le « vrai français » croulerait sous leur invasion organisée. Mais aussi pour toute une partie de la gauche française qui a sombré, de diverses manières, dans la lepénisation des esprits globale, et s’en accommode fort bien.

Houria Bouteldja, quoi qu’elle en dise est une bonne réprésentante de cette gauche là. La porte-parole des Indigènes de la République peut toujours prétendre se distinguer de la « gauche française » : mais au quotidien depuis dix ans, elle passe une bonne partie de sa vie politique dans les meetings de cette gauche dont elle prétend être autonome . Il ne suffit pas d’y jouer le rôle de la « petite voix rebelle » pour faire oublier qu’elle y est à la tribune, applaudie par ses pairs universitaires. Il ne suffit pas de prétendre qu’on est une « bannie » et une « ostracisée » pour tromper celles et ceux qui le sont vraiment : des colloques à l’université de Berkeley aux plateaux de Ce Soir ou Jamais, Houria Bouteldja a la vie ordinaire d’une responsable de gauche radicale, avec ses tribunes médiatiques et politiques régulières ….tant qu’elle reste dans les clous que d’autres ont planté pour elle.

Aujourd’hui, les Indigènes de la gauche radicale antisémite sont là pour dire tout le mal des Juifs que le militant franco-français ne veut pas exprimer en premier. Aussi bien depuis les attentats, on sent évidemment comme un flottement dans la partie de la gauche qui n’a jamais reconnu l’antisémitisme que du bout des lèvres, pour reprendre aussitôt ses diatribes contre le CRIF et l’ « instrumentalisation d’un antisémitisme résiduel ». Cette gauche qui a soutenu Dieudonné très, très tard, cette gauche qui voit des « sionistes » partout, le clame haut et fort, pour ensuite s’étonner qu’on la prenne au mot et qu’on attaque des synagogues ou des commerces Juifs.

Devant tous les morts parce que Juifs, elle s’est sentie obligée de se taire. A regret sans doute. Le temps du silence est désormais terminé , les affaires reprennent. Mais il fallait une pirouette. Et les Indigènes sont là pour la faire : en effet, pour pouvoir à nouveau cracher sur les Juifs et nier l’antisémitisme, le plus confortable est encore d’avoir le prétexte d’un combat contre un autre racisme, et mieux encore d’avoir à portée de main, la virulente diatribe d’une victime de ce racisme.

Tout le monde n’est pas Roland Dumas avec son âge, son prestige et ses réseaux politiques : tout le monde ne peut pas déclarer tranquillement que le gouvernement français est sous influence juive chez Bourdin , un matin, et s’en sortir seulement avec quelques cris d’indignation vite oubliés.

A d’autres il faut des boucliers idéologiques : il faut pouvoir dire « je n’aime pas les Juifs, mais c’est seulement parce qu’ils font du mal aux Arabes, et d’ailleurs ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les premiers concernés par l’islamophobie ».

Voilà c’est fait , les Indigènes de la République, par la voix de leur porte-parole ont pondu la tribune -alibi avec son délicieux parfum de scandale . Voici Houria Bouteldja qui invite à combattre « l’islamophobie et le philosémitisme d’Etat ». Attention, pas le « complot Juif », pas « le gouvernement sous influence juive », on n’est pas chez Soral, on est de « gauche décoloniale », s’il vous plaît.

L’antisémitisme est la mort de la gauche, alors forcément l’antisémitisme de gauche produit des discours totalement incohérents dans leur conclusion : soyons antisémites pour combattre l’antisémitisme, cela ne veut évidemment rien dire.

Et cela ne dit rien à personne, où plutôt les trois quarts du public retiennent la première partie de la phrase pour aller ensuite vers ceux qui en tirent la conclusion logique : c’est la raison pour laquelle aujourd’hui , non seulement les Indigènes de la République, mais toute la gauche radicale antisémite avec eux, ne sont presque rien , numériquement parlant, et voient partir une bonne partie de leurs troupes vers l’extrême-droite antisémite.

Réduits à une posture tragi-comique : sans cesse à répéter diverses versions du fameux « l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles », sans jamais réaliser que l’imbécile, c’est surtout celui qui pense pouvoir utiliser l’antisémitisme pour convertir les gens au socialisme.

