Réunion de partis néo-fascistes européens à Milan

Gabriac (portant un badge de l'OF), Benedetti et des militants d'Aube Dorée.

Le 20 décembre à Milan les représentants de nombreux groupes européens d’extrême droite radicale se sont réunis pour un “congrès de l’Alliance pour la paix et la liberté” (Alleanza per la Pace e la Libertà) à l’invitation de Forza Nueva (Italie).

Se sont retrouvés :

Democracia nacional (Espagne), le SvP, Svenskarnas Parti (Suède), British National Party, le NPD allemand, Aube dorée, ainsi qu’une délégation de l’Œuvre française.
Benedetti, Wyssa et Gabriac avait fait le déplacement ainsi qu’une poignée de ses militants niçois, proximité géographique aidante.

Ce congrès, un mois après “le réveil des nations” organisé par le GUD Paris à Nanterre, démontre une volonté de convergence entre groupes ultra-nationalistes européens. Ce pendant on peut aussi y entrevoir la division et la rivalité qui règnent au sein des groupuscules français de tendances nationalistes. En effet, successivement et donc à un moins d’intervalle, le GUD Paris soutenu par le clan Roudier, le MAS et Roland Hélie puis la clique Benetti/Gabriac tentent de donner l’image d’une portée européenne à leurs mouvements.
Benedetti et l’Œuvre française entretiennent historiquement des relations cordiales avec les nationalistes espagnols et italiens, elles sont plus récentes avec Aube dorée, mais restent un atout certain dans la rivalité qui les oppose aux autres clans nationalistes.

Rappel : Gabriac et Benedetti sont poursuivis pour maintient et reconstitution de ligue dissoute, ce qui n’entrave en rien leurs activités puisqu’ils arboraient encore les couleurs de la formation de Sidos ce 20 décembre.

Gabriac (portant un badge de l'OF), Benedetti et des militants d'Aube Dorée.

Gabriac (portant un badge de l’OF), Benedetti et des militants d’Aube Dorée.

Roberto Fiore, Maria Teresa Baldini, Olivier Wyssa (avec un badge de l'OE), Gonzalo Martin

Roberto Fiore, Maria Teresa Baldini, Olivier Wyssa (avec un badge de l’OE), Gonzalo Martin

Courrier international évoque cette rencontre dans un article :

Parmi les invités ayant confirmé leur présence, on compte : les Grecs d’Aube dorée, les Espagnols de Democracia Nacional, les Suédois du Svenskarnas Parti, le Britannique Nick Griffin, président du British National Party (BNP). La grande star de la réunion, toujours selon L’Espesso, sera Udo Voigt, élu au Parlement européen en mai 2014 sous les couleurs du NPD, le parti néonazi allemand. Invités par Force nouvelle, la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles ont décliné l’invitation. Le Front national (FN) ne devrait pas non plus se faire voir à Milan le 20 décembre.

Au menu du rassemblement : le destin de l’Europe. Et un mort d’ordre : NON à l’étranger, au multiculturalisme et à la monnaie unique. “Au désastre causé par la spéculation bancaire, ils [les députés européens, les hommes politiques en place ?] répondent en donnant davantage de pouvoir aux grandes banques et à la grande spéculation cosmopolite. Nous repoussons le modèle qui, à travers l’immigration aveugle du sud du monde, débouche sur une Europe multiethnique, multiculturelle, multireligieuse”, lit-on sur un tract en ligne du “congrès”.

De Jean Yves Camus sur Slate :

Depuis septembre 2014, un nouveau parti européen, l’Alliance pour la paix et la liberté (APF), rassemble diverses formations radicales d’extrême droite, dont deux ayant fait leur entrée au Parlement européen: le NPD allemand (néo-national-socialiste) et l’Aube dorée grecque. Le parti catholique et néo-fasciste italien Forza Nuova, qui n’a pas de siège à Strasbourg mais un dirigeant milliardaire, Roberto Fiore, fait également partie des fondateurs. C’est d’ailleurs Fiore qui préside l’APF, enregistrée comme une association de droit italien. Le mouvement vient de se réunir à Bruxelles le 4 février, dans l’enceinte même du Parlement et, ironie involontaire de l’administration européenne, dans la salle Anna-Politovskaya!

Dans le groupe des visiteurs figuraient, outre Fiore, des élus de l’Aube dorée, le député européen NPD Udo Voigt et un avocat russe, Mikhail Kusnetsov. Ce qui tend à montrer qu’à Moscou, on ne s’intéresse pas seulement à l’Alliance européenne pour la liberté (à laquelle appartient Marine Le Pen) mais à des initiatives beaucoup plus à droite et même opposées à toute «dédiabolisation», puisque les partis membres d’APF défendent une ligne clairement «antisioniste» et même plus.

Dès lors, une question surgit: lorsque le site de l’APF publie un discours du ministre russe des Affaires étrangères sur la question ukrainienne et un appel lancé à l’Europe pour qu’elle arrête la «nouvelle guerre froide américaine et la politique de confrontation de l’Otan», est-ce le parti qui fait la cour à la Russie ou certains milieux russes qui ont décidé d’utiliser le mouvement comme canal d’influence? Quand l’APF invite à construire un «espace commun eurasiatique d’échanges, de l’Atlantique à Vladivostok», faut-il comprendre que les milieux eurasistes russes veillent sur le nouveau parti?

Sur le sujet :

en Italien http://espresso.repubblica.it/attualita/2014/12/17/news/l-internazionale-nera-si-ritrova-a-milano-1.192245?ref=HEF_RULLO

sur le meeting de Nanterre http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/13/jour-extreme-droite-neonazis-europeens-sont-reunis-a-nanterre-256548

Pour appronfondir http://naufrageur.fr/vous-allez-a-lyon-ce-week-end-allez-donc-faire-un-tours-au-nouveau-local-de-jeune-nation/ et http://www.slate.fr/story/94893/oeuvre-francaise

Extrait de “Les chevau-légers de la francité”, avec un portrait de Rodolphe Crevelle

Rodolphe Crevelle (en chemise blanche) avec Roudier et la ligue du midi.

Rodolphe Crevelle (en chemise blanche) avec Roudier et la ligue du midi.

Ce texte est un extrait de “Les chevau-légers de la francité” de Jacques Schepmans.

Lire ici l’explication.

Décidément, plus personne ne fera jamais de la politique comme Phillippe Rossillon… Philippe Rossillon nait à Boulogne en 1931 dans une famille de la bourgeoisie protestante. Rossillon est un révolutionnaire. Il baptisera ses deux fils Kléber et Marceau… Il sera un temps séduit par le maoisme. Brillant diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’École nationale d’administration (promotion Albert-Thomas, 1953-1955), Philippe Rossillon entre dans le réseau patronal «national et social» constitué de jeunes polytechniciens et cadres de la banque Worms, issus du groupe de pensée «XCrise», né après le crack de 1929. Un cercle qui financera le PPF, aura quelques ministres sous pétain comme Pucheu ou François Lehideux (gendre de Louis Renault), ou Georges Albertini. Les autres collaborationnistes de Vichy lui feront un grand honneur en le baptisant «Synarchie».
Tout comme Jean-Pierre Chevennement qui épouse Nisa Grunberg fille d’un dirigeant de la banque, Rossillon entre dans le cercle par la grande porte de la mairie, quand, au milieu ds années 50, il épouse Véronique Seydoux, la fille de René et la petite fille de Marcel Schlumberger, lui aussi un polytechnicien du groupe X.Crise… En 1996, la revue américaine Forbes évaluera la fortune de Véronique Seydoux à quatre milliards de dollars américains…
Mais Rossillon n’est pas entré dans le sérail pour y pantoufler, ni toucher des jetons de présence. Il y est entré pour en être le champion… Le bras armé, l’idole, ou sinon rien…

