Que sont-ils devenus ? Yann Tran Long à Heroic Land

EDIT :

Suite à des menaces de la part de M. Jean-François Thibous, la capture d’écran de la présentation de l’équipe du projet Heroic Land faite sur leur site a été retirée.

Cette équipe dont Jean-François Thibous est à la tête, comprend bien sous le titre “Masterplan” Yann Tran Long et sa société Loftus overseas est mentionnée.

Depuis la parution de ce billet, le journal de Calais “Le Rusé” n°278 a montré que 665 000€ de fonds publics ont déjà été engouffrés pour rien et disparus vers Hong Kong.

Des éléments supplémentaires ont été ajoutés à la fin de ce billet.

 

Yann Tran Long, ancient militant de la FANE a fait du chemin.

Actuellement promoteur du projet de parc d’attraction Heroic Land à Calais, son passé refait surface et a été évoqué au cours des débats qui animent les protagonistes de l’opération, élus locaux et membres de la communauté d’agglomération du calaisis.
Natacha Bouchart, la maire de Calais est enthousiaste.

Dans un autre article de la presse locale, l’associé de Yann Tran Long qui défendait le projet au sein d’un conseil municipal et tentait de brouiller les pistes, présentait son ami de la façon suivante :

“Une confusion a été faite par un journaliste entre Yann Tran Long et son frère, Minh.”

Jacky Hénin, élu PCF local inquiet de la viabilité du projet, a fait part de ses interrogations tant sur la fiabilité commerciale que morale du patron de Loftus Overseas.

 

Capture de l'article de Nord Littoral.

Capture de l’article de Nord Littoral

Certes, il y a bel et bien eu des articles publiés par la presse qui confondaient les deux frères. Cependant, l’appartenance et le parcours de Yann à la FANE est un fait qui ne relève d’aucune confusion. En se penchant un peu sur le sujet, on retrouve assez facilement des éléments irréfutables.

Courant 1980 il est  par exemple mis en cause par la justice lors d’une vague de ratonnades et d’attentats racistes perpetrés par la FANE.

yann tran long et la FANE

Yann Tran Long et la FANE

yann tran long et la FANE (2)

Yann Tran Long et la FANE (2)

 

il reste fidèle à ses attaches à l’extrême droite et son implantation à Hong Kong ne masque pas totalement ses liens et ses activités au sein de la fachosphère française. Comme son frêre il est entrepreneur, fait aussi de la communication et a monté plusieurs sociétés.

Une campagne étrange de levée de fonds a été repérée par un blog autour de la communauté virtuelle des proches de l’armée. Ce site a débusqué sans trop le comprendre Antonia Soton et Yann Tran Long. (Voir ici et ).

Derrière les sites utilisés pour cette campagne, unpaquetdegauloises.com et irtidad.com, on retrouve Yann et sa société Dark Océan Consulting.

Dark Océan Consulting étant la structure dont se sert Yann Tran Long pour enregistrer ses noms de domaine, et c’est donc également le cas pour sa société LOFTUS et son site loftusoverseas.com

unpaquetdegauloises.com et irtidad.com étaient les supports de campagnes pathétiques dont les objets étaient respectivement le lobbying pour inciter à un putsch au sein de l’armée et l’incitation à se convertir au christianisme à destination des musulmans.

Le tout était piloté entre Yann et Antonia Soton via l’association dissoute “Veni sancte spiritu” dont Benoît Rigolot était le trésorier. Antonia Soton est militante FN, proche de la famille Le pen, ses liens et son passé sulfureux ont été dernièrement évoqués par Mediapart (Du GRECE au GUD: la galaxie radicale de Marion Maréchal-Le Pen).

Sa femme, Antonia Soton, milite elle aussi pour Marion Maréchal. « Elle monte quelques permanences, je la croise au détour de réunions », confirme Rémy Rayé. « Antonia, c’est le troisième cercle », minimise Maxime Ango-Bonnefon. « Je ne travaille pas politiquement avec elle, j’ai très peu de relations avec elle », affirme Marion Maréchal. Il faut dire que le CV d’Antonia Soton est difficile à assumer : elle a successivement milité au Parti des forces nouvelles (PFN), au GUD, puis dans le groupe Tran Long.

Elle a surtout été citée dans l’affaire Dulcie September, cette représentante du Congrès national africain (ANC) en France, assassinée en 1988. À l’époque compagne de l’ancien chef du GUD et mercenaire Richard Rouget, Soton a expliqué à un journaliste l’avoir aidé à surveiller des militants de l’ANC.

Aujourd’hui, le GUD est toujours présent chez Antonia Soton : sur son Facebook, où elle affiche l’emblème ; dans les « dîners celtiques » auxquels elle participe ; et à travers les anciens gudards qu’elle fréquente (Frédéric Chatillon, vieil ami de Marine Le Pen ; Marie-Dominique Klein, dont le fils, Édouard Klein, a relancé le GUD en 2010). Elle côtoie parallèlement toute une galaxie catholique traditionaliste, à travers l’institution Saint-Louis, où elle enseigne. Elle conserve des liens étroits avec Yann Tran Long,( voir précision en haut de cet article) avec qui elle a créé en 2012 « Veni Sancte Spiritus », une association catholique traditionaliste où l’on retrouve au poste de trésorier Benoît Rigolot, l’expert-comptable qui a contrôlé les comptes du micro-parti de Marine Le Pen.

LOFTUS, dont on peut trouver une présentation faite par son fondateur sur ce site, revendique une expérience singulière en matière de partenariat dans la conception de parc d’attraction.

Yann Tran Long :
LOFTUS est une société d’ingénierie au sens large. Nous servons les parcs à thèmes et les musées grâce à des outils de simulation et de masterplan : la simulation 3D temps réel est associée au marché, c’est-à-dire que nous sommes capables d’étudier les flux de visiteurs dans l’espace qui constitue le centre de divertissement à concevoir, et ainsi adapter chaque allée, chaque bâtiment au comportement des visiteurs. Les logiciels que nous utilisons ont à l’origine des applications militaires.

Un projet porté par la société en … Syrie, avait fait l’objet d’un article assez acide de la part du site Vice.

Hé les Syriens, vous voulez vous marrer ? J’ai la réponse : Disneyland. C’est pas parce que le gouvernement vous a opprimés pendant des années, que votre pays ne se relèvera pas de sitôt et que votre maison brûle que vous ne pouvez pas faire une photo entre Raiponce et Mickey avant de vous payer une drôle de frayeur dans Frontierland. Pas vrai ?

Tout comme moi, Tarif al-Akhras, un homme d’affaires syrien, a eu l’idée d’ériger le château de La Belle au Bois dormant en plein milieu de ce pays en juillet 2010. Sa société a signé un accord avec une entreprise française, LOFTUS, pour construire un monde Disney à l’intérieur de Transmall, un centre commercial géant près de Homs. Ç’aurait pu marcher mais on ne le saura peut-être jamais parce que huit mois plus tard, des manifestations anti-Assad ont éclaté à Deraa, et le site destiné à abriter L’Endroit le plus joyeux du monde est maintenant un champ de guerre.

Comme son frêre autour de David Racheline, Yann Tran Long continue à faire du business avec les militants nationalistes qu’il a cotoyé dans son parcours et qui constituent encore une partie de la colonne vértébrale du Front National.

Au delà de l’engagement militant de Yann Tran Long, le projet de parc Heroic Land à Calais fait l’objet de critiques de points de vue technique et commercial, le suivi de son évolution promet d’être intéressant.

Un nouveau projet de parc d’attractions à… by lavoixdunord
En 1994, Ange-Félix Patassé s’était associé dans l’Omnium des minéraux d’Afrique centrale (Omac), à des militants français d’extrême droite dont Yann Tran Long, aventurier d’origine vietnamienne passionné d’armes et de pierres précieuses qui, auparavant, avait roulé sa bosse en Birmanie et en Croatie comme mercenaire dit un autre article.

Appointé «conseiller» à la présidence à Bangui, il avait pris d’importants lots de diamants pour environ 20 millions de francs et s’est enfui lors des mutineries le 2 décembre 1996 les poches pleines dit le journaliste qui n’a jamais été inquiété en diffamation.

Source.

En consultant les statuts de cette société OMAC accessible sur Infogreffe, on découvre que Yann Tran Long y était actionnaire avec le Président et une certaine Ghislaine Allard très intégrée dans les milieux de la droite la plus dure et mère d’un militant d’extrême droite radical, ancien de la FANE, Eric Mine.

 

Le documentaire suivant initialement diffusé sur Arte revient sur l’histoire de la F.A.N.E. (Fédération d’action nationale et européenne).

 

Claude Hermant, brave type qui fait des frites à Lille : interview de 2001

Fin Janvier, Claude Hermant, une figure de l’extrême droite lilloise a été arrêté dans le cadre d’un trafic d’armes.

L’individu était malheureusement bien connu des antifascistes locaux qui s’alarmaient de sa proximité avec la police locale et d’une certaine impunité dont il semblait jouir vis à vis de celle-ci, extrait :

Les dernières nouvelles divulguées par la presse quotidienne régionale nous informe que Claude Hermant, sa compagne et un troisième homme sont désormais en détention provisoire. Le 3ème homme serait semble t’il un des assaillants du bar gay le vice-versa, bar qui avait subi une violente agression homophobe en 2013, en marge d’une manifestation contre mariage pour tous. Il pourrait donc s’agir de Flavien Metgy, employé lui aussi de la Frite Rit, ancien membre du groupuscule fasciste Troisième Voie (dissout suite à la mort de notre camarade Clément Méric) et leader identitaire local.
Nous relayons ici le texte du collectif Pour la fermeture de La Frite Rit, né fin octobre suite aux affrontements qui avaient eu lieu rue Solférino et lors desquels les présumés trafiquants d’armes avaient notamment usé de flashball en pleine rue à heure grande affluence :

Lire la suite.