Malheureusement, cette imbécillité criminelle est un des traits majeurs d’une partie de la gauche européenne et française depuis le 19ème siècle : celle qui a couru après Drumont, celle qui a couru après les fascistes des années 30, à la manière d’un Doriot ou d’un Bergery persuadés qu’il fallait reprendre leurs thèmes pour leur arracher les masses égarées. Celle des staliniens des années 50 et de leurs obsessions criminelles sur le « complot sioniste ». Celles de l’ultra-gauche acoquinée à Faurisson pour « faire tomber le capitalisme » en faisant tomber son « fondement » , le « mythe des chambres à gaz » . Aujourd’hui, à la gauche radicale, on se montre plus fin, on parle de « religion civile de la Shoah ».

Imbécillité criminelle, le mot est fort mais parfaitement adapté à la situation : sans doute, les Indigènes de la République n’en sont-ils pas à souhaiter, que de nouveau, on tire à bout portant sur de jeunes enfants Juifs. Sans doute, Jean-Luc Mélenchon, lorsqu’il parle de « communauté agressive » ne veut-il pas vraiment que l’on assassine de gens dans une épicerie et qu’on en harcèle, et qu’on en tabasse d’autres.

Seulement, quand on appelle à combattre le « philosémitisme » pour combattre l’islamophobie, on appelle à quoi ? Si ce n’est à attaquer les Juifs, pardon, « des » Juifs et « des » « amis des Juifs ».

La vie politique n’est pas un plateau de « Ce Soir ou jamais », ou un colloque universitaire. Ou plutôt elle ne l’est que pour une infime minorité, définie par son statut social, son « identité de classe », comme dit Houria Bouteldja qui ne parle jamais de la sienne. Celle d’une femme qui a bénéficié des combats « antiracistes abstraits », comme elle dit , menés par les générations précédentes issues de l’immigration. Celle d’une femme qui a pu accéder aux protections sociales et aux privilèges que confèrent les études supérieures , une situation professionnelle dans les classes moyennes supérieures, et le statut de personnel de direction politique d’une des organisations de la gauche radicale française.

C’est ce statut qui lui permet de délirer dans une langue choisie sur les Juifs qui sont “une batte de base-ball pour frapper les Noirs et les Arabes”, dans le tract d’un appel à manifester qu’on distribuera gaiement dans les rues de Barbès avant de partir à un colloque à Oslo où ailleurs. Les “jeunes Indigènes” qui prendaient ce tract au sérieux et iraient donc se défendre contre les prétendues “battes de base ball juives”, eux, iront pour des années en prison. Et ce “deux poids deux mesures” là n’est pas celui de la “race”, mais celui de la classe, qui permet aux idéologues de garder leurs mains toujours blanches , même après avoir trempé leur plume dans le sang pour appeler à la haine. Ce “deux poids deux mesures ” là vaut pour Alain Soral comme pour Houria Bouteldja, pour Jean-Marie Le Pen comme pour Dieudonné. Toujours libres de propager la même merde quand d’autres sont morts ou en prison d’y avoir cédé violemment.

C’est aussi ce statut social qui lui permet de proférer des absurdités sur l’abstraction que constituerait la lutte commune contre l’islamophobie et l’antisémitisme.

Dans d’autres parties de la société , cette ligne de lutte est au contraire une évidence pratique trop longtemps délaissée, une nécessité absolue : elle l’est pour la femme voilée qui peut se faire agresser à tout instant comme pour le jeune magasinier Juif qui peut se prendre une balle n’importe quand. Elle l’est pour les éternels sans-voix que sont les prolos qui ne seront jamais invités à un talk show pour contredire un Zemmour, qui nie la responsabilité de l’Etat français dans le génocide commis contre les Juifs et dans le même temps appelle à la guerre civile contre les musulmans. Elle l’est face au terrorisme néo-nazi qui ravage l’Europe en silence. Elle l’est face à un Front National, où voisine l’expression de l’antisémitisme le plus violent avec celle de l’islamophobie la plus décomplexée.