A la fin des années 50, sorti de l’Ena en 1955, Rossillon commence tout de même par tâter au commerce, ou à faire semblant, et part pour l’amérique du Nord, à Montréal. En 1958, à l’École des hautes études commerciales, avenue Viger, à Montréal, le directeur François-Albert Angers présente à Philippe Rossillon qui le lui a demandé, un bon gros jeune homme qui ne fait pas encore vraiment de politique. «Écoutez, votre bureau est très grand, on va coller deux bureaux face à face et ce monsieur travaillera avec vous quelque temps. », lance le directeur à Jacques Parizeau, le futur premier ministre du Québec qui, trente ans plus tard echouera d’un cheveu à faire proclamer l’indépendance du Québec…
Car Rossillon, qui cherche une cause révolutionnaire et nationale à sa mesure vient d’en trouver une : ce sera le Québec, et même toute l’américaine française.
A partir de cet instant, déjà surveillé par les srvices de contre espionnage canadiens, Rossillon se fait missionnaire de la civilisation française à travers le monde nord américain et impénitent gaulliste de gauche.
Quelques mois plus tard, début 1959, Rossillon rencontre Bernard Dorin, un jeune attaché d’ambassade. Les deux jeunes hommes se trouvent une foule de points communs et décident de sceller désormais leur vie à l’émancipation du Québec. Aucun des deux ne trahira jamais son serment… Leur complot sera intense et on en parle encore…
A son retour de Montréal, Rossillon, qui rearde aussi vers le monde méditerranéen et l’Algérie en guerre, fonde à son tour un autre groupe qui continuera l’oeuvre de X-Crise. Cette fois, il fonde Patrie et Progrès un groupe national et social prônant une sorte d”élitisme technocratique au service des masses populaires… L’opération est financée par ses beaux-parents René Seydoux et Geneviève Schlumberger. Patrie-et-Progrès sera rejoint par d’autres énarques comme Jean-Pierre Chevennement, Alain Gomez, Philippe Malaud, Didier Motchane… et même par des belges comme le fransquillon de Flandres Luc Beyer qui sera plus tard député en Belgique et présentateur du Journal télévisé de la RTB…
Pendant ce temps, Rossillon est entré au Ministère de la Coopération. C’est le poste idéal pour avoir tous les rétextes de se rendre le plus souvent au Canada français…
Durant les années 1964 à 1968, Rossillon visite le Québec, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba à plusieurs reprises, officiellement pour marquer l’appui de la France à plusieurs institutions culturelles, officieusement pour encourager le mouvement de prise de conscience politique des français d’Amérique du Nord. Pour cela, Rossillon distribue régulièrement des dons en argent et en nature à des institutions culturelles francophones. Quand ce n’est pas l’argent de la France qu’il distribue, c’est le sien et quand ce n’est vraiment pas suffisant, c’est celui de sa femme ! Notamment à Saint Boniface, dans la petite communauté des métis francophones de la rivière Rouge dont Rossillon finance entièrement la première radio..
A cette époque mystérieuse de sa vie, Rossillon recrute à tours de bras et impressionne…
Ainsi, en 1964, l’écrivain et journaliste québécois Jean-Marc Léger, indépendantiste résolu, premier directeur de l’Office de la langue française du Québec, décrit un véritable possédé : «Le plus engagé, le plus impétueux”
Philippe Rossillon en 1959, sur un plateau de télévision où il débattait avec Raymond Aron du destin de l’empire colonial..
le plus audacieux aura été Philippe Rossillon, qui était présent sur tous les fronts et n’hésitait pas à agir à visière relevée et à mettre en jeu sa propre carrière.
J’ai été tout de suite impressionné par la qualité de son information, sa franchise et sa façon d’aborder, d’attaquer les problèmes de fond (et de front!), son humour, enfin, et son sens de la formule imagée, inattendue. Il y avait chez lui à la fois du condottiere et du croisé, de l’apôtre et du guerillero, l’abbé Pierre et Che Guevera mâtinés de Pierre Daninos ou de Desproges».
A Paris, plus exactement dans le Paris officiel, tout le monde n’est pas dupe.
Le 12 novembre 1964, le premier-ministre Pompidou, en personne, met en garde Alain Peyrefitte contre Rossillon, «qui mène une action clandestine», se souvient l’ancien ministre dans son livre «C’était de Gaulle». Le 31 août 1967, Pompidou, décidément iquiet d’être si manifestement tenu à l’écart de l’affaire québecoise par de Galle, se fait encore plus pressant lorsqu’il s’agit de la mission québécoise confiée par de Gaulle à Peyrefitte : «Je ne vous
recommande pas d’emmener Rossillon. C’est un extrémiste !»
Pourtant Rossillon viendra. Puisque c’est De Gaulle qui l’impose, comme il l’a imposé deux ans plus tôt au poste de rapporteur du Haut comité pour la défense et l’expansion de la langue française. Dans le même temps Bernard Dorin a é été chargé par De Gaulle de dresser le programme de la coopération France-Québec réclamée par le Général.
Rossillon et Dorin travailleront intensément, sous l’autorité lointaine de Peyrefitte, à une véritable bombe politique prévue pour exploser à l’occcasion de l’exposition internationale de Montréal… Xavier Deniau et des diplomates tel que Jean-Daniel Jurgensen, se agrégé à la petite équipe dont l’ambition est désormais très claire pour tous : l’émancipation nationale du Québec Leur plan est diabolique puisqu’il vise avant tout un fort effet sur l’imaginaire.
Rossillon a donc décidé que cette visite gaullienne ne resemblerait à aucune autre…

***
Le 15 juillet 1967, Charles De Gaulle est à Brest pour embarquer à bord du Colbert, le croiseur amiral de la flotte de l’Atlantique. C’est une idée de Rossillon. Ottawa a multiplié les petites difficultés en espérant que le général renoncerait au voyage. Peine perdue. Et comme pour marquer encore plus sa volonté, De Gaulle accepte Rossillon accepte le lan de Rossillon. Pour ne pas avoir à entrer au Canada par l’Ontario, ce que l’avion et le protocole auraient exigés, De gaulle viendra par la mer ! Huit jours sur le Colbert. C’est le prix à payer pour arriver d’abord au Québec, où De Gaulle considère qu’un “morceau du peuple français est installé, enraciné, rassemblé”.
Après une courte halte aux îles de St-Pierre-et-Miquelon, le Colbert entre dans les eaux canadiennes. Deux frégates canadiennes l’escortent et un officier de liaison canadien, le commandant Plant, embarque à bord du Colbert.
Il ne parle pas français. Le gouvernement canadien veut ainsi signifier à De Gaulle qu’il pénètre dans un pays Anglais…
L’entrée de la flotille dans l’estuaire du Saint-Laurent, là où le fleuve se resserre enfin et se fait appeler «Chemin du Roy», est une surprise… Qui sont ces milliers de gens sur les berges ? On entend leurs cris lancés vers le coiseur..
«Vive de Gaulle !», «On vous attendait !», «Vive le Québec libre !» «Indépendance !», «Vive la France !» , «Vive de Gaulle !»… Le viel homme n’en croit pas ses oreilles. Les réseaux préparés par Rossillon depuis dix ans, s’époumonnent, montrent des pancartes, trépignent de joie… Et c’est communicatif car la «claque» finit par entrainer des dizaines d emilliers de québécois sur les berges… La croisière prend un visage de triomphe avant même que la visite ait vraiment commncé et que De Gaulle ait posé un pied sur le sol du Québec. Le 23 juillet, c’est l’arrivée au pied de la Citadelle de Québec. Encore une fois, Ottawa veut humilier son invité avec, pour le recevoir, une garde d’honneur en tuniques rouges et bonnet d’ourson à poils noirs. On ne peut imaginer un uniforme plus Britannique. La foule, elle, a choisit son camps et ovationne
quand la musique militaire canadienne joue La Marseillaise..
Le soir même, lors d’une réception officielle au Chateau Frontenac de Gaulle, galvanisé et sans plus aucun frein à son émotion, s’adresse aux invités et au premier ministre Daniel Johnson: “On assiste ici, comme en maintes régions du monde, à l’avènement d’un peuple qui, dans tous les domaines, veut disposer de lui-même et prendre en main ses destinées….Cet avènement, c’est de toute son âme que la France le salue”
Le lendemain il entreprend son voyage vers Montréal en suivant le “Chemin du Roy”. La foule est nombreuse et présente tout au long de la route. La Marseillaise est entonnée à chaque arrêt et on agite des pancartes portant la mention “Québec libre!”. L’affaire est faite. De Gaulle galvanisé par les foules amassées sur les
berges puis sur les routes du Chemi du Roy avec des panacartes nationalistes payées par Rossilllon aux indépendantistes et sgagné par son propre lyrisme…
Rien ne l’arrêtera plus.
A son retour, De Gaulle saura remercier Rossillon en lui confiant la présidence du Haut Comité de la langue française; poste où Rossillon multiplie les voyages en Wallonie, en Suisse mais surtout au canada français…
Ces voyages agacent tant les canadiens qui les observent et se plaignent de versements de plus en plus importants aux indépendantistes québecis, qu’en 1968, Pierre-Eliot Trudeau, le nouveau premier ministre libéral du Canada, ne peut contenir sa rage. Convaincu que «Rossillon fait plus que distribuer des albums Astérix aux enfants». Pierre Elliott Trudeau accuse publiquement Rossillon d’être un espion. «La présence ici d’agents étrangers peut causer un ressac dans les provinces anglaises (…) Nous sommes étonnés qu’un agent du gouvernement français soit venu au pays sans la connaissance du gouvernement canadien. Sans se formaliser de la visite en tant que telle, il faut dire que cette approche peut brouiller le progrès que nous voulons réaliser. Je crains que des non canadiens français se rebiffent contre ce genre d’initiative.», déclare alors le premier-Ministre canadien à la télévision canadienne au sujet de Rossillon qui, du coup, est invité par Pars à mettre un bémol…
Même si Rossillon ne jouit pas de la faculté d’être, comme le chevalier d’Éon, tantôt un homme, tantôt une femme, le métier d’agent automissionné qu’il pratique fascine Parizeau, le chef des indépendantistes québécois, le vieil ami de Rossillon.
Incontestablement, c’est à voir Rossillon vivre et agir que Parizeau s’est forgé un idéal et une volonté sans faille qui le conduiront, lui aussi, au goût des opérations secrètes, puis au pouvoir à Québec.
Rossillon n’oublia pas non plus La France. De 1965 à 1984, au cas où il lui faudrait devenir député, il se fit élire maire de la commune de Beynac-et-Cazenac, en Périgord non loin du château de Marqueyssac, la propriété de sa femme. Pour Rossillon, les tous dernièrs instants du gaullisme sont un temps de cocagne. Il a une réputation mystérieuse, une aura, et, ses postes importants au ministère de la Coopération et aux Affaires étrangères, lui permettent certaines exentricités, comme celle qui lui permis un jour d’inviter la chanteuse québecoise Pauline Julien au sommet de la francophonie de Niamey où, naturellement, devant des africains médusés, la chanteuse passionnaria se leva plusieurs fois pour crier dans une ambiance de mort : «Vive le Québec libre!».