Ancien membre du DPS, le service de sécurité du Front national, Claude Hermant a participé à des opérations barbouzardes en Afrique dans les années 1990 sous la conduite de Bernard Courcelle, ancien patron du DPS.

En 2001 il donne une interview au journal Libération où il raconte cet épisode. Certes, on se doute qu’il a du enjoliver sur certains aspects du récit mais il n’en reste pas moins assez instructif.

A l’époque, Bruno Gollnisch réagit aussitôt en traitant Hermant de mythomane et en réfutant tout en bloc.

Claude Hermant

Claude Hermant

INTERVIEW

En mars 1999, Claude Hermant fait partie d’un groupe de mercenaires qui a été envoyé au Congo, sur ordre de Bernard Courcelle, l’ancien chef du service d’ordre du Front national, Département Protection et Sécurité, DPS. Il a été arrêté deux mois plus tard, et condamné, fin 1999, pour un complot qui était en réalité fomenté par le pouvoir.

Etait-il courant que des membres du DPS soient enrôlés pour des missions de ce genre?

J’ai commencé à travailler pour le DPS en 1994. Le rôle officiel du DPS est d’assurer la protection des meetings, des permanences, des défilés. Ou la protection rapprochée des cadres du Front. Mais, en 1997, j’ai été contacté par Bernard Courcelle pour faire partie d’une structure spéciale. C’était un groupe composé de 30 à 60 personnes, chargé d’opérations clandestines en France ou à l’étranger à la demande de pays alliés. Les membres de ce groupe spécial sont appelés les «fantômes». Ils ont tous une formation militaire ou paramilitaire.

De quel genre d’opération s’agit-il?

En 1997, j’ai suivi une formation de 90 jours au siège du Front national. Ces cours, très techniques, nous étaient donnés par d’anciens fonctionnaires du renseignement. Ils portaient notamment sur l’infiltration et la manipulation de foule. Après cette formation, il m’a été demandé d’infiltrer des organisations telles que Ras l’Front dans le Nord. Il s’agissait d’être informé et de prévenir les actions de contre-manifestation lors de nos meetings. J’ai recruté moi-même des membres du DPS pour cette mission. Au plan national, Ras l’Front, Sos Racisme et Act Up étaient nos priorités pour l’infiltration. Je sais qu’une infiltration a été possible au siège national de Sos Racisme. C’est du renseignement. C’est malsain. Le second type de mission demandé aux «fantômes» consiste à organiser la déstabilisation de certains quartiers ou des villes qui ne sont pas acquises aux idées du Front. Là encore, il faut infiltrer. Prendre contact avec des bandes. Inciter à la violence ou à la rébellion. Fournir la logistique dans des quartiers sensibles pour donner aux jeunes la possibilité de s’exprimer par la violence. Dans un quartier, si vous mettez le feu à une voiture, dans l’heure qui suit, neuf fois sur dix vous en avez quinze autres qui brûlent.

Est-ce que ça vous paraît correspondre au discours du Front national?

Non, mais en faisant avancer l’insécurité vous faites progresser l’électorat du Front. Si l’insécurité gagne le coeur des Français, le Front peut être là avec ses solutions.

Quand avez-vous été chargé de ce type d’opération?

Après avoir effectué ma formation. Nous étions chargés de constituer, chacun, une équipe. Dès lors, Bernard Courcelle nous donnait les missions. C’était géré au niveau national. Les quartiers favorables au Front ne sont pas concernés. Par contre, on va nous demander de mettre la pression sur les quartiers ou les villes où le Front fait de trop faibles scores.

Comment s’organisent concrètement les contacts entre les membres de ce groupe?

Nous ne sommes plus sous les ordres de nos responsables départementaux, et nous prenons nos ordres directement de Bernard Courcelle. C’est une structure à part. Entièrement auto financée par Courcelle. Les «fantômes» sont autonomes financièrement. Ils reçoivent un salaire en liquide, des faux papiers et tous les moyens nécessaires à leurs opérations. Quand vous avez des besoins spécifiques, on vous les donne. Pour payer un jeune pour mettre le bordel dans les quartiers, pour avoir les moyens de se déplacer, de louer une chambre d’hôtel. Les «fantômes» sont en autarcie complète. Ils font leurs deman des à travers ce qu’on appelle des «boîtes aux lettres». En l’occurrence, il s’agit d’une permanence téléphonique assurée, pendant une heure, une fois par semaine, dans une cabine publique.

D’autres missions plus violentes vous ont-elles été demandées?

Lors de certaines réunions, j’ai entendu parler d’attentats à l’explosif sur la région de Nice. De missions de surveillance ou d’écoutes de membres de l’opposition ou d’élus dans certaines villes. Mais aussi de surveillances demandées par des autorités étrangères amies, com me le Congo.
D’où provenait à votre avis l’argent de ces opérations?

Les opérations étaient entièrement financées, si ce n’est par le Front, en tout cas par Bernard Courcelle au moyen de contrats de sécurité à l’étranger, du mercenariat ou du trafic d’armes.

En 1996, Bernard Courcelle a été mis en cause avec le trafiquant belge Marti Cappiau, pour une vente d’armes litigieuse aux forces tchétchè nes.

Qu’avez-vous su de cette opération?

M. Courcelle a proposé aux Tchétchènes de leur fournir des instructeurs et des armes. Il a demandé à Marti Cappiau d’ouvrir des comptes en banque, et les Tchétchènes ont fait un premier versement d’un million de dollars. Ils ont demandé un matériel spécifique, assez récent comme des Kalachnikov AK-74, que Bernard Courcelle était capable de vendre sous 24 heu res. Mais, à ma connaissance, on leur a fourni des armes datant de l’après-guerre, des AK-47. Les Tchétchènes ont demandé réparation. M. Courcelle a toujours les Tchétchènes derrière lui, pour payer sa dette.

Qu’est-ce que l’ex-DPS venait faire, en mars 1999, dans une fausse tentative de putsch au Congo?

Le DPS a été très présent en Afrique, ces quatre dernières années. En 1997, on avait déjà des membres du DPS engagés dans le soutien à Mobutu au Zaïre. Au Congo, quand Denis Sassou N’Guesso a repris le pouvoir, il a été proposé à Bernard Courcelle d’ouvrir une entreprise de sécurité à Pointe-Noire pour récupérer les «Cobras» revenant du front et les former au renseignement et aux combats de ville. Les instructeurs étaient membres du DPS. En 1999, Bernard Courcelle a vu l’opportunité de rendre un nouveau service au pouvoir. Marti Cappiau, son associé dans l’affaire tchétchène, avait vendu des armes au précédent président, Pascal Lissouba ­ renversé en 1997. Il rencontrait régulièrement des membres de l’opposition. Moyennant finances, et à travers moi, Courcelle lui a demandé de faire croire à l’opposition qu’il venait de décrocher un contrat de sécurité auprès du Président, et qu’il était possible de le faire assassiner. Quand nous sommes partis au Congo, plusieurs responsables militaires de l’opposition étaient persuadés que leurs hommes étaient en place là-bas. C’est ce qu’on appelle une intoxication. Le ministre de l’Intérieur Pierre Oba en était informé.

Dans ce cas, pourquoi avez-vous été incarcéré?

J’ai recruté moi-même les membres de l’équipe, au sein du DPS. Nous avons effectué des missions d’encadrement militaire sur Pointe-Noire et Brazzaville, jusqu’au mois de mai. Nous avons continué à faire croire à l’opposition que nous étions en mesure d’effectuer un coup d’Etat. Tous les soirs, je téléphonais en ce sens à Paris. Ces appels étaient enregistrés par moi-même et l’un des responsables de la sécurité présidentielle. Courcelle et Marti Cappiau avaient fait venir trois hommes qui n’étaient pas dans le secret, et qui ont été arrêtés dès le 29 mars. L’idée du ministre de l’Intérieur Pierre Oba était d’en faire les responsables du faux coup d’Etat, de les faire abattre sur une tentative d’évasion. Je me suis opposé à cette exécution. C’est pourquoi j’ai été moi aussi arrêté le 17 mai. Je me suis retrouvé accusé comme les autres de complot. Je n’ai évidemment pas baigné dans un réel projet de coup d’Etat. Pendant trois semaines, j’ai formé des Saspen (Service d’actions spéciales de la police nationale) aux combats de ville. Avec d’autres DPS, nous avons aussi participé à des opérations de police.

Dans quelles conditions avez-vous été graciés?

Nous étions quatre emprisonnés, et nous avons réussi à nous évader des locaux de la sûreté congolaise, le 5 juin 1999. Nous avons rejoint l’ambassade de France, qui nous a remis aux autorités six jours plus tard. Mais les Congolais ont cherché un compromis pour obtenir notre silence. J’ai écrit au président Denis Sassou N’Guesso pour lui expliquer que j’avais travaillé dans cette affaire à la demande du ministre de l’Intérieur, pour infiltrer l’opposition et mettre un coup d’arrêt à la déstabilisation du pays. Nous avons été graciés au lendemain de notre condamnation. Mais l’ancien président Pascal Lissouba et son ministre de finances Moungounga N’Guila ont été condamnés à vingt ans de prison par contumace.

Avez-vous été dans la confidence d’autres opérations à caractère international ?