Les Indigènes de la République ont dix ans. 2005, l’année des émeutes dans les quartiers populaires. Un an auparavant, le débat politique avait été phagocyté par une offensive pour interdire d’école une partie des jeunes musulmanes sous prétexte de « laïcité ». C’est dans ces deux années charnières que deux écoles rivales et jumelles ont vraiment émergé à gauche : d’un côté ceux qui ont fait une OPA sur la laïcité en décrétant qu’être laïque aujourd’hui, c’était avant tout passer son temps à chercher de nouvelles mesures propres à exclure les musulmanes de divers secteurs de la vie publique. C’est de cette mouvance là qu’émerge en 2007, le groupe Riposte Laïque , fanatiquement islamophobe et qui va être la matrice idéologique de la récupération par le FN du terme « laïcité ». C’est au même moment, que s’agglomère un autre noyau idéologique, celui d’une gauche prétendûment « anticoloniale » qui va faire de la minorité Juive son obsession et son bouc émissaire . C’est cette gauche là qui propulse Dieudonné sur le devant de la scène politique en en faisant les stars d’une première liste « antisioniste » Europalestine dès 2004 : fort de ce brevet de héros de la cause palestinienne, acquis à peu de frais, Dieudonné ne met que quelques mois à s’afficher ouvertement avec une extrême-droite française dont il répète depuis déjà quelques années les diatribes antisémites.

Dix ans, c’est le temps des bilans : et à part, avoir contribué à constituer la matrice idéologique fasciste , il n’y a pas grand chose à mettre au crédit de ces deux écoles rivales, l’islamophobe et l’antisémite. Le pourrissement des luttes, voilà leur seule victoire : nous sommes en 2015, et il ne se passe pas un mois, sans quel l’on entende parler de tel passage au FN d’un syndicaliste raciste, de telle sortie sur les « pharmaciens Juifs » d’une militante associative.

Pour autant, ni les uns ni les autres ne comptent s’arrêter là : face aux grandes officines fascistes, l’obsession reste de garder quand même sa petite boutique. Et pour que les vaches soient bien gardées, il faut des barbelés autour des prés carrés.

Or une petite inquiétude a saisi les bergers : ces deux derniers mois, timidement, mais sûrement, des gens ont dit « Nous sommes ensemble ». Ensemble dans le chagrin , la peur, l’abattement devant la mort , devant la terreur suscités par des attentats où ont été assassinés des Juifs parce qu’ils étaient Juifs. Ensemble devant la déferlante raciste qui dévaste ce pays depuis si longtemps et qui a amené des enfants de neuf ans au commissariat parce que leurs parents étaient musulmans, donc suspects. Ensemble devant ces mêmes croix gammées qui profanent cimetières et lieux de cultes.

Proclamations timides sur des pancartes faites à la main, fleurs offertes par les uns aux autres, à la sortie d’une synagogue ou d’une mosquée. Deuil et terreur partagées dans ces quartiers populaires dont étaient issus aussi bien le policier abattu devant Charlie Hebdo, dont on apprit ensuite qu’il était musulman, que le jeune vendeur abattu parce que Juif à l’Hypercasher.

Et même dans la gauche radicale, on vit éclore quelques slogans , quelques appels « contre l’antisémitisme et l’islamophobie ». …et tout aussi vite le déchaînement des boutiquiers inquiets, les uns braillant que reconnaître l’islamophobie revenait à se rallier à Daech, les autres hurlant que certes on tuait des Juifs dans ce pays, mais que c’était à cause du « philosémitisme ».

Les uns et les autres se haïssent mais ne peuvent survivre qu’ensemble. Les uns et les autres ont la même rhétorique d’exclusion : purifier le mouvement en en excluant les prétendus « sionistes » ou les prétendus “islamistes”. Les uns ont par le passé osé agresser et insulter des femmes dans des manifestations féministes sous prétexte qu’elles portaient le voile, les autres ont osé exclure des Juifs de manifestations contre des actes antisémites sous prétexte qu’ils étaient du CRIF, alors même que les inscriptions antisémites contre lesquelles la manifestation était organisée visaient le CRIF.

Les uns et les autres assurent leur promotion réciproque et jouent volontiers le spectacle médiatique qu’on leur demande : Houria Bouteldja contre Caroline Fourest Youssef Boussoumah contre Alain Finkielkraut, Christine Delphy contre Annie Sugier, le régal de certains talk-shows à retrouver dès le lendemain sur les sites Fdesouche et Egalité et Réconciliation.

Hurlements de haine ininterrompus, bruit médiatique abrutissant , confortables carrières d’intellectuels polémistes.

Un seul message : ne soyez pas ensemble, restez séparés , nous sommes vos bergers.

Nous ne nous laisserons pas traire, ni dévorer par les loups dont ces gens là n’ont jamais su nous protéger. Soyons ensemble contre l’antisémitisme et l’islamophobie, prenons toute la mesure des oppressions semblables , qui depuis dix ans font peser le même poids dévastateur sur nos vies.