***
Quand les années 60 s’achevent, Rossillon connaît deux grands malheurs : De Gaulle a quitté le pouvoir et meurt quelques mois plus tard, et puis l’infatigable
«coureur des bois» moderne commençe à sentir les premiers maux de la sclérose en plaque qui allait le tenir pendant trois décennies encore.
Sous Pompidou, qui ne l’aimait pas, Rossillon termina sa présidence du Haut Comité de la Langue française en 1973; et puis il changea sa manière de faire de la politique. N’ayant pas pu faire de révolution prolétarienne et nationale, n’ayant pas pu bâtir une république de plus sur la terre, Philippe Rossillon se mit à faire de la politique comme un prince florentin. Juste pour ne pas s’ennuyer. Et avec son propre argent. Cela dit, au début des années 70, la patte de Philippe Rossillon est encore visible dans, une série d’actions-chocs menées par le Groupe Bélier tentent de forcer le canton de Berne et la Confédération à trouver une solution au problème jurassien (action des « objecteurs-patriotes » qui se débarrassent en public de leurs effets militaires, dès mai 1968 ; occupation de la préfecture de Delémont, juin 1968 ; irruption dans la salle du Conseil national lors de l’élection du président de la Confédération Ludwig von Moos, en décembre 1968 ; construction d’un mur fermant la porte d’entrée du Rathaus à Berne, en 1971; invasion de l’ambassade de Suisse à Paris, en 1972, et l’année suivante à Bruxelles.

Dans son livre “B comme Barbouzes”, paru en 1975 aux Editions Alain Moreau, Patrice Chairoff prétendait que Rossillon appartenait aux services parallèles de M. Foccart, le numéro 1 de la “barbouzerie” sous le règne d’un général de Gaulle, qui ne détestait pas les incartades du genre “Québec libre”.
En 1976, Philippe Rossillon crée l’association France Acadie/Amitiés acadiennes et puis France-Louisiane en 1977. Toujours sous la surveillance des services secrets de la gendarmerie Royale canadienne GRC qui n’hésite pas jusqu’à voler le sac à main de Louis Baudouin, la future minsitre québecoise, qui accompagnait Rossillon lors d’une tournée en Acadie où Rossillon apportont encore une fois des fonds français pour sauver “L’Evangéline», le quotidien francophone d’Acadie, Ceci dit, en 1980, le référendum manqué au Québec vient sonner le glas del’aventure francitaire,au moins dans sa dimension politique sérieuse. Rossillon s’impliquera un moment en Wallonie, notamment en finançant, à Bruxelles, le Front Démocratique des Francophones FDF du social-chrétien Lucien Outers, éditeur du couteux hebdomadaire «4millions4». Rossillon offrira même une résidence secondaire à Lucien Outers dans le village périgourdin dont il était le maire, ceci afin que les deux hommes planchent chaque été sérieusement sur la question belge…
En 1983, Philippe Rossillon sort enfin de son sillon francitaire où rien n’a vraiment poussé pour lui. Il prend la direction de l’Union Latine, une association internationale tombée en désuétude et qu’il va remettre sur pied, toujours avec la fortune de sa femme, créant à Paris un cinéma (le Latina), une radio (Radio Latina) etc… Jusqu’à sa mort, en 1997, Philippe Rossillon trainera sa sclérose en plaque… On parla encore de sa patte dans les opérations du Groupe Francité en Val d’Aoste, où Rossillon cultivait l’amitié de Mario Andrione, le bouillant président francitaire de la Région autonome… Et puis, la neige du canada, les mélopées des indiens de la rivière Rouge, les rugissements de l’Atlantique à Caraquet, le bruit des grosses larmes de René Lévesque, les cris de Pauline Julien et, surtout, ceux de la foule au passage de De Gaulle sur le Chemin du Roy… tout cela se mélangea dans son dernier soupir.
Aujourd’hui, l’Union Latine se porte bien. Trente-trois états y adhèrent. France-Acadie existe encore sous la présidence de Bernard Dorin qui n’a rien changé à la force de son serment…
Il n’y a que le fils ainé de Philippe Rossillon qui se porte mal. A 54 ans, Kléber Rossillon, vient de perdre le plus gros de ce qui lui restait de fortune dans la banqueroute de la bansque Madof, en jouant sur la sicav Luxalpha…
Pourtant, bien que polytechnicien dans la plus pure tradition familiale «Schlum», Kléber Rossillon ne s’occupait sagement que des jardins de son château du Périgord et de la gestion du château de Langeais, en Touraine.
Kléber Rossillon a porté plainte contre sa banque, la BNP, mais la BNP c’est un peu comme les anglophones du canada, cela ne cède pas comme cela..

Après l’énarque activiste Philippe Rossillon, qui s’attaqua seul à l’unité canadienne, après Bernard Dorin et Xavier Deniau qui portèrent le complot du Québec libre jusqu’au sommet de la République, il faut maintenant évoquer le cas d’un autre condottiere de la «Francité», un condottière aux mains plus sales : Rodolphe Crevelle, agent notoirement financé par Philippe Rossillon, comme le fut également Yves Bataille (P.51) dont la «Lettre de la Francité» fut longtemps soutenue par Philippe Rossillon et continuée par Crevelle sous le titre «Lettre de la Grande France».
Traiter du cas assez original de l’agitateur Rodolphe Crevelle nous permettra aussi de croiser la trajectoire d’un autre possédé d’envergure : Gérard
Bouchet, ce «psychopathe du complot», comme le surnommèrent les magistrats qui le jugèrent et l’envoyèrent passer quelques années à la centrale de Clairvaux en 1962.
Né en décembre 1955, ancien élève du Lycée André Maurois de Deauville, Rodolphe Crevelle fait apparemment ses premières armes politiques en 1975, au sein de la mouvance anarchiste, plus précisément dans l’organisation révolutionnaire anarchiste ORA (future Organisation communiste libertaire OCL) qui encadre les «autonomes» de Caen et Rouen. Crevelle est le principal meneur des fameuses descentes de «récupération personnelle» qui ravagèrent en 1976 la rue d’Amsterdam, après avoir été mobilisées à l’aide de convocations sybillines passées par Crevelle dans la rubrique petites annonces du quotidien Libération…