D’abord l’ex-Zaïre. Lorsque Mobutu a été rapatrié en France, c’est avec l’aide du DPS. Nous avons eu le projet de l’aider à reconquérir le pouvoir. Militairement, il s’agissait d’utiliser deux planeurs pour bombarder la résidence de Kabila. Ils devaient porter chacun une bombe de 250 kilos, afin de percer le plafond blindé de la résidence. L’opération, qui devait démarrer de Brazzaville, a été annulée sur intervention de Denis Sassou N’Guesso.Ensuite, il y a eu le Niger. C’était un projet d’assassinat du président Ibrahim Baré Maïnassara. Nous devions monter un projet de formation de la garde présidentielle, et profiter de cette posi tion pour le faire exécuter. Finalement, le contrat nigérien n’a pas été signé: nous sommes partis au Congo. Mais j’ai appris là-bas l’exécution du président nigérien par des membres de sa garde personnelle.

Avez-vous eu connaissance de missions de ce type sur le territoire français?

Fin 1998, le ministre de l’Intérieur congolais Pierre Oba a demandé à Courcelle de surveiller l’ancien ministre Moungounga N’Guila. Oba le soupçonnait d’être le bailleur de fonds du soulèvement. M. N’Guila vit dans la région parisienne. La mission nous a été confiée par Courcelle. Avec d’autres DPS, nous avons monté notre planque, dans un bosquet. Equipés de jumelles le jour, et de lunettes infrarouges, la nuit. On arrivait au matin, vers 6 heures, et on repartait vers minuit. Cette mission a duré trois mois, de décembre 1998 à mars 1999. Je me suis alors aperçu que la surveillance avait pour but la préparation d’un attentat. Courcelle avait réuni les conditions et le matériel nécessaires: deux pains de 250 grammes de plastic et un dispositif de traction qui devait être posé sur la roue de la voiture de M. N’Guila. Tout ceci a été préparé dans une ferme prêtée pour l’occasion par un mem bre de la famille de Courcelle. A aucun moment durant cette période, je n’ai été mis au courant d’un projet d’attentat sur le territoire français. Je me suis violemment opposé à cette action. Devant ma désapprobation totale, le projet a été annulé in extremis. Je me tiens prêt à témoigner devant la justice sur cette affaire, comme sur les autres d’ailleurs.

Karl Laske, Libération, 2001.

Claude Hermant manipulant une arme dans un reportage sur les survivalistes.

Claude Hermant manipulant une arme dans un reportage sur les survivalistes.

[Fachopédia] Que sont-ils devenus ? L’ex lieutenant colonel Michel Castillon

Militaire de carrière, Michel Castillon a pris part au fiasco de l’aventure de Bruno Mégret à Vitrolles dans les années 90.

Il fut au coeur d’un petit scandale déclenché par le journal Libération qui poussa l’armée à se passer des services de ce retraité du renseignement réserviste militant FN.

Il n’était pas insensible aux charmes de l’Action Française puisqu’il était souscripteur de son journal, on peut également trouver sa trace lors d’un hommage à l’OAS en 2008.

Plus tout jeune, il n’a pas renoncé au militantisme puisqu’on le retrouve à l’heure actuelle investit dans la vie de l’association qui gère la Domus Europa, la propriété provençale du G.R.E.C.E. route de Roquefavour à VENTABREN. Bien que l’association qui gère le domaine fasse profil bas et mise sur une intégration dans le tissu local en accueillant des évènements sans connotation politique particulière, celui-ci n’en reste pas moins une base d’assise pour le courant “néo-païen eurasiste identitaire”.

Organisation de conférences sur des thèmes gravitant autour des croyances forgées par les identitaires, base pour Europe Jeunesse, la Domus Europa est un lieu important pour l’artisocratie paganiste néo-droitière.

Petit rappel historique :

Adjoint Front national à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), où il est en  charge de la sécurité, le colonel de réserve Michel Castillon donnait depuis plusieurs années des cours d’anglais à l’Ecole militaire à Paris, aux élèves officiers du cours supérieur d’état-major (CESM), année préparatoire du collège interarmées de défense. Révélée par Libération le 18 septembre, cette information a fait du bruit dans les rangs de la «grande muette». Curieusement, on prétendait ne pas y connaître l’engagement politique de l’élu lepéniste. Dès la fin de la semaine dernière, le ministère de la Défense a donc décidé de se passer des services du colonel Castillon qui, vacataire, dispensait trois heures de cours par semaine pour lesquels il était rémunéré 250 francs de l’heure.

«Une affaire scandaleuse», s’est insurgé hier, au cours d’une conférence de presse, Bruno Mégret, porte-parole de la municipalité de Vitrolles, que dirige son épouse. «Sa situation était légale et parfaitement connue de la hiérarchie militaire», a ajouté le délégué général du FN qui a prétendu que le ministre PS de la Défense, Alain Richard, aurait même «décerné un témoignage de satisfaction» au colonel Castillon le 30 juin dernier. Indigné par cette «chasse aux sorcières», Bruno Mégret a indiqué que le parti d’extrême droite allait lancer «une campagne pour que l’armée conserve sa neutralité politique». Il a également précisé que le colonel Castillon allait attaquer en justice Alain Richard pour «non-respect de la neutralité républicaine» à l’armée.

L’armée se débarrasse d’un prof d’anglais encombrant (1997)

A lire également : Vitrolles aux mains du FN? Le feuilleton d’une élection (5). Sécuritaires contre sécuritaires. (1997)

Sa participation à l’époque de Vitrolles est évoquée dans l’histoire secrète du front national de Renaud Dély :

Michel Castillon

Après scandales et condamnations, Bruno Mégret se mis au vert deux ans en Autralie, il revint en 2011 en France.

Depuis, à Vitrolles, c’est Marcel Ydé, passé des opérations tchadiennes au business international dans la high-tech (sic), qui repris la franchise FN.

Marcel Ydé, photo de propagande de son parti.

Marcel Ydé, photo de propagande de son parti.

A voir, diaporama : Quatre dénnies de front national.

vitrolles_mairie

Extrait de “Les chevau-légers de la francité”, avec un portrait de Rodolphe Crevelle

Rodolphe Crevelle (en chemise blanche) avec Roudier et la ligue du midi.

Rodolphe Crevelle (en chemise blanche) avec Roudier et la ligue du midi.

Ce texte est un extrait de “Les chevau-légers de la francité” de Jacques Schepmans.

Lire ici l’explication.

Décidément, plus personne ne fera jamais de la politique comme Phillippe Rossillon… Philippe Rossillon nait à Boulogne en 1931 dans une famille de la bourgeoisie protestante. Rossillon est un révolutionnaire. Il baptisera ses deux fils Kléber et Marceau… Il sera un temps séduit par le maoisme. Brillant diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’École nationale d’administration (promotion Albert-Thomas, 1953-1955), Philippe Rossillon entre dans le réseau patronal «national et social» constitué de jeunes polytechniciens et cadres de la banque Worms, issus du groupe de pensée «XCrise», né après le crack de 1929. Un cercle qui financera le PPF, aura quelques ministres sous pétain comme Pucheu ou François Lehideux (gendre de Louis Renault), ou Georges Albertini. Les autres collaborationnistes de Vichy lui feront un grand honneur en le baptisant «Synarchie».
Tout comme Jean-Pierre Chevennement qui épouse Nisa Grunberg fille d’un dirigeant de la banque, Rossillon entre dans le cercle par la grande porte de la mairie, quand, au milieu ds années 50, il épouse Véronique Seydoux, la fille de René et la petite fille de Marcel Schlumberger, lui aussi un polytechnicien du groupe X.Crise… En 1996, la revue américaine Forbes évaluera la fortune de Véronique Seydoux à quatre milliards de dollars américains…
Mais Rossillon n’est pas entré dans le sérail pour y pantoufler, ni toucher des jetons de présence. Il y est entré pour en être le champion… Le bras armé, l’idole, ou sinon rien…