 

Ce texte intégralement reproduit a été initialement publié sur le site http://luftmenschen.over-blog.com

Ventes pyramidales, produits bioniques, du Kremlin au FPÖ autrichien

Aquabionica

Le site Le Naufrageur vient de publier un dossier assez dense qui met en lumière des liens bien étranges entre des lobbyistes russes et des membres du parti autrichien d’extrême droite FPO.

Ces liens apparaissent dans un contexte impliquant de la vente pyramidale de produits relevant de l’arnaque pour gogos mais l’intérêt de ce dossier va au-delà de ces éléments.

Lire le dossier complet.

 

Et si on vous disait qu’une membre du FPÖ était à la fois à la tête d’une agence fédérale autrichienne de technologie sécuritaire, collaboratrice privilégiée de la Chambre de Commerce Autrichienne, et la grande amie de milliardaires et de personnalités d’extrême-droite russes ? Si on y ajoutait le fait que l’une des cadres responsables de cette agence était également directrice d’une institution de lobbying russe à Vienne. Vous y croiriez ?

Si on vous dit que cette intrigue se déroule sur fond de guerre de l’information menée par Moscou. Que derrière tout cela il y a une étrange escroquerie. Des ventes pyramidales de « Produits Bioniques » et de « Produits innovants nano-technologiques développés en collaboration avec la nature » à destination des pays de l’Est. C’est fou non ?

[Toulouse] Le visage des identitaires en 2015

Adrien Dominguez

Adrien Dominguez

Depuis les évènements de 2012 où un étudiant avait été gravement blessé, le bloc identitaire s’efforce de lisser son image sur Toulouse. On pourra relire cet article de Fafwatch pour une présentation de la situation de l’époque.

Les protagonistes n’ont pas beaucoup changé. Victor Lenta est parti faire le mercenaire en Ukraine et son camarade Matthieu Clique a été incarcéré suite à l’affaire du blessé grave, mais peu de nouvelles têtes au sein de la structure locale de Génération Identitaire…

Un blog qui propose des “enquêtes journalistiques et sociologiques”, Le Chat qui fouine, est allé rencontrer Sixtine Jeay et Adrien Dominguez. Cette entrevue évoque Romain Carrière et laisse filtrer des éléments qui permettent de cerner un peu mieux les profils bien proprets de ces deux militants d’extrême droite. Si Sixtine Jeay présente mieux qu’un Victor Lenta, elle évolue également dans la droite radicale depuis des années déjà (RF, MAS, Antigones, …, voir ici et ici).

 

Rencontre avec Génération Identitaire

 

Nouveau visage de la jeunesse d’extrême droite, Génération Identitaire s’est fait connaître par l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers, une première action symbolique et très médiatisée à l’époque. Au même moment, une vidéo de présentation du mouvement faisait le buzz sur les réseaux sociaux.

 

Depuis sa création fin 2012, le mouvement Génération Identitaire cristallise les passions.

 

Afin d’en savoir plus sur Génération Identitaire, leurs valeurs, leurs combats et leurs parts d’ombre, j’ai trempé mes moustaches dans la mousse irlandaise en compagnie des responsables de la section de Toulouse.

 

Une petite présentation personnelle en quelques mots ?

 

Sixtine : « Je m’appelle Sixtine Jeay. J’ai 23 ans et je suis étudiante. J’ai passé un master en Histoire médiévale à Paris. Je suis revenue à Toulouse car c’est ma région et que c’est ici que je me sens chez moi. Je milite depuis 3 ans chez les Identitaires. Au sein de Génération Identitaire, j’occupe la fonction de responsable de la section Toulouse avec Romain Carrière et Adrien.

 

Adrien : « Je m’appelle Adrien Dominguez, j’ai également 23 ans et je suis dessinateur industriel dans un bureau d’études. Tout comme Sixtine, j’ai rejoint le mouvement il y a 3 ans. »

Lire l’article complet sur Le Chat qui fouine.

Sixtine Jeay et Adrien Dominguez

Sixtine Jeay et Adrien Dominguez

La désinformation par le conspirationnisme : le cas Meyssan

Le site www.naufrageur.fr a retracé le début du parcours du mercenaire de la propagande Thierry Meyssan et une partie de l’histoire de son réseau Voltaire.