Rodolphe Crevelle
En 1979, Crevelle, dont l’activisme débridé heurte le fond pacifiste des libertaires, publie un court mémoire sur Léon Bourgeois, le ministre radicalsocialiste de la IIIème république qui, en tout premier, théorisa le solidarisme comme doctrine alternative au marxisme. Crevelle ne tarde pas à rejoindre le courant de gauche du Mouvement Solidariste Français (MSF) de Gérard Bouchet. Un mouvement exsangue. Catholique progressiste recrutant cyniquement chez les nationalistes et révolutionnaires de tous bords, Bouchet inspire la doctrine solidariste en véritable «gourou», préconisant un anti-stalinisme virulent mais appuyé néanmoins sur un parti-pris ouvertement anticapitaliste sous la bannière de la «doctrine sociale de l’Eglise». Au fil des ans, Crevelle donnera, à ce qui fut souvent comparé à une secte gauchiste frayant dans les ruisseaux de l’extrême-droite, son sens aigu de l’agit’prop appris et mis en pratique dans les squats autonomes de l’ORA. Cependant, en ces derniers mois du MSF, au moment où il arrive dans un mouvement progressivement déserté par toutes ses figures historiques comme Pierre Sergent, Crevelle se fait discret. Il ne participe pas aux dernières opérations du MSF bloquant la ligne du Paris-Moscou..
A cette époque, Gérard Bouchet est engagé à fond, avec Philippe Lemoult et Francis Bergeron, dans la solidarité active avec les polonais de Solidarnosc, le seul mouvement solidariste connu du grand public dans l’histoire.
Ancien activiste OAS mais intellectuellement soumis à la ligne du quotidien catholique La Croix; apôtre paradoxal d’une sorte d’extrémisme armé mis au service d’une vision sociale-chrétienne au patriotisme tempéré, Gérard Bouchet refusera, fin 1977, le ralliement au Front National de son mouvement de jeunesse (le GAS), de ses principaux cadres nationalistes (Jean-Pierre Stirbois, Michel Collinot, Jean-Claude Nourry, formant l’Union Solidariste), et du courant traditionaliste-chrétien du MSF (Bernard Anthony et le noyau premier de ce qui deviendra Chrétienté-Solidarité…).
Le coté «catho de gauche» de Gérard Bouchet l’empêchait, semble-t-il, d’admettre que l’avenir du nationalisme était dans cette extrême-droite pourtant fréquentée par lui au cours de ses années de jeunesse à l’AF, avant que Gérard Bouchet ne suive, jusqu’à l’OAS et jusqu’au mitraillage frénétique de tous les bars arabes de Toulouse, le petit réseau MRP qui accompagna le ministre démocrate-chrétien Georges Bidault dans sa politique pro «Algérie française»…
Deux ans plus tard, 1979, Gérard Bouchet est une nouvelle fois abandonné, mais cette fois par ses derniers fidèles du «courant solidariste authentique».
Ceux-là, après le suicide de leur camarade Alain Escoffier qui s’est immolé dans les locaux de la compagnie soviétique Aéroflot, quittent Boucher pour rejoindre l’activisme humanitaire anti-communiste prôné par Alain Boinet, Philippe Lemoult, et Laurent Maréchaux (le futur écrivain). Tous trois fondent l’ONG «Solidarité» dont les premières missions auront encore un fort caractère anti-communiste, puisque Philippe Lemoult était l’organisateur des fameuses distributions de tract organisées entre 1978 et 1980 par le MSF sur la Place Rouge à Moscou….
Chef abandonné, décrié pour la cruauté de son caractère, accusé par certains Gérard Bouchet (François Duprat) d’avoir donné à Escoffier l’ordre de son sacrifice, Bouchet se replie provisoirement, comme Bernard Anthony, à l’intérieur du Groupe pharmaceutique Fabre à Castres. Il n’est plus alors suivi que par deux cadres du MSF, deux militantes issues de l’extrême gauche : sa propre compagne Anne-Marie Denis et Sylviane Baudois, journaliste au Monde et future directrice, dans les années 2000, de Satiricon, le journal satyrique de la gauche toulousaine (Baudois est également toujours liée au réseau des anciens solidaristes constitué autour de Médiation.net de Philippe Lemoult et l’ONG Solidarité d’Alain Boinet).

***
En 1980, Rodolphe Crevelle, avec une poignée de nervis solidaristes rouennais et parisiens, tels que le boxeur Nicolas Vue, forme le groupe Année Zéro qui, à la frontière de la politique et du droit commun, représentera désormais le toulousain Gérard Bouchet à Paris, dans le milieu étudiant et «jeunes activistes» où Gérard Bouchet est grillé mais où prolifèrent, sur le même registre qu’Année Zéro et son «solidarisme de gauche», des bandes politiques aussi pittoresques que le fameux «groupe des teckels», cinq jeunes bourgeois parisiens du GAJ réunis autour de Jean-Christophe Canter (l’actuel maire UMP de Senlis) perpétuellement armés de marteaux et connus pour être, certes petits, mais méchants, et fiers de l’être…
Ancien autonome, bon orateur et «révolutionnaire permanent» agissant depuis sa librairie rouennaise «Le livre d’Histoire», Crevelle est tout désigné pour prendre la direction du groupe.
Au début des années 80, Année Zéro est invitée par Gérard Bouchet, admirateur passionné de la méthode «entriste» de Léon Trotsky, à infiltrer le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) de Jean-Gilles Malliarakis, qui se présente lui aussi comme solidariste, mais d’extrême droite. Il s’agit pour Bouchet de recruter au MNR une nouvelle génération de militants activistes.
A cette époque, les consignes venant de la villa-forteresse louée par Bouchet à Saint-Julia-de-Gras-Capoue, sont chaque année un peu plus rares, et Crevelle n’est jamais aperçu dans le Lauragais.
Année Zéro édite alors un maigre bulletin intitulé Rupture, qui doit être distingué du mensuel Jeune Nation Solidariste, dirigé par Bertrand Burgalat apôtre de la transformation du MNR en mouvement de «Troisième Voie», après avoir incarné un moment un projet d’entrisme solidariste au sein du CERES de Jean-Pierre Chevennement. Bertrand Burgalat, fils de préfet et mari de l’actrice Valérie Lemercier, est aujourd’hui un célèbre musicien-producteur electro. Dans le même temps, Année Zéro infiltre d’autres groupes nationalistes comme l’Action Française ou la Garde Blanche légitimiste fondé par Crevelle semble-t-il dans le seul but d’y recruter des scouts catholiques pour le réseau Bouchet, lui même ancien d’AF et proche de Nicolas Kayanakis, plus tard secrétaire général de l’AF dans les années 90.
En 1984, en désaccord avec l’activisme échevelé de la section solidariste rouennaise obéissant à Crevelle, Etienne Lavigne (officier parachutiste de réserve, aujourd’hui directeur du rallye Paris-Dakar) et quelques autres militants quittent Année Zéro pour rejoindre en afghanistan Alain Boinet et son organisation humanitaire anti-communiste «Solidarité» engagée auprès du Commandant Massoud que «Solidarité» ravitaille régulièrement en coupures de vrais dollars…
En 1985, sur RLP (Radio Le Pen, qui émet sur une bande enregistrée consultable par téléphone…), Jean-Marie le Pen, averti par la police d’un complot contre sa vie, tient à prendre les devants publiquement en annonçant que Rodolphe Crevelle se prépare à l’assassiner. Selon Le Pen, c’est Bouchet le commanditaire. En effet, Bouchet est redouté par ses anciens disciples Stirbois et Collinot qui décrivent au président frontiste un véritable forcené. Il faut dire que Bouchet passe les premières années triomphantes du lepénisme à préconiser inlassablement l’élimination révolutionnaire de Le Pen. Mais la dénonciation par Le Pen du projet solidariste se fait sans preuve car, pendant toutes les années 80, Bouchet et son braqueur Crevelle n’ont jamais été aperçus ensemble et nul n’a pu prouver leurs contacts au plus chaud des actions d’Année Zéro…
En 1986, Rodolphe Crevelle, chargé de financer, via Année Zéro, une éphémère tentative de «MNR maintenu» (qui aurait été naturellement ramené sous le contrôle de Gérard Bouchet), est arrêté et emprisonné pour une série de onze attaques à main armée dans des bureaux de poste et supermarchés, en compagnie de deux de ses militants rouennais.
Par la suite, Crevelle sera transféré de Fleury-Mérogis à la prison de Fresnes. En effet, au bâtiment D2 de Fleury, Crevelle formait un trio trop remarqué avec les frères Claude et Nicolas Halphen, deux des six tueurs d’Action Directe arrêtés après la fusillade de l’avenue Trudaine. Condamné à cinq ans de prison par la cour d’assises de Nanterre, Crevelle sort de la prison de Fresnes début 1990 et renoue un an plus tard avec le militantisme solidariste.
C’est à ce moment-là que Bouchet et Crevelle commencent à participer aux mêmes réunions et conférences; et que Crevelle fréquente la grande villa lauragaise que Gérard Bouchet loue à Saint-Julia-de-Gras-Capou (31) pour y vivre une existence recluse de «Trosky au Mexique»…