A la fin des années 50, sorti de l’Ena en 1955, Rossillon commence tout de même par tâter au commerce, ou à faire semblant, et part pour l’amérique du Nord, à Montréal. En 1958, à l’École des hautes études commerciales, avenue Viger, à Montréal, le directeur François-Albert Angers présente à Philippe Rossillon qui le lui a demandé, un bon gros jeune homme qui ne fait pas encore vraiment de politique. «Écoutez, votre bureau est très grand, on va coller deux bureaux face à face et ce monsieur travaillera avec vous quelque temps. », lance le directeur à Jacques Parizeau, le futur premier ministre du Québec qui, trente ans plus tard echouera d’un cheveu à faire proclamer l’indépendance du Québec…
Car Rossillon, qui cherche une cause révolutionnaire et nationale à sa mesure vient d’en trouver une : ce sera le Québec, et même toute l’américaine française.
A partir de cet instant, déjà surveillé par les srvices de contre espionnage canadiens, Rossillon se fait missionnaire de la civilisation française à travers le monde nord américain et impénitent gaulliste de gauche.
Quelques mois plus tard, début 1959, Rossillon rencontre Bernard Dorin, un jeune attaché d’ambassade. Les deux jeunes hommes se trouvent une foule de points communs et décident de sceller désormais leur vie à l’émancipation du Québec. Aucun des deux ne trahira jamais son serment… Leur complot sera intense et on en parle encore…
A son retour de Montréal, Rossillon, qui rearde aussi vers le monde méditerranéen et l’Algérie en guerre, fonde à son tour un autre groupe qui continuera l’oeuvre de X-Crise. Cette fois, il fonde Patrie et Progrès un groupe national et social prônant une sorte d”élitisme technocratique au service des masses populaires… L’opération est financée par ses beaux-parents René Seydoux et Geneviève Schlumberger. Patrie-et-Progrès sera rejoint par d’autres énarques comme Jean-Pierre Chevennement, Alain Gomez, Philippe Malaud, Didier Motchane… et même par des belges comme le fransquillon de Flandres Luc Beyer qui sera plus tard député en Belgique et présentateur du Journal télévisé de la RTB…
Pendant ce temps, Rossillon est entré au Ministère de la Coopération. C’est le poste idéal pour avoir tous les rétextes de se rendre le plus souvent au Canada français…
Durant les années 1964 à 1968, Rossillon visite le Québec, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba à plusieurs reprises, officiellement pour marquer l’appui de la France à plusieurs institutions culturelles, officieusement pour encourager le mouvement de prise de conscience politique des français d’Amérique du Nord. Pour cela, Rossillon distribue régulièrement des dons en argent et en nature à des institutions culturelles francophones. Quand ce n’est pas l’argent de la France qu’il distribue, c’est le sien et quand ce n’est vraiment pas suffisant, c’est celui de sa femme ! Notamment à Saint Boniface, dans la petite communauté des métis francophones de la rivière Rouge dont Rossillon finance entièrement la première radio..
A cette époque mystérieuse de sa vie, Rossillon recrute à tours de bras et impressionne…
Ainsi, en 1964, l’écrivain et journaliste québécois Jean-Marc Léger, indépendantiste résolu, premier directeur de l’Office de la langue française du Québec, décrit un véritable possédé : «Le plus engagé, le plus impétueux”
Philippe Rossillon en 1959, sur un plateau de télévision où il débattait avec Raymond Aron du destin de l’empire colonial..
le plus audacieux aura été Philippe Rossillon, qui était présent sur tous les fronts et n’hésitait pas à agir à visière relevée et à mettre en jeu sa propre carrière.
J’ai été tout de suite impressionné par la qualité de son information, sa franchise et sa façon d’aborder, d’attaquer les problèmes de fond (et de front!), son humour, enfin, et son sens de la formule imagée, inattendue. Il y avait chez lui à la fois du condottiere et du croisé, de l’apôtre et du guerillero, l’abbé Pierre et Che Guevera mâtinés de Pierre Daninos ou de Desproges».
A Paris, plus exactement dans le Paris officiel, tout le monde n’est pas dupe.
Le 12 novembre 1964, le premier-ministre Pompidou, en personne, met en garde Alain Peyrefitte contre Rossillon, «qui mène une action clandestine», se souvient l’ancien ministre dans son livre «C’était de Gaulle». Le 31 août 1967, Pompidou, décidément iquiet d’être si manifestement tenu à l’écart de l’affaire québecoise par de Galle, se fait encore plus pressant lorsqu’il s’agit de la mission québécoise confiée par de Gaulle à Peyrefitte : «Je ne vous
recommande pas d’emmener Rossillon. C’est un extrémiste !»
Pourtant Rossillon viendra. Puisque c’est De Gaulle qui l’impose, comme il l’a imposé deux ans plus tôt au poste de rapporteur du Haut comité pour la défense et l’expansion de la langue française. Dans le même temps Bernard Dorin a é été chargé par De Gaulle de dresser le programme de la coopération France-Québec réclamée par le Général.
Rossillon et Dorin travailleront intensément, sous l’autorité lointaine de Peyrefitte, à une véritable bombe politique prévue pour exploser à l’occcasion de l’exposition internationale de Montréal… Xavier Deniau et des diplomates tel que Jean-Daniel Jurgensen, se agrégé à la petite équipe dont l’ambition est désormais très claire pour tous : l’émancipation nationale du Québec Leur plan est diabolique puisqu’il vise avant tout un fort effet sur l’imaginaire.
Rossillon a donc décidé que cette visite gaullienne ne resemblerait à aucune autre…

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Le 15 juillet 1967, Charles De Gaulle est à Brest pour embarquer à bord du Colbert, le croiseur amiral de la flotte de l’Atlantique. C’est une idée de Rossillon. Ottawa a multiplié les petites difficultés en espérant que le général renoncerait au voyage. Peine perdue. Et comme pour marquer encore plus sa volonté, De Gaulle accepte Rossillon accepte le lan de Rossillon. Pour ne pas avoir à entrer au Canada par l’Ontario, ce que l’avion et le protocole auraient exigés, De gaulle viendra par la mer ! Huit jours sur le Colbert. C’est le prix à payer pour arriver d’abord au Québec, où De Gaulle considère qu’un “morceau du peuple français est installé, enraciné, rassemblé”.
Après une courte halte aux îles de St-Pierre-et-Miquelon, le Colbert entre dans les eaux canadiennes. Deux frégates canadiennes l’escortent et un officier de liaison canadien, le commandant Plant, embarque à bord du Colbert.
Il ne parle pas français. Le gouvernement canadien veut ainsi signifier à De Gaulle qu’il pénètre dans un pays Anglais…
L’entrée de la flotille dans l’estuaire du Saint-Laurent, là où le fleuve se resserre enfin et se fait appeler «Chemin du Roy», est une surprise… Qui sont ces milliers de gens sur les berges ? On entend leurs cris lancés vers le coiseur..
«Vive de Gaulle !», «On vous attendait !», «Vive le Québec libre !» «Indépendance !», «Vive la France !» , «Vive de Gaulle !»… Le viel homme n’en croit pas ses oreilles. Les réseaux préparés par Rossillon depuis dix ans, s’époumonnent, montrent des pancartes, trépignent de joie… Et c’est communicatif car la «claque» finit par entrainer des dizaines d emilliers de québécois sur les berges… La croisière prend un visage de triomphe avant même que la visite ait vraiment commncé et que De Gaulle ait posé un pied sur le sol du Québec. Le 23 juillet, c’est l’arrivée au pied de la Citadelle de Québec. Encore une fois, Ottawa veut humilier son invité avec, pour le recevoir, une garde d’honneur en tuniques rouges et bonnet d’ourson à poils noirs. On ne peut imaginer un uniforme plus Britannique. La foule, elle, a choisit son camps et ovationne
quand la musique militaire canadienne joue La Marseillaise..
Le soir même, lors d’une réception officielle au Chateau Frontenac de Gaulle, galvanisé et sans plus aucun frein à son émotion, s’adresse aux invités et au premier ministre Daniel Johnson: “On assiste ici, comme en maintes régions du monde, à l’avènement d’un peuple qui, dans tous les domaines, veut disposer de lui-même et prendre en main ses destinées….Cet avènement, c’est de toute son âme que la France le salue”
Le lendemain il entreprend son voyage vers Montréal en suivant le “Chemin du Roy”. La foule est nombreuse et présente tout au long de la route. La Marseillaise est entonnée à chaque arrêt et on agite des pancartes portant la mention “Québec libre!”. L’affaire est faite. De Gaulle galvanisé par les foules amassées sur les
berges puis sur les routes du Chemi du Roy avec des panacartes nationalistes payées par Rossilllon aux indépendantistes et sgagné par son propre lyrisme…
Rien ne l’arrêtera plus.
A son retour, De Gaulle saura remercier Rossillon en lui confiant la présidence du Haut Comité de la langue française; poste où Rossillon multiplie les voyages en Wallonie, en Suisse mais surtout au canada français…
Ces voyages agacent tant les canadiens qui les observent et se plaignent de versements de plus en plus importants aux indépendantistes québecis, qu’en 1968, Pierre-Eliot Trudeau, le nouveau premier ministre libéral du Canada, ne peut contenir sa rage. Convaincu que «Rossillon fait plus que distribuer des albums Astérix aux enfants». Pierre Elliott Trudeau accuse publiquement Rossillon d’être un espion. «La présence ici d’agents étrangers peut causer un ressac dans les provinces anglaises (…) Nous sommes étonnés qu’un agent du gouvernement français soit venu au pays sans la connaissance du gouvernement canadien. Sans se formaliser de la visite en tant que telle, il faut dire que cette approche peut brouiller le progrès que nous voulons réaliser. Je crains que des non canadiens français se rebiffent contre ce genre d’initiative.», déclare alors le premier-Ministre canadien à la télévision canadienne au sujet de Rossillon qui, du coup, est invité par Pars à mettre un bémol…
Même si Rossillon ne jouit pas de la faculté d’être, comme le chevalier d’Éon, tantôt un homme, tantôt une femme, le métier d’agent automissionné qu’il pratique fascine Parizeau, le chef des indépendantistes québécois, le vieil ami de Rossillon.
Incontestablement, c’est à voir Rossillon vivre et agir que Parizeau s’est forgé un idéal et une volonté sans faille qui le conduiront, lui aussi, au goût des opérations secrètes, puis au pouvoir à Québec.
Rossillon n’oublia pas non plus La France. De 1965 à 1984, au cas où il lui faudrait devenir député, il se fit élire maire de la commune de Beynac-et-Cazenac, en Périgord non loin du château de Marqueyssac, la propriété de sa femme. Pour Rossillon, les tous dernièrs instants du gaullisme sont un temps de cocagne. Il a une réputation mystérieuse, une aura, et, ses postes importants au ministère de la Coopération et aux Affaires étrangères, lui permettent certaines exentricités, comme celle qui lui permis un jour d’inviter la chanteuse québecoise Pauline Julien au sommet de la francophonie de Niamey où, naturellement, devant des africains médusés, la chanteuse passionnaria se leva plusieurs fois pour crier dans une ambiance de mort : «Vive le Québec libre!».