Parallèlement à la secte d’Alain Soral, un autre individu a développé un large réseau conspirationniste, où se croisent rouges-bruns, antisémites et négationnistes. Il s’agit de Thierry Meyssan et de son Réseau Voltaire. Celui qui s’est imposé comme la figure de proue du conspirationnisme en Europe et bien au delà. S’il reste indépendant, la toile qu’il a tissé s’entrecroise étroitement avec celle d’Alain Soral. Il s’agit toutefois de l’une des seules personnes qui, à l’image de Dieudonné où Frédéric Chatillon, peut se vanter d’un partenariat avec le gourou d’Égalité et Réconciliation qui ne se résume pas à une soumission. Et pour cause! Alain Soral doit plus à Thierry Meyssan que l’inverse.

En effet, si le trio Dieudonné-Soral-Chatillon est bien connu et ceux-ci immanquablement associés les-uns aux autres, le rôle de Meyssan dans ce petit monde n’est pas à négliger. Ce dernier est depuis belle lurette devenu une star dans de nombreuses dictatures et l’un des principaux artisans des convergences internationales dans tous les domaines ayant trait au conspirationnisme. Précisons en passant que Thierry Meyssan a un peu d’avance sur Soral…

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Comment renverser les Illuminati ?

Adaptation en langue française du pamphlet « How to overthrow the illuminati ? » par le GARAP, groupe marxiste anti autoritaire.

Le document que nous publions ici sous forme de brochure est une adaptation en langue française du pamphlet « How to overthrow the illuminati ? » réalisé par des camarades révolutionnaires étasuniens (membres ou proches de groupes comme « Black Orchid Collective », « Take Back the Bronx », « Creativity Not Control »).

Nous avons apporté différentes modifications ainsi qu’un certain nombre d’ajouts à la version d’origine. Ainsi, plusieurs aspects historiques de la théorie du complot Illuminati sont précisés et/ou ajustés ; des éléments de l’analyse générale sont calibrés aux spécificités du déploiement du conspirationnisme en France (conditions, manifestations, agents). Au-delà, ce texte intéressera tout individu francophone qui souhaite connaître les origines, les ressorts, les promoteurs de cette funeste mystification et les arguments permettant sa nécessaire démolition.

La théorie du complot Illuminati est le modèle-type de la camelote sous-fasciste. Kit idéologique de mauvaise facture, elle réclame, chez les clients qu’elle cible, les mêmes dispositions mentales que celles cultivées par le divertissement de masse : réceptivité acritique, dictature de l’émotionnel détraqué, stupidité, grégarisme, haine. Une nuance, cependant, la distingue de la ration spectaculaire standard, et tient en ceci qu’elle est une commercialisation de la peur élevée au degré de la paranoïa, de la séparation du sujet d’avec lui-même et son environnement frôlant la schizophrénie. Évidemment, ce vulgaire prêt-à-penser réactionnaire ne peut que plonger dans la plus pathétique des confusions les consommateurs qui s’y adonnent (le plus souvent compulsivement). Le caractère invasif de ce produit réside dans la faible texture des mystifications qu’il porte, ce qui le rend compatible avec d’autres poisons idéologiques : étant structurellement un amalgame ductile, il se dilue facilement dans des systèmes discursifs d’origines et de qualités différentes. On le retrouve, par exemple, enveloppé des pets verbaux du haraceleur-exhibitionniste-raciste Alain Soral, rythmant les bouffonneries rapologiques du fils à papa Rockin Squat ou du prêcheur islamiste Mysa, ou incrusté dans les divagations de prédicateurs trinitaires, salafistes, évangéliques, ou encore à l’appui de délires satanistes… Mais l’intempestif envahissement de la théorie du complot Illuminati découle aussi de sa haute conformité au dispositif de coercition social qu’est internet : à l’image du vecteur qui le diffuse, ce produit arbore une authentique participation sociale (en contre-point des vieux supports médiatiques, comme la télévision) qui pourtant n’a jamais été autre que factice. En ce sens, le conspirationnisme anti-Illuminati est bel et bien une maladie de notre temps, concoctée avec les microbes antisociaux qu’a su propager, à chacune des étapes de son développement structurel, la Société du Spectacle.

En finir avec cette grotesque supercherie, c’est participer au nécessaire ménage que la conscience prolétarienne doit opérer en son sein. C’est aussi relier directement cette pollution mentale, et toutes les autres, au rapport qui les sécrète pour mieux s’y dissimuler : le capitalisme.

Pour télécharger la brochure, ça se passe ici http://garap.org/pdf/communiques/comm35-illuminati_GARAP.pdf