***

En 1991, Rodolphe Crevelle fonde le Groupe solidariste «Francité», dont il prend la direction opérationnelle, cette fois encore sous le contrôle idéologique de Gérard Bouchet qui, toutefois, apparaît dans l’organigramme uniquement comme formateur du groupe, invitant seulement chaque nouvelle recrue à passer une semaine, seule en tête à tête, avec le vieux doctrinaire.
C’est au contraire Philippe Malaud (1925-2007), ancien ministre du Général De Gaulle, qui prend la présidence honorifique de l’organisation et participera même à quelques opérations d’agitation en val d’Aoste. Avec Crevelle, le groupe est taillé pour naviguer à son aise au sein du milieu international de la «francité» militante où, du Québec à la Wallonie, en passant par le Jura du Groupe terroriste Bélier, toutes les organisations francitaires sont classées à gauche. Crevelle adapte le solidarisme à la solidarité des peuples et Philippe Malaud apporte, malgré sa présidence d’honneur du CNI, la caution «ministre du Général de Gaulle» qui constitua toujours le véritable sésame dans ces milieux jamais oublieux du «Vive le Québec Libre».
En effet, ces cercles et mouvements du Québec, de Belgique, d’Aoste ou de Suisse (parfois importants et au pouvoir) ont toujours été principalement relayés en France par les «gaullistes de gauche» (comme Rossillon) ou les «gaullistes tout court», comme Malaud qui, comme son ami Rossillon, fut lui aussi membre du très mythique groupe «Patrie et Progrès», ce complot intellectuel intense regroupant en 1961 de jeunes «enarques kémalistes» tels que Chevennement, Gomez, Motchane, Rossillon, Malaud, qui voulaient unanimement interdire l’islam en Algérie au pas de charge, retirer tous les voiles et toutes les jellabas, mettre tous les fellaghas en costumes, et assimiler les
arabes à coups de modernité socialiste forcée, afin de conserver l’Algérie à la République au train d’une assimilitation «express».
Au départ, Francité s’implique dans les milieux rattachistes wallons. Rodolphe Crevelle et Jacques Borde (ancien membre du pompeux «Conseil solidariste de la révolution» du MNR) conduisent ensemble la manoeuvre en organisant dès 1993 à Paris les premières conférences du mouvement wallon (Wallonie Libre, Solidarité Wallonie-Bruxelles, Retour à la France) où pourront ainsi s’exprimer pour la première fois en public en France : Jacques Rogissart, Maurice Lebeau, Max Evrard, qui incarnaient alors le combat rattachiste dans ses principales variantes.
Francité édite un bulletin : «La Lettre de la Grande France» largement diffusé dans les milieux rattachistes wallons et au Jura.
Décembre 1992, les militants solidaristes de Crevelle, logés dans des appartements de sport d’hiver défient la police andorrane et les services français et espagnols qui les traquent. Francité couvre les vallées d’Andorre d’affiches hostiles à l’abandon du statut médiéval et à la fin de l’influence française directe et absolue sur la co-principauté. Crevelle et son ami Sixte-Henri de Bourbon-Parme (voire p.107) rejoignent le petit groupe de francophiles qui mène campagne contre le référendum de mars 1993. Derrière Antoni Ubach directeur de la sécurité sociale andorrane formé à Sciences-Po de Paris, Martina Camiade, universitaire perpignanaise et éditrice catalaniste, a pris le contrôle de la paroisse francophile de Canillo.
Le parti francophile des trois «paroisses hautes» mène ainsi une campagne de brouillage politique que personne n’attendait, et n’était, surtout, prêt à
accepter. Cependant, le 14 mars 1993, les francophiles andorrans ne rassemblent que 25% des suffrages derrière le Non. lls le payeront cher. Antoni Ubach et Martina Camiade sont aussitôt arrêtés sous prétexte de détournements de fonds dans leurs activités respectives. Camiade passera quelques mois en prison. En ce qui concerne Antoni Ubach, ce sera plus sérieux puisque l’ancien diplômé de science-Po Paris sera détenu plusieurs années dans une prison barcelonaise où l’Etat andorran (ne disposant que d’une dizaines de geôles médiévales situées sous le Conseil général des Vallées) l’avait «confié» aux bons soins de l’Espagne. Antoni Ubach ne sera jamais
réhabilité malgré ses nombreux recours devant la cour européenne des Droits de l’Homme. Quant à Crevelle, recherché mais pas pris, agissant en ces années-là sous le pseudonyme de Marc Dorcet, il deviendra rapidement la marotte picaresque des intellectuels andorrans qui vont, comme le peintre francophile Sergi Mas et son «cercle des artistes andorrans», construire dorénavant la légende locale de Crevelle considéré comme le nouveau Boris Skossireff, un autre possédé.
Quelques semaines plus tard, de retour en France, Crevelle, rejoint par une trentaine d’étudiants «royalistes anti-fascistes» conduits par Stéphane Tilloy qui les fait guerroyer dans les rues de Paris contre le GUD, organise, avec le paysan gersois Jean Jegun, la logistique du second blocus de Paris décidé par la Coordination Rurale de Jacques Laigneau que Gérard Bouchet, cette fois encore associé à Alexis Arette Landresse, vient de recruter dans son ultime réseau insurrectionnel, au coté du très controversé Christian Poucet (CDCA) qui sera assassiné en 2001 par des tueurs professionnels (Voir p. 99).
En 1994, toujours dans la suite du combat syndical des paysans et marinspêcheurs, Crevelle, qui a élargi Francité à quelques cadres royalistes -tels Frédéric Wincler, Pierre Jeanthon, et Alexandre Boritch-, envahit Ecréhou, un petit archipel britannique situé entre la côte normande et l’île anglo-normande de Jersey, mais également revendiqué par les marins-pêcheurs français de la baie de Granville? A Barneville-careteret, notamment, les patrons pecheurs s’estiment perpétuellement floués et brimés par les autorités maritimes jerriaises qui leur rationnent leur juteuse pêche au homard.
Crevelle, avec 250 français (dont un prêtre qui dira une messe !) embarqués sur six chalutiers armés par les comités de survie de la pêche de Granville et Barneville-Carteret, envahit l’ile pendant une journée et, sous son pseudonyme de Marc Dorcet, fait la Une des médias britanniques friands d’histoires insulaires…