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Quand les années 60 s’achevent, Rossillon connaît deux grands malheurs : De Gaulle a quitté le pouvoir et meurt quelques mois plus tard, et puis l’infatigable
«coureur des bois» moderne commençe à sentir les premiers maux de la sclérose en plaque qui allait le tenir pendant trois décennies encore.
Sous Pompidou, qui ne l’aimait pas, Rossillon termina sa présidence du Haut Comité de la Langue française en 1973; et puis il changea sa manière de faire de la politique. N’ayant pas pu faire de révolution prolétarienne et nationale, n’ayant pas pu bâtir une république de plus sur la terre, Philippe Rossillon se mit à faire de la politique comme un prince florentin. Juste pour ne pas s’ennuyer. Et avec son propre argent. Cela dit, au début des années 70, la patte de Philippe Rossillon est encore visible dans, une série d’actions-chocs menées par le Groupe Bélier tentent de forcer le canton de Berne et la Confédération à trouver une solution au problème jurassien (action des « objecteurs-patriotes » qui se débarrassent en public de leurs effets militaires, dès mai 1968 ; occupation de la préfecture de Delémont, juin 1968 ; irruption dans la salle du Conseil national lors de l’élection du président de la Confédération Ludwig von Moos, en décembre 1968 ; construction d’un mur fermant la porte d’entrée du Rathaus à Berne, en 1971; invasion de l’ambassade de Suisse à Paris, en 1972, et l’année suivante à Bruxelles.

Dans son livre “B comme Barbouzes”, paru en 1975 aux Editions Alain Moreau, Patrice Chairoff prétendait que Rossillon appartenait aux services parallèles de M. Foccart, le numéro 1 de la “barbouzerie” sous le règne d’un général de Gaulle, qui ne détestait pas les incartades du genre “Québec libre”.
En 1976, Philippe Rossillon crée l’association France Acadie/Amitiés acadiennes et puis France-Louisiane en 1977. Toujours sous la surveillance des services secrets de la gendarmerie Royale canadienne GRC qui n’hésite pas jusqu’à voler le sac à main de Louis Baudouin, la future minsitre québecoise, qui accompagnait Rossillon lors d’une tournée en Acadie où Rossillon apportont encore une fois des fonds français pour sauver “L’Evangéline», le quotidien francophone d’Acadie, Ceci dit, en 1980, le référendum manqué au Québec vient sonner le glas del’aventure francitaire,au moins dans sa dimension politique sérieuse. Rossillon s’impliquera un moment en Wallonie, notamment en finançant, à Bruxelles, le Front Démocratique des Francophones FDF du social-chrétien Lucien Outers, éditeur du couteux hebdomadaire «4millions4». Rossillon offrira même une résidence secondaire à Lucien Outers dans le village périgourdin dont il était le maire, ceci afin que les deux hommes planchent chaque été sérieusement sur la question belge…
En 1983, Philippe Rossillon sort enfin de son sillon francitaire où rien n’a vraiment poussé pour lui. Il prend la direction de l’Union Latine, une association internationale tombée en désuétude et qu’il va remettre sur pied, toujours avec la fortune de sa femme, créant à Paris un cinéma (le Latina), une radio (Radio Latina) etc… Jusqu’à sa mort, en 1997, Philippe Rossillon trainera sa sclérose en plaque… On parla encore de sa patte dans les opérations du Groupe Francité en Val d’Aoste, où Rossillon cultivait l’amitié de Mario Andrione, le bouillant président francitaire de la Région autonome… Et puis, la neige du canada, les mélopées des indiens de la rivière Rouge, les rugissements de l’Atlantique à Caraquet, le bruit des grosses larmes de René Lévesque, les cris de Pauline Julien et, surtout, ceux de la foule au passage de De Gaulle sur le Chemin du Roy… tout cela se mélangea dans son dernier soupir.
Aujourd’hui, l’Union Latine se porte bien. Trente-trois états y adhèrent. France-Acadie existe encore sous la présidence de Bernard Dorin qui n’a rien changé à la force de son serment…
Il n’y a que le fils ainé de Philippe Rossillon qui se porte mal. A 54 ans, Kléber Rossillon, vient de perdre le plus gros de ce qui lui restait de fortune dans la banqueroute de la bansque Madof, en jouant sur la sicav Luxalpha…
Pourtant, bien que polytechnicien dans la plus pure tradition familiale «Schlum», Kléber Rossillon ne s’occupait sagement que des jardins de son château du Périgord et de la gestion du château de Langeais, en Touraine.
Kléber Rossillon a porté plainte contre sa banque, la BNP, mais la BNP c’est un peu comme les anglophones du canada, cela ne cède pas comme cela..

Après l’énarque activiste Philippe Rossillon, qui s’attaqua seul à l’unité canadienne, après Bernard Dorin et Xavier Deniau qui portèrent le complot du Québec libre jusqu’au sommet de la République, il faut maintenant évoquer le cas d’un autre condottiere de la «Francité», un condottière aux mains plus sales : Rodolphe Crevelle, agent notoirement financé par Philippe Rossillon, comme le fut également Yves Bataille (P.51) dont la «Lettre de la Francité» fut longtemps soutenue par Philippe Rossillon et continuée par Crevelle sous le titre «Lettre de la Grande France».
Traiter du cas assez original de l’agitateur Rodolphe Crevelle nous permettra aussi de croiser la trajectoire d’un autre possédé d’envergure : Gérard
Bouchet, ce «psychopathe du complot», comme le surnommèrent les magistrats qui le jugèrent et l’envoyèrent passer quelques années à la centrale de Clairvaux en 1962.
Né en décembre 1955, ancien élève du Lycée André Maurois de Deauville, Rodolphe Crevelle fait apparemment ses premières armes politiques en 1975, au sein de la mouvance anarchiste, plus précisément dans l’organisation révolutionnaire anarchiste ORA (future Organisation communiste libertaire OCL) qui encadre les «autonomes» de Caen et Rouen. Crevelle est le principal meneur des fameuses descentes de «récupération personnelle» qui ravagèrent en 1976 la rue d’Amsterdam, après avoir été mobilisées à l’aide de convocations sybillines passées par Crevelle dans la rubrique petites annonces du quotidien Libération…

Rodolphe Crevelle
En 1979, Crevelle, dont l’activisme débridé heurte le fond pacifiste des libertaires, publie un court mémoire sur Léon Bourgeois, le ministre radicalsocialiste de la IIIème république qui, en tout premier, théorisa le solidarisme comme doctrine alternative au marxisme. Crevelle ne tarde pas à rejoindre le courant de gauche du Mouvement Solidariste Français (MSF) de Gérard Bouchet. Un mouvement exsangue. Catholique progressiste recrutant cyniquement chez les nationalistes et révolutionnaires de tous bords, Bouchet inspire la doctrine solidariste en véritable «gourou», préconisant un anti-stalinisme virulent mais appuyé néanmoins sur un parti-pris ouvertement anticapitaliste sous la bannière de la «doctrine sociale de l’Eglise». Au fil des ans, Crevelle donnera, à ce qui fut souvent comparé à une secte gauchiste frayant dans les ruisseaux de l’extrême-droite, son sens aigu de l’agit’prop appris et mis en pratique dans les squats autonomes de l’ORA. Cependant, en ces derniers mois du MSF, au moment où il arrive dans un mouvement progressivement déserté par toutes ses figures historiques comme Pierre Sergent, Crevelle se fait discret. Il ne participe pas aux dernières opérations du MSF bloquant la ligne du Paris-Moscou..
A cette époque, Gérard Bouchet est engagé à fond, avec Philippe Lemoult et Francis Bergeron, dans la solidarité active avec les polonais de Solidarnosc, le seul mouvement solidariste connu du grand public dans l’histoire.
Ancien activiste OAS mais intellectuellement soumis à la ligne du quotidien catholique La Croix; apôtre paradoxal d’une sorte d’extrémisme armé mis au service d’une vision sociale-chrétienne au patriotisme tempéré, Gérard Bouchet refusera, fin 1977, le ralliement au Front National de son mouvement de jeunesse (le GAS), de ses principaux cadres nationalistes (Jean-Pierre Stirbois, Michel Collinot, Jean-Claude Nourry, formant l’Union Solidariste), et du courant traditionaliste-chrétien du MSF (Bernard Anthony et le noyau premier de ce qui deviendra Chrétienté-Solidarité…).
Le coté «catho de gauche» de Gérard Bouchet l’empêchait, semble-t-il, d’admettre que l’avenir du nationalisme était dans cette extrême-droite pourtant fréquentée par lui au cours de ses années de jeunesse à l’AF, avant que Gérard Bouchet ne suive, jusqu’à l’OAS et jusqu’au mitraillage frénétique de tous les bars arabes de Toulouse, le petit réseau MRP qui accompagna le ministre démocrate-chrétien Georges Bidault dans sa politique pro «Algérie française»…
Deux ans plus tard, 1979, Gérard Bouchet est une nouvelle fois abandonné, mais cette fois par ses derniers fidèles du «courant solidariste authentique».
Ceux-là, après le suicide de leur camarade Alain Escoffier qui s’est immolé dans les locaux de la compagnie soviétique Aéroflot, quittent Boucher pour rejoindre l’activisme humanitaire anti-communiste prôné par Alain Boinet, Philippe Lemoult, et Laurent Maréchaux (le futur écrivain). Tous trois fondent l’ONG «Solidarité» dont les premières missions auront encore un fort caractère anti-communiste, puisque Philippe Lemoult était l’organisateur des fameuses distributions de tract organisées entre 1978 et 1980 par le MSF sur la Place Rouge à Moscou….
Chef abandonné, décrié pour la cruauté de son caractère, accusé par certains Gérard Bouchet (François Duprat) d’avoir donné à Escoffier l’ordre de son sacrifice, Bouchet se replie provisoirement, comme Bernard Anthony, à l’intérieur du Groupe pharmaceutique Fabre à Castres. Il n’est plus alors suivi que par deux cadres du MSF, deux militantes issues de l’extrême gauche : sa propre compagne Anne-Marie Denis et Sylviane Baudois, journaliste au Monde et future directrice, dans les années 2000, de Satiricon, le journal satyrique de la gauche toulousaine (Baudois est également toujours liée au réseau des anciens solidaristes constitué autour de Médiation.net de Philippe Lemoult et l’ONG Solidarité d’Alain Boinet).