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A partir de l’hiver 1994, Crevelle se lance à corps perdu dans l’opération de sa vie : la tentative de sécession du Val d’Aoste. Soutenu en sous-main par l’ancien président du gouvernement autonome de la Vallée, l’avocat ultra francophile Mario Andrione, que lui aurait présenté Philippe Rossillon (l’énarque milliardaire qui avait monté l’opération «Vive le Québec Libre» de De Gaulle avant de créer France-Acadie et France Louisiane…).
Notoirement financé par Rossillon, qui dispose de la fortune de son épouse (née Seydoux-Schlumberger), Crevelle lance des incursions spectaculaires en territoire italien qui seront appelées «blitz de Francité» dans la presse italienne.
Ainsi, toujours cagoulés (sauf Crevelle, qui signe et authentifie toutes les opération du groupe avec son propre visage), les militants de Francité s’attaquent aux néo-fascistes italiens du MSI de GianFranco Fini, notamment à leur siège valdôtain pris d’assaut par Francité devant les caméras de la RAI.
Dans le milieu des années 90, Francité forme le groupe action et le service d’ordre de l’Alliance Solidariste, fédération co-présidée par Gérard Bouchet (courant solidariste de gauche) et Alexis Arette-Landresse (ex FN, courant de droite). Rodolphe Crevelle, imposé par Gérard Bouchet, est le premier secrétaire général de cette Alliance Solidariste qui tente une dernière fois d’unir les deux versants peu conciliables du solidarisme.
Crevelle est alors secondé par le lyonnais Serge Lévy, officier parachutiste de réserve qui fait office de commandant opérationnel de l’organisation. A cette époque, Francité, forte d’une cinquantaine de membres et d’une centaine d’occasionnels, recrute toujours tous azimuts jusqu’aux militants de l’ultra-gauche laïque comme Nicolas Pommies, aujourd’hui un des principaux animateurs de Riposte Laïque chargé des relations internationales du regroupement MARS-Gauche Républicaine.
Le 15 septembre 1996, alors que Serge Levy parvient de son côté à soustraire son équipe à l’arrestation, Crevelle est arrêté, avec 15 autres solidaristes (dont trois femmes), par les forces anti-terroristes italiennes, à l’aube, dans le Val grisenche, une petite vallée perdue de l’autre côté du Col du Petit Saint-Bernard où Crevelle vient de proclamer l’indépendance du Val d’Aoste, le jour même ou la Léga Norte d’Umberto Bossi a proclamé de son côté l’indépendance de la Padanie. Cette année-là, la chambre des députés et le Sénat italiens, dans un rapport parlementaire (page 59), consultable sur internet, feront figurer Crevelle au hit parade des menaces terroristes pesant sur la péninsule.
Enfermé aussitôt dans la forteresse de Brissogne, mais pris sans armes, Crevelle sera finalement relâché avant d’être condamné à six mois d’emprisonnement, une condamnation à laquelle il échappera en se réfugiant en France dès le lendemain de son placement en liberté surveillée.
Le reste du groupe, dont Marie-Amélie Caillard, blonde égérie de Francité, sera libéré de Brissogne au bout de quelques jours. Le flop de l’indépendance valdôtaine marque la fin de Francité qui s’évanouit en 1997. Gérard Bouchet condamnera durement l’échec de Crevelle qui, de son côté, se remettra difficilement d’être débarqué par son gourou. Toujours aussi cruel, Bouchet nommera à la place de Crevelle, l’éternel homme de main de celuici, le boxeur Nicolas Vue… A partir de ce moment, on ne voit plus Crevelle à Saint-Julia de Gras-Capou, le mouvement solidariste sombre dans la déprime, Philippe Rossillon meurt en septembre 1997, Gérard Bouchet ne paye plus son loyer et voit même sa fidèle Anne-Marie Denis le quitter pour devenir libraire régionaliste à Soreze.
Un complot est bien terminé. Il aura duré trente ans.
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Aussitôt, Crevelle se reconvertit avec fracas dans la presse locale «trash». En 1999, il devient reporter et responsable de l’édition de Creil de l’hebdomadaire
départemental Oise-Hebdo où l’on retrouve également Laurent Latruwe, un militant d’extrême-droite propulsé par le directeur Vincent Gérard qui obtiendra finalement le départ de Crevelle, jugé trop à gauche dans une rédaction oisienne explosive et peu commune dans le paysage de la presse locale en France. A Creil, Crevelle avait retrouvé un autre solidariste, Jean-Christophe Canter, un ancien «Teckel» qui, à cette époque, partait à la conquête de Senlis.
Condamné à de multiples reprises pour des «délits de presse», Crevelle entame alors une carrière de journaliste à scandale et à procès… On retrouve plus tard la trace de Crevelle à la direction de l’hebdomadaire Le Grand Lille Standard où la police sera par deux fois contrainte, à la requête du directeur du quotidien la Voix du Nord, à retirer l’hebdomadaire de Crevelle des rayons des marchands de journaux.
Puis, on le retrouve une nouvelle fois à Oise-Hebdo, responsable cette fois de l’édition locale de Beauvais où, renouant avec l’activisme qui le démangeait visiblement encore, il traque le sérial killer Jacky Haddouche et organise les manifestations publiques de la famille de Léo Capon, une retraitée beauvaisienne assassinée par Haddouche en juin 2002.
En 2001, Crevelle épouse Ramlia Boufelka, une sage femme algérienne directrice du planning familial de Laghouat qui a fui le FIS et s’est exilée à Paris. Replié en 2004 à Deauville avec son épouse, Crevelle y édite le Scoop de la Côte, au prix de quelques gardes à vue retentissantes. Localement.
Le couple, sans enfants, aurait divorcé en 2008. Début 2006, Crevelle publie en kiosque la revue TransEurope dont la naissance, consacrée à «l’actualité des peuples oubliés d’Europe», est annoncée par Patrick Poivre d’Arvor lors de son journal télévisé. On retrouve sa trace à la fin 2006, quand Crevelle dirige à partir de la principauté d’Andorre, l’hebdomadaire gratuit Sud Journal distribué massivement de Toulouse à Perpignan grâce à des publicités récoltées par Antonia Escoda, présidente de la gauche autonomiste francophone du Pas de la Case et proche amie de Crevelle. A Toulouse, Crevelle a retrouvé l’avocat Serge Didier, ancien député, maire adjoint de Toulouse, propriétaire d’un hebdo local, ancien chef du service d’ordre solidariste de Gérard Bouchet, et devenu en s’enbourgeoisant l’homme lige de Dominique Baudis dont Sud Journal défendra naturellement l’innocence et la réhabilitation politique. SUD Journal de Crevelle est aussi le seul journal à dresser l’oraison funèbre émue de Gérard Bouchet, mort seul et oublié de tous dans un dénuement absolument digne de la dimension dostoïeskienne de son personnage, seulement hébergé dans une sous-pente par un
commerçant charitable de Revel qui avait vaguement entendu parlé de Bouchet comme d’une figure. La pleine page de Crevelle se conclue seulement par un étrange «Gérard… Bon Dieu… Gérard…» qui en dit peu, mais beaucoup à la fois, sur ce qui avait longtemps uni les deux «psychopathes».
C’est un article paru dans les colonnes de Sud Journal et intitulé «Mon voisin est une mosquée» qui ramène cependant Crevelle à la Une. En 2009, Il sera condamné à trois mois de prison ferme pour «Mon voisin est une mosquée», un article humoristique consacré à l’impact d’une petite mosquée de quartier sur ses proches voisins de la petite ville de Muret, au sud de Toulouse.
En 2007, Crevelle dirige l’hebdomadaire rural Le petit Journal de l’Aude où il publie «Chasse au blanc à Gruissan», article pour lequel il est une nouvelle fois poursuivi par la justice qui, par ailleurs, condamne son associé Alain Paga à une amende de 90 000 euros, ceci pour punir un autre article de Crevelle assimilant la CGT et le PCF à des «saboteurs de train»…
Fin 2007, on retrouve Crevelle à la tête de l’hebdomadaire trash «La Semaine de L’Hérault» qui s’étend de Béziers à Montpellier. Après deux années, la Semaine de l’Hérault aurait cessé sa parution.48
D’une première union avec une militante anarchiste rouennaise, Rodolphe Crevelle a eu un fils, Marc-Henri Crevelle, musicien de hard-rock aperçu en 2008 dans les milieux identitaires et membre d’un groupuscule rouennais qui serait lui aussi engagé dans le solidarisme.
Désormais orphelin de son maitre à penser, Crevelle est revenu une première fois à la politique au printemps 2009, quand il a fait paraitre à grand tirage national dans tous les kiosques de France, deux numéros d’un mensuel «trash politique» Actu France dans lequel il fustigeait le mouvement royaliste assimilé par lui à un «milieu de fins de race».
Aux dernières nouvelles, toujours sur la brèche du «solidarisme de gauche» dont, depuis la mort de Bouchet, il est probablement le dernier représentant avec le réseau endormi Boinet-Lemoult-Baudois, Crevelle, toujours sur la voie de l’irrédentisme et de la «grande France», serait en train de réactiver son Groupe Francité rebaptisé Groupe de solidarité Wallonie Française…
Un nouveau clin d’oeil crevellien à son public… Mais que vaut l’incontestable souffle de Crevelle, aujourd’hui, seul, sans la dureté de Bouchet ?
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Aujourd’hui entré dans la soixantaine, Yves Bataille, l’ancien rédacteur de la «Lettre de la Francité», n’est plus un obscur libraire rive gauche, un rien négligé, aux ongles sales et aux cols de chemise jaunis : il est une légende…
Un petit Che Guevarra… en tout cas un des rares «activistes en actes» guerroyant au nom du panslavisme anti-américain.
Souvent présenté en France dans les milieux d’extrême droite comme «géopolitologue», Bataille vit depuis plus de dix ans en Serbie où il a épousé l’espionne serbe Mila Aleckovic Nikolic, qui transforma aisément Yves Bataille en agent serbe «pour la vie»… Il faut dire que l’espionne étant jeune, blonde, jolie, et Bataille étant de toute façon pro serbe et anti-américain depuis longtemps, le travail ne fut pas difficile.
Fils de magistrat et petit-fils d’officier catalan de la Coloniale, Bataille, expliquait récemment , de nouveau sur un site d’extrême-droite, son engagement par l’enfance, par l’origine et l’aïeul : «Je tiens peut-être de ce dernier l’attrait des grands espaces. Descendants d ‘artisans catalans qui sous Louis XIV construisirent les défenses de Vauban sur la frontière espagnole au temps du rattachement du Roussillon à la France, les Bataille ont aussi un lien avec les Cardi de Sansonnetti, noblesse corse ralliée à la France avant même que la Corse ne devienne française. Par la famille de mon père, magistrat en Algérie puis en « Métropole », je suis un descendant du Général Mouton Duvernay, député royaliste de la Haute Loire rallié à Napoléon pendant les «Cent Jours » et fusillé sous Louis XVIII, et du Général La Fayette qui fut à l’origine de la création des Etats-Unis. Je suis un Français qui a passé sa prime enfance en Grande Kabylie et a fréquenté un temps le Collège de Jésuites de Notre-Dame d’Afrique d’ Alger. Un Français du dehors donc ce qui explique le nationalisme – qui a toujours gardé le lien avec la Mère Patrie même lorsque celle-ci le décevait profondément.
Au commencement de sa trajectoire, Bataille était militant nationaliste révolutionnaire au sein des GNR de François Duprat. Avec d’autres militants «NR» comme Gondinet ou Vatré, Bataille, influencé par Jean Parvulesco et Jean Thiriart, voulait alors infléchir le nationalisme révolutionnaire de Duprat vers un national-communisme auquel il donna d’ailleurs son premier bulletin français intitulé : Correspondance Européenne.
Puis, comme Crevelle, Yves Bataille fut au début des années 80 un agent de Philippe Rossillon. Yves Bataille effectua ainsi quelques voyages au canada, notamment auprès des métis de la Rivière Rouge qui intéressaient Rossillon au plus haut point puisque l’initiateur du «Vive le Québec libre !» voulait donner à ces 80 000 francophones rassemblés autour de la petite ville de Saint Boniface, une nouvelle épine française dans le pied du Canada…

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Ainsi, lancé sur la piste de Louis Riel, héros des métis de la Rivière Rouge, père du premier gouvernement du Manitoba, qui périt, à la fin du 19ème siécle, pendu après avoir conduit une remarquable chouanerie contre les «tuniques rouges», Yves Bataille crut lui-aussi au potentiel révolutionnaire du canada français…
Bataille n’a jamais caché à personne son engagement dans le «réseau Rossillon», un réseau avec lequel il communiait d’ailleurs totalement puisque, comme Rossillon lorgnant sur les masses chinoises avec admiration et envie, Yves Bataille fut toujours attiré par le national-bolchévisme… qui ne fut pas inventé par des hooligans russes mais par des ouvriers allemands dès 1919, puis théorisé par un belge, le fameux Jean Thiriart, ancien rexiste. Thiriart est le véritable maître à penser de Bataille même si celui ci professe aussi son admiration pour les bouquins de De Gaulle, Vilfredo Paretto, Georges Sorel et Jacques Bainville.
Manifestement, Yves Bataille a également lu dans son enfance les bandes dessinées de Blek le Roc, ce David Crocket à la mode franco-canadienne qui faisait les cauchemars de tous les «tuniques rouges» de sa majesté… Blek le Roc, crée en Italie, puis édité en France par les éditions Lug qui publieront l’intégralité des aventures de Blek. Tout d’abord en noir et blanc dans la revue de petit format Kiwi, puis dans la revue éponyme Blek où de nouveaux épisodes furent conçus par des pointures du genre : Jean-Yves Mitton, André Amouriq ou Ciro Tota, tous classés à droite. En 1988, des dessinateurs yougoslaves reprirent eux aussi le personnage.. Mais Yves bataille n’y était à priori pour rien !
Sous les ordres de Rossillon, Yves Bataille ne s’est pas contenté d’aiguillonner les métis de la Rivière Rouge du Manitoba, il a surtout été actif en Acadie où Rossillon, au cours des années 70, mena une partie serrée. En effet, quelques années avant de créer l’associaton France-Acadie qu’il finança pendant 20 ans sur sa seule cassette personnelle, Philippe Rossillon avait pris contact avec l’entourage de l’ancien premier-ministre du Nouveau Brunswick, Louis. J. Robineau surnommé «P’Tit Louis» dans toute la province où les francophones sont le peuple premier et constituent encore 40% de la population regroupée sur la cote nord.
Rossillon active ainsi, avec la bénédition de Robineau, le Parti acadien, officiellement fondé en 1972 sur une ligne de gauche, de libération nationale.
Le Parti Acadien veut créer une province acadienne, la onzième du Canada, en unissant six comtés majoritairement acadiens faisant arc entre Moncton et le comté forestier du Madawaska. Naturellement, les nationalistes acadiens calquent leur action sur celle du Parti québécois, et Euclide Chiasson, président du Parti Acadien est un jouet de Rossillon qui cherche ici à allumer un nouveau feu francophone dans la confédération canadienne. Entre 1974 et 1986, le Parti Acadien se présente à toutes les élections du Nouveau-Brunswick, culminant en 1978 à 12% des suffrages provinciaux, soit plus de 30% chez les francophones acadiens… C’est d’ailleurs au cours de cette campagne
électorale de 1978, que les agents de Philippe Rossillon comme Yves bataille masqué lui aussi au sein de l’association France-Acadie, seront les plus actifs en arrosant les candidats acadiens d’une pluie de dollars…
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A son retour du Canada, Yves Bataille édita un temps une Lettre de la Francité, toujours financée par Rossillon… Puis Rossillon finança encore les débuts de la librairie de voyage que Bataille tint jusqu’au milieu des années 90 dans une petite rue donnant sur la place de la contrescarpe, dans le 5ème arrondissement de Paris…
Bien que la librairie de Bataille fut initialement destinée à servir de couverture aux activités francitaires du réseau Rossillon, la permanence de l’engagement de Bataille sur le front du national-bolchévisme le coupa rapidement des cercles indépendantistes québecois de Paris qui lui préférèrent d’autres cercles autrement plus présentables. Des cercles de gauche.

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Source de l’image http://tantquillefaudra.org/actu/article/au-sujet-d-un-certain-rodolphe

Capture d'écran du compte du facebook de Rodolphe Crevelle qui se présente comme journaliste.

Capture d’écran du compte facebook de Rodolphe Crevelle qui se présente comme journaliste.

Nouvelle rubrique : Histoire extrême

Une nouvelle rubrique consacrée à l’histoire des mouvements d’extrême droite.

Des textes et références d’individus d’horizons divers et seront publiés dans le but de constituer une base de données relatives à ce domaine.

Cette rubrique pourra donc contenir aussi des textes provenant d’auteurs ou de sites d’extrême droite dans le cadre de leur intéret historique éventuel.

Elle sera inaugurée par la publication d’un extrait de “Les chevau-légers de la francité” de Jacques Schepmans, homme politique de droite belge.

Il dresse le portrait de Rodolphe Crevelle dans le cadre de ce que fut le mouvement “solidariste“, ses protagonistes et son contexte, l’épopée de Francité.

Rodolphe Crevelle, coutumier de la prose ultra-radicale, s’était illustré dernièrement au travers ses publications dans le Lys Noir.