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En 1980, Rodolphe Crevelle, avec une poignée de nervis solidaristes rouennais et parisiens, tels que le boxeur Nicolas Vue, forme le groupe Année Zéro qui, à la frontière de la politique et du droit commun, représentera désormais le toulousain Gérard Bouchet à Paris, dans le milieu étudiant et «jeunes activistes» où Gérard Bouchet est grillé mais où prolifèrent, sur le même registre qu’Année Zéro et son «solidarisme de gauche», des bandes politiques aussi pittoresques que le fameux «groupe des teckels», cinq jeunes bourgeois parisiens du GAJ réunis autour de Jean-Christophe Canter (l’actuel maire UMP de Senlis) perpétuellement armés de marteaux et connus pour être, certes petits, mais méchants, et fiers de l’être…
Ancien autonome, bon orateur et «révolutionnaire permanent» agissant depuis sa librairie rouennaise «Le livre d’Histoire», Crevelle est tout désigné pour prendre la direction du groupe.
Au début des années 80, Année Zéro est invitée par Gérard Bouchet, admirateur passionné de la méthode «entriste» de Léon Trotsky, à infiltrer le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) de Jean-Gilles Malliarakis, qui se présente lui aussi comme solidariste, mais d’extrême droite. Il s’agit pour Bouchet de recruter au MNR une nouvelle génération de militants activistes.
A cette époque, les consignes venant de la villa-forteresse louée par Bouchet à Saint-Julia-de-Gras-Capoue, sont chaque année un peu plus rares, et Crevelle n’est jamais aperçu dans le Lauragais.
Année Zéro édite alors un maigre bulletin intitulé Rupture, qui doit être distingué du mensuel Jeune Nation Solidariste, dirigé par Bertrand Burgalat apôtre de la transformation du MNR en mouvement de «Troisième Voie», après avoir incarné un moment un projet d’entrisme solidariste au sein du CERES de Jean-Pierre Chevennement. Bertrand Burgalat, fils de préfet et mari de l’actrice Valérie Lemercier, est aujourd’hui un célèbre musicien-producteur electro. Dans le même temps, Année Zéro infiltre d’autres groupes nationalistes comme l’Action Française ou la Garde Blanche légitimiste fondé par Crevelle semble-t-il dans le seul but d’y recruter des scouts catholiques pour le réseau Bouchet, lui même ancien d’AF et proche de Nicolas Kayanakis, plus tard secrétaire général de l’AF dans les années 90.
En 1984, en désaccord avec l’activisme échevelé de la section solidariste rouennaise obéissant à Crevelle, Etienne Lavigne (officier parachutiste de réserve, aujourd’hui directeur du rallye Paris-Dakar) et quelques autres militants quittent Année Zéro pour rejoindre en afghanistan Alain Boinet et son organisation humanitaire anti-communiste «Solidarité» engagée auprès du Commandant Massoud que «Solidarité» ravitaille régulièrement en coupures de vrais dollars…
En 1985, sur RLP (Radio Le Pen, qui émet sur une bande enregistrée consultable par téléphone…), Jean-Marie le Pen, averti par la police d’un complot contre sa vie, tient à prendre les devants publiquement en annonçant que Rodolphe Crevelle se prépare à l’assassiner. Selon Le Pen, c’est Bouchet le commanditaire. En effet, Bouchet est redouté par ses anciens disciples Stirbois et Collinot qui décrivent au président frontiste un véritable forcené. Il faut dire que Bouchet passe les premières années triomphantes du lepénisme à préconiser inlassablement l’élimination révolutionnaire de Le Pen. Mais la dénonciation par Le Pen du projet solidariste se fait sans preuve car, pendant toutes les années 80, Bouchet et son braqueur Crevelle n’ont jamais été aperçus ensemble et nul n’a pu prouver leurs contacts au plus chaud des actions d’Année Zéro…
En 1986, Rodolphe Crevelle, chargé de financer, via Année Zéro, une éphémère tentative de «MNR maintenu» (qui aurait été naturellement ramené sous le contrôle de Gérard Bouchet), est arrêté et emprisonné pour une série de onze attaques à main armée dans des bureaux de poste et supermarchés, en compagnie de deux de ses militants rouennais.
Par la suite, Crevelle sera transféré de Fleury-Mérogis à la prison de Fresnes. En effet, au bâtiment D2 de Fleury, Crevelle formait un trio trop remarqué avec les frères Claude et Nicolas Halphen, deux des six tueurs d’Action Directe arrêtés après la fusillade de l’avenue Trudaine. Condamné à cinq ans de prison par la cour d’assises de Nanterre, Crevelle sort de la prison de Fresnes début 1990 et renoue un an plus tard avec le militantisme solidariste.
C’est à ce moment-là que Bouchet et Crevelle commencent à participer aux mêmes réunions et conférences; et que Crevelle fréquente la grande villa lauragaise que Gérard Bouchet loue à Saint-Julia-de-Gras-Capou (31) pour y vivre une existence recluse de «Trosky au Mexique»…

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En 1991, Rodolphe Crevelle fonde le Groupe solidariste «Francité», dont il prend la direction opérationnelle, cette fois encore sous le contrôle idéologique de Gérard Bouchet qui, toutefois, apparaît dans l’organigramme uniquement comme formateur du groupe, invitant seulement chaque nouvelle recrue à passer une semaine, seule en tête à tête, avec le vieux doctrinaire.
C’est au contraire Philippe Malaud (1925-2007), ancien ministre du Général De Gaulle, qui prend la présidence honorifique de l’organisation et participera même à quelques opérations d’agitation en val d’Aoste. Avec Crevelle, le groupe est taillé pour naviguer à son aise au sein du milieu international de la «francité» militante où, du Québec à la Wallonie, en passant par le Jura du Groupe terroriste Bélier, toutes les organisations francitaires sont classées à gauche. Crevelle adapte le solidarisme à la solidarité des peuples et Philippe Malaud apporte, malgré sa présidence d’honneur du CNI, la caution «ministre du Général de Gaulle» qui constitua toujours le véritable sésame dans ces milieux jamais oublieux du «Vive le Québec Libre».
En effet, ces cercles et mouvements du Québec, de Belgique, d’Aoste ou de Suisse (parfois importants et au pouvoir) ont toujours été principalement relayés en France par les «gaullistes de gauche» (comme Rossillon) ou les «gaullistes tout court», comme Malaud qui, comme son ami Rossillon, fut lui aussi membre du très mythique groupe «Patrie et Progrès», ce complot intellectuel intense regroupant en 1961 de jeunes «enarques kémalistes» tels que Chevennement, Gomez, Motchane, Rossillon, Malaud, qui voulaient unanimement interdire l’islam en Algérie au pas de charge, retirer tous les voiles et toutes les jellabas, mettre tous les fellaghas en costumes, et assimiler les
arabes à coups de modernité socialiste forcée, afin de conserver l’Algérie à la République au train d’une assimilitation «express».
Au départ, Francité s’implique dans les milieux rattachistes wallons. Rodolphe Crevelle et Jacques Borde (ancien membre du pompeux «Conseil solidariste de la révolution» du MNR) conduisent ensemble la manoeuvre en organisant dès 1993 à Paris les premières conférences du mouvement wallon (Wallonie Libre, Solidarité Wallonie-Bruxelles, Retour à la France) où pourront ainsi s’exprimer pour la première fois en public en France : Jacques Rogissart, Maurice Lebeau, Max Evrard, qui incarnaient alors le combat rattachiste dans ses principales variantes.
Francité édite un bulletin : «La Lettre de la Grande France» largement diffusé dans les milieux rattachistes wallons et au Jura.
Décembre 1992, les militants solidaristes de Crevelle, logés dans des appartements de sport d’hiver défient la police andorrane et les services français et espagnols qui les traquent. Francité couvre les vallées d’Andorre d’affiches hostiles à l’abandon du statut médiéval et à la fin de l’influence française directe et absolue sur la co-principauté. Crevelle et son ami Sixte-Henri de Bourbon-Parme (voire p.107) rejoignent le petit groupe de francophiles qui mène campagne contre le référendum de mars 1993. Derrière Antoni Ubach directeur de la sécurité sociale andorrane formé à Sciences-Po de Paris, Martina Camiade, universitaire perpignanaise et éditrice catalaniste, a pris le contrôle de la paroisse francophile de Canillo.
Le parti francophile des trois «paroisses hautes» mène ainsi une campagne de brouillage politique que personne n’attendait, et n’était, surtout, prêt à
accepter. Cependant, le 14 mars 1993, les francophiles andorrans ne rassemblent que 25% des suffrages derrière le Non. lls le payeront cher. Antoni Ubach et Martina Camiade sont aussitôt arrêtés sous prétexte de détournements de fonds dans leurs activités respectives. Camiade passera quelques mois en prison. En ce qui concerne Antoni Ubach, ce sera plus sérieux puisque l’ancien diplômé de science-Po Paris sera détenu plusieurs années dans une prison barcelonaise où l’Etat andorran (ne disposant que d’une dizaines de geôles médiévales situées sous le Conseil général des Vallées) l’avait «confié» aux bons soins de l’Espagne. Antoni Ubach ne sera jamais
réhabilité malgré ses nombreux recours devant la cour européenne des Droits de l’Homme. Quant à Crevelle, recherché mais pas pris, agissant en ces années-là sous le pseudonyme de Marc Dorcet, il deviendra rapidement la marotte picaresque des intellectuels andorrans qui vont, comme le peintre francophile Sergi Mas et son «cercle des artistes andorrans», construire dorénavant la légende locale de Crevelle considéré comme le nouveau Boris Skossireff, un autre possédé.
Quelques semaines plus tard, de retour en France, Crevelle, rejoint par une trentaine d’étudiants «royalistes anti-fascistes» conduits par Stéphane Tilloy qui les fait guerroyer dans les rues de Paris contre le GUD, organise, avec le paysan gersois Jean Jegun, la logistique du second blocus de Paris décidé par la Coordination Rurale de Jacques Laigneau que Gérard Bouchet, cette fois encore associé à Alexis Arette Landresse, vient de recruter dans son ultime réseau insurrectionnel, au coté du très controversé Christian Poucet (CDCA) qui sera assassiné en 2001 par des tueurs professionnels (Voir p. 99).
En 1994, toujours dans la suite du combat syndical des paysans et marinspêcheurs, Crevelle, qui a élargi Francité à quelques cadres royalistes -tels Frédéric Wincler, Pierre Jeanthon, et Alexandre Boritch-, envahit Ecréhou, un petit archipel britannique situé entre la côte normande et l’île anglo-normande de Jersey, mais également revendiqué par les marins-pêcheurs français de la baie de Granville? A Barneville-careteret, notamment, les patrons pecheurs s’estiment perpétuellement floués et brimés par les autorités maritimes jerriaises qui leur rationnent leur juteuse pêche au homard.
Crevelle, avec 250 français (dont un prêtre qui dira une messe !) embarqués sur six chalutiers armés par les comités de survie de la pêche de Granville et Barneville-Carteret, envahit l’ile pendant une journée et, sous son pseudonyme de Marc Dorcet, fait la Une des médias britanniques friands d’histoires insulaires…