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Rodolphe Crevelle au côté de Jean-Gille Malliarakis à la “manifestation Jeanne d’Arc”, le 12 mai 1985 (Source NPA)

Bref aperçu du profil du personnage selon un portrait par J-P Gautier, Historien

Vieux routier de l’extrême droite -ex Action française dont il était en 1983 un des responsables des « Vendéens volontaires » d’Aspect de la France, il quitte l’AF pour monter un groupe légitimiste « La garde blanche » et le mensuel « Ultra » (N° 0, juillet 1983). Crevelle se définit à l’époque « ni de droite, ni de gauche mais d’extrême France. C’est le sens de notre combat, celui de Ultra et de la Garde blanche ».
Il a été un des dirigeants du Mouvement nationaliste révolutionnaire d’inspiration solidariste dirigé par Jean-Gille Malliarakis.
Dans les années 90, il dirige le groupe « Francité » qui a pour but la reconquête d’Andorre, du Val d’Aoste. Il est jugé à plusieurs reprises pour « incitation à la haine raciale » à la suite d’articles publiés dans Sud-journal dont il est le rédacteur.

Il s’affiche avec Richard Roudier et la Ligue du Midi (groupuscule identitaire) et participe à l’université de la Ligue du Midi en septembre 2013. Il est aussi proche de l’ex 3° Voie de Serge Ayoub.

En 2010, il lance un journal et un mouvement se disant « anarcho-royaliste », Le Lys noir et dirige la revue Arsenal qui évoquent un projet de putsch militaire pendant les manifestations contre le « mariage pour tous ». Il publie la revue Action française universitaire -qui n’a rien à voir avec l’Action française- appelant à « tuer tous les gauchistes » ainsi qu’une longue liste de menaces. A son tour, en septembre 2013, le Lys noir s’interroge : « Faut-il tuer tous les gauchistes ? ». A la suite de l’agression d’une militante de l’Unef, le syndicat étudiant a déposé plainte.

Aux législatives de 2012 dans l’Hérault, Crevelle a été candidat sur une liste « anti-radars ».

Après le suicide de Dominique Venner, le Lys noir a annoncé son auto dissolution et sa plongée dans « la clandestinité » sous l’étiquette du « Mouvement du 6 mai » en appelant « au coup d’État salutaire ».

 

La première publication de cette nouvelle rubrique nous apprendra entre autre l’existence du fils de Rodolphe, Marc-Henri Crevelle, qui semble entretenir l’héritage politique familiale puisqu’on le retrouve en 2012 sur une liste FN pour les municipales à Sauteville les rouen.

Rodolphe Crevelle (en chemise blanche) avec Roudier et la ligue du midi.

Rodolphe Crevelle (en chemise blanche) avec Roudier et la ligue du midi.

Le SIEL, ce micro-parti bien à droite

Illustration parfaite de la nouvelle orientation du SIEL décrite dans cet article du monde, un fait est passé relativement inaperçu.

L’annonce de la création d’une section du SIEL en Savoie par le dauphiné, initiée par Quentin Collier, confirme l’orientation de Paul-Marie Coûteaux de draguer au delà des souverainistes mais l’information n’est pas là où on nous la présente.

http://renouveau-aixois.fr/wp-content/uploads/2014/11/Invitation1.pdf

Béatrice Bourges, Olivier Perceval, Alain de Benoist, Marine Le Pen sont évoqués dans l’article du monde. Il ne manquait plus qu’un GRECiste ou un truc dans le genre, Paul Marie l’a fait en intégrant Quentin Collier à son équipe.
Aucun doute sur le fait que le journaliste qui a écrit l’article pour le Dauphiné l’ignorait complètement :
Quentin Collier n’est autre que le fils de Michel Collier, plus connu sous le nom de Michel Colls responsable de la bannière Terre et Peuple Ile de france. L’influence des eurasistes semblait bien pourtant se heurter à la fameuse dédiabolisation…
collier
Quentin, “étudiant en Master réseau télécom à l’université de Technolac”.
Un petit stage à St Diego en 2011. http://www.bienvenueaboston.org/thread.php?id=4382
Il était chargé de la sécurité pour la manif pour tous Savoie (quentin_colls68@hotmail.com)
mptsavoie
 Le père utilise Collier Michel colls62@hotmail.com
 Il est le “prévôt de la bannière Terre et peuple Ile de France”.
Ancien militaire, il a fait aux législatives de 2007 4,08 % pour le FN 7e circonscription Montreuil.
Michel Collier sur copains d'avant.

Michel Collier sur copains d’avant.

Michel collier terre et peuple

Michel collier terre et peuple

 Si vous ignorez ce qu’est Terre et peuple ou si vous souhaitez approfondir le sujet :
La thèse de Stéphane François, particulièrement pertinente https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00442649/document

Fabrice Lengelé, ex chef de la BAC d’Amiens “Je préfère briser ma carrière plutôt que de laisser mon pays colonisé par les bougnoules et les négros. Il faut les tuer, les tuer…”

L’affaire est relaté par les médias locaux. Histoire de chef de la BAC faf et bourré…

 

Fabrice Lengelé, ancien chef de la brigade anticriminalité jour d’Amiens, a été condamné à 6 mois de prison avec sursis par la Cour d’appel, vendredi 12 décembre, dans le cadre de l’affaire My Goodness. En première instance, il n’avait été condamné qu’à un mois de prison et 1.000 euros d’amende.

Lors d’une beuverie dans le bar amiénois le 1er janvier 2008, des mots qualifiés de “provocation à la haine raciale” auraient été prononcés : “Heil Hitler” – en faisant le salut nazi -, “mort aux juifs”, “il faut rouvrir les fours crématoires”. Le chef de l’anticriminalité aurait lancé, selon un témoin : “Je préfère briser ma carrière plutôt que de laisser mon pays colonisé par les bougnoules et les négros. Il faut les tuer, les tuer…”

Lire l’article complet et voir le reportage sur http://france3-regions.francetvinfo.fr/picardie/2014/12/12/antisemitisme-et-racisme-amiens-3-6-mois-de-prison-avec-sursis-pour-les-policiers-du-my-goodness-611720.html

lengelé

La ville de Nanterre indignée

La communication pitoyable de la ville de Nanterre, suite au congrès qui s’y était tenu rassemblant :

à l’appel du GUD Paris :

  • Aube dorée, troisième formation politique du pays lors des dernières élections européennes, étaient de passage en France ;
  •  CasaPound, groupe néofasciste revendiquant 5 000 adhérents ;
  •  MSR et de la Liga Joven qui, bien que d’une envergure moindre, commencent à trouver de plus en plus d’écho de l’autre côté des Pyrénées ;
  • Nation ;
  • Elam ;
  • Mouvement d’action sociale et Synthèse nationale.

Source http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/13/jour-extreme-droite-neonazis-europeens-sont-reunis-a-nanterre-256548

« La ville de Nanterre a appris avec indignation par voie de presse qu’une réunion de groupes néonazis de plusieurs pays d’Europe s’était tenue le 22 novembre dernier, au studio Jenny à Nanterre.

La ville de Nanterre tient à préciser que le studio Jenny est une salle privée et qu’en aucun cas elle n’a été informée de l’existence de cette réunion. Si tel avait été le cas, le maire de Nanterre aurait demandé au préfet du département d’interdire ce rassemblement.

La ville de Nanterre a également pris connaissances des explications de la direction du studio Jenny, qui déclare avoir été abusée par un individu ayant loué la salle en son nom personnel sans en préciser le motif, et indique avoir déposé une main courante au commissariat de police.

La ville de Nanterre demande au procureur de la République d’examiner toutes les possibilités d’engager une action juridique à l’encontre des responsables de ce rassemblement d’organisations condamnées à plusieurs reprises pour apologie des crimes nazis, négationnisme et racisme. »

Source http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/16/mairie-nanterre-decouvre-tenue-dun-sommet-dextreme-droite-lisant-rue89-256592

 

Gud Casa pound Aube dorée Nanterre

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[Vidéo] J’ai infiltré les survivalistes d’Alain Soral

Reportage de 6 minutes  l’émission L’Autre JT diffusé sur france4.


Comment survivre en milieu naturel quand le système s’effondre et que les banques ferment ? Il y a un mouvement qui s’y prépare : Le survivalisme. Il existe même des stages de survie en milieu hostile. Notre journaliste Allan a infiltré les survivalistes d’Alain Soral, l’essayiste d’extrême droite qui se prépare à la fin de notre civilisation.

Le site antifasciste fafwatch avait également publié des articles sur le sujet. http://fafwatchra.noblogs.org/post/category/dossier-terre-celtique-piero-san-giorgio/