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A partir de l’hiver 1994, Crevelle se lance à corps perdu dans l’opération de sa vie : la tentative de sécession du Val d’Aoste. Soutenu en sous-main par l’ancien président du gouvernement autonome de la Vallée, l’avocat ultra francophile Mario Andrione, que lui aurait présenté Philippe Rossillon (l’énarque milliardaire qui avait monté l’opération «Vive le Québec Libre» de De Gaulle avant de créer France-Acadie et France Louisiane…).
Notoirement financé par Rossillon, qui dispose de la fortune de son épouse (née Seydoux-Schlumberger), Crevelle lance des incursions spectaculaires en territoire italien qui seront appelées «blitz de Francité» dans la presse italienne.
Ainsi, toujours cagoulés (sauf Crevelle, qui signe et authentifie toutes les opération du groupe avec son propre visage), les militants de Francité s’attaquent aux néo-fascistes italiens du MSI de GianFranco Fini, notamment à leur siège valdôtain pris d’assaut par Francité devant les caméras de la RAI.
Dans le milieu des années 90, Francité forme le groupe action et le service d’ordre de l’Alliance Solidariste, fédération co-présidée par Gérard Bouchet (courant solidariste de gauche) et Alexis Arette-Landresse (ex FN, courant de droite). Rodolphe Crevelle, imposé par Gérard Bouchet, est le premier secrétaire général de cette Alliance Solidariste qui tente une dernière fois d’unir les deux versants peu conciliables du solidarisme.
Crevelle est alors secondé par le lyonnais Serge Lévy, officier parachutiste de réserve qui fait office de commandant opérationnel de l’organisation. A cette époque, Francité, forte d’une cinquantaine de membres et d’une centaine d’occasionnels, recrute toujours tous azimuts jusqu’aux militants de l’ultra-gauche laïque comme Nicolas Pommies, aujourd’hui un des principaux animateurs de Riposte Laïque chargé des relations internationales du regroupement MARS-Gauche Républicaine.
Le 15 septembre 1996, alors que Serge Levy parvient de son côté à soustraire son équipe à l’arrestation, Crevelle est arrêté, avec 15 autres solidaristes (dont trois femmes), par les forces anti-terroristes italiennes, à l’aube, dans le Val grisenche, une petite vallée perdue de l’autre côté du Col du Petit Saint-Bernard où Crevelle vient de proclamer l’indépendance du Val d’Aoste, le jour même ou la Léga Norte d’Umberto Bossi a proclamé de son côté l’indépendance de la Padanie. Cette année-là, la chambre des députés et le Sénat italiens, dans un rapport parlementaire (page 59), consultable sur internet, feront figurer Crevelle au hit parade des menaces terroristes pesant sur la péninsule.
Enfermé aussitôt dans la forteresse de Brissogne, mais pris sans armes, Crevelle sera finalement relâché avant d’être condamné à six mois d’emprisonnement, une condamnation à laquelle il échappera en se réfugiant en France dès le lendemain de son placement en liberté surveillée.
Le reste du groupe, dont Marie-Amélie Caillard, blonde égérie de Francité, sera libéré de Brissogne au bout de quelques jours. Le flop de l’indépendance valdôtaine marque la fin de Francité qui s’évanouit en 1997. Gérard Bouchet condamnera durement l’échec de Crevelle qui, de son côté, se remettra difficilement d’être débarqué par son gourou. Toujours aussi cruel, Bouchet nommera à la place de Crevelle, l’éternel homme de main de celuici, le boxeur Nicolas Vue… A partir de ce moment, on ne voit plus Crevelle à Saint-Julia de Gras-Capou, le mouvement solidariste sombre dans la déprime, Philippe Rossillon meurt en septembre 1997, Gérard Bouchet ne paye plus son loyer et voit même sa fidèle Anne-Marie Denis le quitter pour devenir libraire régionaliste à Soreze.
Un complot est bien terminé. Il aura duré trente ans.
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Aussitôt, Crevelle se reconvertit avec fracas dans la presse locale «trash». En 1999, il devient reporter et responsable de l’édition de Creil de l’hebdomadaire
départemental Oise-Hebdo où l’on retrouve également Laurent Latruwe, un militant d’extrême-droite propulsé par le directeur Vincent Gérard qui obtiendra finalement le départ de Crevelle, jugé trop à gauche dans une rédaction oisienne explosive et peu commune dans le paysage de la presse locale en France. A Creil, Crevelle avait retrouvé un autre solidariste, Jean-Christophe Canter, un ancien «Teckel» qui, à cette époque, partait à la conquête de Senlis.
Condamné à de multiples reprises pour des «délits de presse», Crevelle entame alors une carrière de journaliste à scandale et à procès… On retrouve plus tard la trace de Crevelle à la direction de l’hebdomadaire Le Grand Lille Standard où la police sera par deux fois contrainte, à la requête du directeur du quotidien la Voix du Nord, à retirer l’hebdomadaire de Crevelle des rayons des marchands de journaux.
Puis, on le retrouve une nouvelle fois à Oise-Hebdo, responsable cette fois de l’édition locale de Beauvais où, renouant avec l’activisme qui le démangeait visiblement encore, il traque le sérial killer Jacky Haddouche et organise les manifestations publiques de la famille de Léo Capon, une retraitée beauvaisienne assassinée par Haddouche en juin 2002.
En 2001, Crevelle épouse Ramlia Boufelka, une sage femme algérienne directrice du planning familial de Laghouat qui a fui le FIS et s’est exilée à Paris. Replié en 2004 à Deauville avec son épouse, Crevelle y édite le Scoop de la Côte, au prix de quelques gardes à vue retentissantes. Localement.
Le couple, sans enfants, aurait divorcé en 2008. Début 2006, Crevelle publie en kiosque la revue TransEurope dont la naissance, consacrée à «l’actualité des peuples oubliés d’Europe», est annoncée par Patrick Poivre d’Arvor lors de son journal télévisé. On retrouve sa trace à la fin 2006, quand Crevelle dirige à partir de la principauté d’Andorre, l’hebdomadaire gratuit Sud Journal distribué massivement de Toulouse à Perpignan grâce à des publicités récoltées par Antonia Escoda, présidente de la gauche autonomiste francophone du Pas de la Case et proche amie de Crevelle. A Toulouse, Crevelle a retrouvé l’avocat Serge Didier, ancien député, maire adjoint de Toulouse, propriétaire d’un hebdo local, ancien chef du service d’ordre solidariste de Gérard Bouchet, et devenu en s’enbourgeoisant l’homme lige de Dominique Baudis dont Sud Journal défendra naturellement l’innocence et la réhabilitation politique. SUD Journal de Crevelle est aussi le seul journal à dresser l’oraison funèbre émue de Gérard Bouchet, mort seul et oublié de tous dans un dénuement absolument digne de la dimension dostoïeskienne de son personnage, seulement hébergé dans une sous-pente par un
commerçant charitable de Revel qui avait vaguement entendu parlé de Bouchet comme d’une figure. La pleine page de Crevelle se conclue seulement par un étrange «Gérard… Bon Dieu… Gérard…» qui en dit peu, mais beaucoup à la fois, sur ce qui avait longtemps uni les deux «psychopathes».
C’est un article paru dans les colonnes de Sud Journal et intitulé «Mon voisin est une mosquée» qui ramène cependant Crevelle à la Une. En 2009, Il sera condamné à trois mois de prison ferme pour «Mon voisin est une mosquée», un article humoristique consacré à l’impact d’une petite mosquée de quartier sur ses proches voisins de la petite ville de Muret, au sud de Toulouse.
En 2007, Crevelle dirige l’hebdomadaire rural Le petit Journal de l’Aude où il publie «Chasse au blanc à Gruissan», article pour lequel il est une nouvelle fois poursuivi par la justice qui, par ailleurs, condamne son associé Alain Paga à une amende de 90 000 euros, ceci pour punir un autre article de Crevelle assimilant la CGT et le PCF à des «saboteurs de train»…
Fin 2007, on retrouve Crevelle à la tête de l’hebdomadaire trash «La Semaine de L’Hérault» qui s’étend de Béziers à Montpellier. Après deux années, la Semaine de l’Hérault aurait cessé sa parution.48
D’une première union avec une militante anarchiste rouennaise, Rodolphe Crevelle a eu un fils, Marc-Henri Crevelle, musicien de hard-rock aperçu en 2008 dans les milieux identitaires et membre d’un groupuscule rouennais qui serait lui aussi engagé dans le solidarisme.
Désormais orphelin de son maitre à penser, Crevelle est revenu une première fois à la politique au printemps 2009, quand il a fait paraitre à grand tirage national dans tous les kiosques de France, deux numéros d’un mensuel «trash politique» Actu France dans lequel il fustigeait le mouvement royaliste assimilé par lui à un «milieu de fins de race».
Aux dernières nouvelles, toujours sur la brèche du «solidarisme de gauche» dont, depuis la mort de Bouchet, il est probablement le dernier représentant avec le réseau endormi Boinet-Lemoult-Baudois, Crevelle, toujours sur la voie de l’irrédentisme et de la «grande France», serait en train de réactiver son Groupe Francité rebaptisé Groupe de solidarité Wallonie Française…
Un nouveau clin d’oeil crevellien à son public… Mais que vaut l’incontestable souffle de Crevelle, aujourd’hui, seul, sans la dureté de Bouchet ?
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Aujourd’hui entré dans la soixantaine, Yves Bataille, l’ancien rédacteur de la «Lettre de la Francité», n’est plus un obscur libraire rive gauche, un rien négligé, aux ongles sales et aux cols de chemise jaunis : il est une légende…
Un petit Che Guevarra… en tout cas un des rares «activistes en actes» guerroyant au nom du panslavisme anti-américain.
Souvent présenté en France dans les milieux d’extrême droite comme «géopolitologue», Bataille vit depuis plus de dix ans en Serbie où il a épousé l’espionne serbe Mila Aleckovic Nikolic, qui transforma aisément Yves Bataille en agent serbe «pour la vie»… Il faut dire que l’espionne étant jeune, blonde, jolie, et Bataille étant de toute façon pro serbe et anti-américain depuis longtemps, le travail ne fut pas difficile.
Fils de magistrat et petit-fils d’officier catalan de la Coloniale, Bataille, expliquait récemment , de nouveau sur un site d’extrême-droite, son engagement par l’enfance, par l’origine et l’aïeul : «Je tiens peut-être de ce dernier l’attrait des grands espaces. Descendants d ‘artisans catalans qui sous Louis XIV construisirent les défenses de Vauban sur la frontière espagnole au temps du rattachement du Roussillon à la France, les Bataille ont aussi un lien avec les Cardi de Sansonnetti, noblesse corse ralliée à la France avant même que la Corse ne devienne française. Par la famille de mon père, magistrat en Algérie puis en « Métropole », je suis un descendant du Général Mouton Duvernay, député royaliste de la Haute Loire rallié à Napoléon pendant les «Cent Jours » et fusillé sous Louis XVIII, et du Général La Fayette qui fut à l’origine de la création des Etats-Unis. Je suis un Français qui a passé sa prime enfance en Grande Kabylie et a fréquenté un temps le Collège de Jésuites de Notre-Dame d’Afrique d’ Alger. Un Français du dehors donc ce qui explique le nationalisme – qui a toujours gardé le lien avec la Mère Patrie même lorsque celle-ci le décevait profondément.
Au commencement de sa trajectoire, Bataille était militant nationaliste révolutionnaire au sein des GNR de François Duprat. Avec d’autres militants «NR» comme Gondinet ou Vatré, Bataille, influencé par Jean Parvulesco et Jean Thiriart, voulait alors infléchir le nationalisme révolutionnaire de Duprat vers un national-communisme auquel il donna d’ailleurs son premier bulletin français intitulé : Correspondance Européenne.
Puis, comme Crevelle, Yves Bataille fut au début des années 80 un agent de Philippe Rossillon. Yves Bataille effectua ainsi quelques voyages au canada, notamment auprès des métis de la Rivière Rouge qui intéressaient Rossillon au plus haut point puisque l’initiateur du «Vive le Québec libre !» voulait donner à ces 80 000 francophones rassemblés autour de la petite ville de Saint Boniface, une nouvelle épine française dans le pied du Canada…

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Ainsi, lancé sur la piste de Louis Riel, héros des métis de la Rivière Rouge, père du premier gouvernement du Manitoba, qui périt, à la fin du 19ème siécle, pendu après avoir conduit une remarquable chouanerie contre les «tuniques rouges», Yves Bataille crut lui-aussi au potentiel révolutionnaire du canada français…
Bataille n’a jamais caché à personne son engagement dans le «réseau Rossillon», un réseau avec lequel il communiait d’ailleurs totalement puisque, comme Rossillon lorgnant sur les masses chinoises avec admiration et envie, Yves Bataille fut toujours attiré par le national-bolchévisme… qui ne fut pas inventé par des hooligans russes mais par des ouvriers allemands dès 1919, puis théorisé par un belge, le fameux Jean Thiriart, ancien rexiste. Thiriart est le véritable maître à penser de Bataille même si celui ci professe aussi son admiration pour les bouquins de De Gaulle, Vilfredo Paretto, Georges Sorel et Jacques Bainville.
Manifestement, Yves Bataille a également lu dans son enfance les bandes dessinées de Blek le Roc, ce David Crocket à la mode franco-canadienne qui faisait les cauchemars de tous les «tuniques rouges» de sa majesté… Blek le Roc, crée en Italie, puis édité en France par les éditions Lug qui publieront l’intégralité des aventures de Blek. Tout d’abord en noir et blanc dans la revue de petit format Kiwi, puis dans la revue éponyme Blek où de nouveaux épisodes furent conçus par des pointures du genre : Jean-Yves Mitton, André Amouriq ou Ciro Tota, tous classés à droite. En 1988, des dessinateurs yougoslaves reprirent eux aussi le personnage.. Mais Yves bataille n’y était à priori pour rien !
Sous les ordres de Rossillon, Yves Bataille ne s’est pas contenté d’aiguillonner les métis de la Rivière Rouge du Manitoba, il a surtout été actif en Acadie où Rossillon, au cours des années 70, mena une partie serrée. En effet, quelques années avant de créer l’associaton France-Acadie qu’il finança pendant 20 ans sur sa seule cassette personnelle, Philippe Rossillon avait pris contact avec l’entourage de l’ancien premier-ministre du Nouveau Brunswick, Louis. J. Robineau surnommé «P’Tit Louis» dans toute la province où les francophones sont le peuple premier et constituent encore 40% de la population regroupée sur la cote nord.
Rossillon active ainsi, avec la bénédition de Robineau, le Parti acadien, officiellement fondé en 1972 sur une ligne de gauche, de libération nationale.
Le Parti Acadien veut créer une province acadienne, la onzième du Canada, en unissant six comtés majoritairement acadiens faisant arc entre Moncton et le comté forestier du Madawaska. Naturellement, les nationalistes acadiens calquent leur action sur celle du Parti québécois, et Euclide Chiasson, président du Parti Acadien est un jouet de Rossillon qui cherche ici à allumer un nouveau feu francophone dans la confédération canadienne. Entre 1974 et 1986, le Parti Acadien se présente à toutes les élections du Nouveau-Brunswick, culminant en 1978 à 12% des suffrages provinciaux, soit plus de 30% chez les francophones acadiens… C’est d’ailleurs au cours de cette campagne
électorale de 1978, que les agents de Philippe Rossillon comme Yves bataille masqué lui aussi au sein de l’association France-Acadie, seront les plus actifs en arrosant les candidats acadiens d’une pluie de dollars…
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A son retour du Canada, Yves Bataille édita un temps une Lettre de la Francité, toujours financée par Rossillon… Puis Rossillon finança encore les débuts de la librairie de voyage que Bataille tint jusqu’au milieu des années 90 dans une petite rue donnant sur la place de la contrescarpe, dans le 5ème arrondissement de Paris…
Bien que la librairie de Bataille fut initialement destinée à servir de couverture aux activités francitaires du réseau Rossillon, la permanence de l’engagement de Bataille sur le front du national-bolchévisme le coupa rapidement des cercles indépendantistes québecois de Paris qui lui préférèrent d’autres cercles autrement plus présentables. Des cercles de gauche.

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Source de l’image http://tantquillefaudra.org/actu/article/au-sujet-d-un-certain-rodolphe

Capture d'écran du compte du facebook de Rodolphe Crevelle qui se présente comme journaliste.

Capture d’écran du compte facebook de Rodolphe Crevelle qui se présente comme journaliste.